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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403408

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403408

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403408
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU REFERE ETRANGERS 15 JOURS
Avocat requérantBUVAT NELLY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une ordonnance n° 2402833 du 25 septembre 2024, le magistrat désigné du tribunal administratif de Nancy a transmis en application de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requête présentée par M. B.

Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024 au greffe du tribunal administratif de Nancy et un mémoire, enregistré au greffe du tribunal administratif de Dijon le 3 octobre 2024 sous le n° 2403311, M. C B, représenté par Me Buvat, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet de l'Yonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros HT à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- l'arrêté attaqué a été notifié dans une langue qu'il ne comprend pas ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision de refus de délai de départ volontaire est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision d'interdiction de circulation sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2024, le préfet de l'Yonne, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

II. Par une ordonnance n° 2407303 du 2 octobre 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Strasbourg a transmis en application de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requête présentée par M. B.

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024 au greffe du tribunal administratif de Strasbourg et un mémoire, enregistré au greffe du tribunal administratif de Dijon le 4 octobre 2024 sous le n° 2403408, M. C B, représenté par Me Buvat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2024 par lequel le préfet de l'Yonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros HT à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que l'arrêté du 23 septembre 2024 est illégal par voie de conséquence de l'illégalité entachant l'arrêté du 18 septembre 2024.

La requête a été communiquée au préfet de l'Yonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bois pour statuer sur les requêtes relevant des procédures régies par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921 1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bois, magistrate désignée ;

- et les observations de Me Buvat, pour M. B, assisté de Mme F, interprète en langue bulgare, qui s'en rapporte à ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

M. B a produit des pièces postérieurement à la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant bulgare né en 1996 est entré en France, selon ses déclarations, en 2019. Par des arrêtés du 18 septembre et du 23 septembre 2024, le préfet de l'Yonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence dans le département de l'Yonne pour une durée de quarante-cinq jours. Par les requêtes nos 2403311 et 2403408 qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. B demande l'annulation de ces arrêtés du 18 septembre et du 23 septembre 2024.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur ses requêtes, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions de l'arrêté du 18 septembre 2024 :

3. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de l'Yonne a donné délégation à Mme D E, sous-préfète, secrétaire générale de la préfecture de l'Yonne à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions attaquées. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué doit dès lors être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit dès lors être écarté.

5. En dernier lieu, les conditions de notification de la décision attaquée étant sans incidence sur sa légalité, le requérant ne peut pas utilement se prévaloir de l'absence de traduction de l'arrêté attaqué lors de sa notification.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes () / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ()".

7. Pour considérer que le comportement de M. B constitue du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société au sens du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de l'Yonne s'est fondé sur l'interpellation de M. B pour des faits de " vol aggravé " et le " port d'arme de catégorie D " le 17 septembre 2024.

8. Il ressort des pièces du dossier que le 17 septembre 2024, le requérant a reconnu durant sa garde à vue avoir commis un vol d'enceinte dans un magasin et détenir sur lui sans autorisation une arme de catégorie D et a émis des regrets. L'intéressé a été convoqué à une audience d'homologation du tribunal correctionnel d'Auxerre le 9 décembre 2024 dans le cadre d'une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Bien qu'elles soient constitutives de délits, ces infractions, concomitantes et isolées dans le parcours de M. B sur le territoire français n'ayant fait l'objet au jour du présent jugement d'aucune condamnation particulière ne peuvent être regardées comme étant constitutives à elles seules d'une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que le préfet de l'Yonne a entaché son arrêté du 18 septembre 2024 d'une erreur d'appréciation en se fondant sur le 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : () 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie () ". Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes () 3° Leur séjour est constitutif d'un abus de droit. / Constitue un abus de droit le fait de renouveler des séjours de moins de trois mois dans le but de se maintenir sur le territoire alors que les conditions requises pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois ne sont pas remplies, ainsi que le séjour en France dans le but essentiel de bénéficier du système d'assistance sociale. / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ".

