jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2101508 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | WOLDANSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 août 2021 et le 8 juillet 2022, M. A D, représenté par Me Woldanski, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 juillet 2021 par laquelle la préfète de la Haute-Saône a refusé de lui accorder le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône de lui accorder le bénéfice du regroupement familial sollicité dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- en se fondant sur l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lui refuser le bénéfice du regroupement familial sollicité, et non sur l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, la préfète de la Haute-Saône a commis une erreur de droit ;
- l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne concerne plus le regroupement familial depuis le 1er mai 2021 ;
- la décision méconnaît l'autorité du jugement du 4 janvier 2021 qui avait déjà annulé la première décision dont il avait fait l'objet pour erreur de droit ;
- il remplit les conditions prévues par l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et n'a pas méconnu les principes qui régissent la vie familiale en France ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que :
- les moyens invoqués par M. D ne sont pas fondés ;
- à titre principal, il est demandé de procéder à une substitution de motifs sur le fondement de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision a été prise par prévention pour protéger son épouse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les observations de Me Woldansky, pour M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 mai 2019, M. D, ressortissant algérien, a déposé une demande de regroupement familial au profit de Mme C nationalité marocaine, avec laquelle il s'est marié le 18 décembre 2018. Par une décision du 16 décembre 2019, la préfète de la Haute-Saône a refusé de lui accorder le bénéfice de ce regroupement familial. Le recours gracieux exercé par l'intéressé le 18 décembre 2019 a été rejeté par une décision du 3 février 2020. Par un jugement n° 200314 du 4 janvier 2021, devenu définitif, le tribunal administratif de Besançon a annulé ces décisions des 16 décembre 2019 et 3 février 2020 et enjoint à la préfète de la Haute-Saône de procéder au réexamen de la situation de M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de la décision du 20 juillet 2021 par laquelle la préfète de la Haute-Saône a de nouveau rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, par le jugement du 4 janvier 2021, le tribunal a annulé la décision du 16 décembre 2019 au motif de l'erreur de droit qu'avait commise la préfète dans l'application de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 en fondant son refus sur le motif que la présence du requérant en France aurait représenté une menace pour l'ordre public. Le jugement du 4 janvier 2021, contre lequel le préfet n'a pas exercé de recours en appel, est devenu définitif et est revêtu de l'autorité absolue de la chose jugée, qui s'attache tant à son dispositif qu'à ses motifs. Dès lors que pour rejeter à nouveau, par la décision attaquée, la demande de regroupement familial présentée par M. D, la préfète s'est fondée exclusivement sur le même motif, elle a méconnu l'autorité absolue de la chose jugée qui s'attache à ce jugement.
3. D'autre part, il n'appartient pas à l'administration d'écarter d'office l'application d'une convention internationale qui régit de manière complète une situation juridique particulière. Dès lors, la préfète de la Haute-Saône n'est pas fondée à demander une substitution de motifs sur le fondement du principe de non-discrimination posé par l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui ne régit pas les conditions de regroupement familial des ressortissants algériens, ni même à soutenir qu'elle peut opposer à bon droit au demandeur algérien le principe d'égalité et de non-discrimination protégé par l'article 1er de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le préambule de la Constitution de 1958 et par la loi constitutionnelle n° 99-569 du 8 juillet 1999.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. D est fondé à demander l'annulation de la décision du 20 juillet 2021 de la préfète de la Haute-Saône.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, dans les circonstances rappelées au point 2 et dès lors qu'il ne conteste pas que le requérant remplit les conditions de ressources et de logement, que le préfet autorise le regroupement familial sollicité par M. D au bénéfice de son épouse. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 20 juillet 2021 de la préfète de la Haute-Saône est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Saône d'autoriser le regroupement familial sollicité par M. D au bénéfice de son épouse dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. D une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Haute-Saône.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Grossrieder, présidente,
Mme Besson, conseillère,
M. Seytel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La présidente- rapporteure,
S. E
L'assesseure la plus ancienne
M. B La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026