10. Outre le motif indiqué au point 7, le préfet de l'Yonne a fondé sa décision portant obligation de quitter le territoire français sur les dispositions du 3° de l'article L. 251-1 et du 2° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que M. B n'avait pas justifié détenir une assurance maladie et des ressources suffisantes à la suite de son interpellation le 20 mars 2021.

11. D'une part, à la date de la décision attaquée, M. B n'établit pas l'exercice d'une activité professionnelle régulière de long terme et continue, l'intéressé ne démontrant avoir effectué une activité de ripeur qu'entre le 17 juin et le 22 juin 2024 en qualité d'intérimaire et ayant assuré des missions intérimaires très discontinues entre 2021 et 2023. D'autre part, M. B n'établit pas être pourvu d'une assurance maladie particulière à la date de la décision attaquée et n'apporte aucun élément permettant d'assurer qu'il ne bénéficie pas du système d'assistance social alors qu'il ne justifie que d'un très faible quotient familial. Dans ces conditions, en estimant que la présence en France de M. B constitue un abus de droit au sens du 3° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de l'Yonne n'a pas entaché sa décision d'une erreur appréciation.

12. Il résulte de l'instruction que le préfet de l'Yonne aurait pris la même décision s'il s'était seulement fondé sur le motif mentionné au point 10 et non sur le motif analysé aux points 7 et 8.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. Le requérant fait valoir qu'il réside sur le territoire français depuis 2019 avec sa concubine et leur enfant, la jeune A. Toutefois, tout d'abord, il n'est pas établi ni même allégué que M. B est dépourvu de tout lien avec son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. Ensuite, d'une part, la concubine de l'intéressé étant une ressortissante bulgare, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale reste unie et rejoigne son pays d'origine. D'autre part, l'intéressé n'établit pas avoir des liens significatifs de nature personnelle sur le territoire français. Enfin, comme il a été dit au point 11, M. B ne justifie pas exercer une activité professionnelle régulière et continue significative depuis son arrivée sur le territoire français. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.

15. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 14, le préfet de l'Yonne n'a pas entaché sa décision portant obligation de quitter le territoire français d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

16. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".

17. Compte tenu de ce qui a été dit au point 8, le préfet de l'Yonne ne justifie pas d'une situation d'urgence particulière. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que le préfet de l'Yonne a entaché sa décision de refus de délai de départ volontaire d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

18. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

19. En second lieu, M. B ne se prévalant d'aucun risque particulier en cas de retour dans son pays d'origine, pays membre de l'Union européenne, il n'est pas fondé à invoquer la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :

20. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision d'interdiction de circulation sur le territoire, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

21. En second lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".

22. Compte tenu du comportement d'ensemble du requérant, et en particulier de ce qui a été dit aux points 8, 11 et 14, le préfet de l'Yonne, en décidant de prononcer à l'encontre de M. B une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de deux ans, n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

En ce qui concerne l'arrêté du 23 septembre 2024 portant assignation à résidence :

23. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de l'arrêté du 23 septembre 2024 portant assignation à résidence, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

24. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de décision de refus de délai de départ volontaire. Ses conclusions tendant à l'annulation de la décision d'obligation de quitter le territoire, de la décision fixant le pays de renvoi, de la décision portant sur l'interdiction de circulation sur le territoire français et de l'arrêté du 23 septembre 2024 d'assignation à résidence doivent être rejetées.

Sur l'injonction d'office :

25. D'une part, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".

26. D'autre part, aux termes de l'article L. 251-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision relative au délai de départ volontaire est annulée, une nouvelle décision est prise en application de l'article L. 251-3 ".

27. Sous réserve de toute modification de droit ou de fait pouvant affecter la situation du requérant, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet de l'Yonne accorde à M. B un délai de départ volontaire de trente jours dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

28. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante à titre principal, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision portant refus de délai de départ volontaire intégrée dans l'arrêté du 18 septembre 2024 du préfet de l'Yonne est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Yonne, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait ou de droit pouvant affecter sa situation, d'accorder à M. B un délai de départ volontaire de trente jours dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de l'Yonne et à Me Buvat.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

La magistrate désignée,

C. BoisLa greffière,

S. Kieffer

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

Nos 2403311, 2403408

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