mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301264 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERTIN BRIGITTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2023, Mme A C B représentée par Me Bertin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel le préfet de la Haute-Saône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire national français d'une durée d'un an et a désigné le pays à destination duquel elle pourrait être éloigné d'office à l'expiration de ce délai de départ volontaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'ensemble des décisions est entaché d'une erreur de fait sur un élément essentiel, le caractère régulier de son entrée sur le territoire français ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête et à titre subsidiaire, si le réexamen de sa situation devait être ordonné, à ce que les frais irrépétibles soient limités à 300 euros.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Diebold, première conseillère, a donné lecture de son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante du Pérou née le 19 août 1987, est entrée le 16 avril 2022 sur le territoire espagnol, puis à la même période sur le territoire français selon ses déclarations. Elle a présenté le 23 septembre 2022 une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 31 mars 2023, dont Mme B demande l'annulation, le préfet de la Haute-Saône lui a fait obligation de quitter le territoire français, a désigné le pays de renvoi et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour pendant un an.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :
2. Aux termes de l'article R. 621-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " N'est pas astreint à la déclaration d'entrée sur le territoire français l'étranger qui se trouve dans l'une des situations suivantes : / 1° N'est pas soumis à l'obligation du visa pour entrer en France en vue d'un séjour d'une durée inférieure ou égale à trois mois ; / 2° Est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, d'une durée supérieure ou égale à un an, délivré par un Etat partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 ; toutefois un arrêté du ministre chargé de l'immigration peut désigner les étrangers titulaires d'un tel titre qui demeurent astreints à la déclaration d'entrée ".
3. En l'espèce, il n'est pas contesté que Mme B, ressortissante péruvienne, était dispensée de visa pour les séjours dans les pays de l'espace Schengen n'excédant pas 90 jours, ni que le préfet de la Haute-Saône a mentionné de manière erronée dans la décision en litige qu'elle était entrée de manière irrégulière sur le territoire français. Pour autant, le préfet de la Haute-Saône a avant tout fondé sa décision sur les éléments avancés par la requérante lors de sa demande d'admission exceptionnelle, et notamment son hébergement en France par sa tante et son époux qui attestent de sa résidence à leur domicile sans que cela ne permette de caractériser l'intégration de la requérante sur le territoire français, ainsi que la volonté de Mme B de trouver un emploi en France au bénéfice de ses diplômes et de son expérience dont elle n'a nullement justifié, et enfin le fait que cette dernière n'a pas davantage justifié d'attaches familiales, stables et anciennes en France. Le préfet a conclu à l'absence de motifs exceptionnels pouvant justifiant l'attribution du titre de séjour en mentionnant certes son maintien irrégulier sur le territoire français, qui l'est de fait devenu à l'issue du délai de trois mois prévu par les dispositions visées au point 2, et en visant l'absence de preuve d'intégration produite par la requérante ou encore d'une recherche active d'un emploi. Il a conclu au rejet de la demande d'admission exceptionnelle au motif que les conditions d'obtention prévues par l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étaient pas remplies. Dès lors, le préfet de la Haute-Saône aurait pris la même décision que la requérante soit entrée ou non de manière régulière sur le territoire français et le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
5. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a pris une décision portant interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de la requérante en relevant notamment que cette dernière n'établissait pas l'existence de liens forts avec la France alors qu'elle était présente depuis onze mois sur le territoire français, qu'elle n'apportait aucun élément relatif à son intégration professionnelle ou encore extra-professionnelle. Ce motif qui est au nombre des critères susceptibles de fonder une telle décision, a pu légalement être retenu par le préfet, de sorte que le moyen tiré de l'erreur de droit doit ainsi être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans dans son pays d'origine où elle a nécessairement conservé des attaches personnelles. Arrivée en France en avril 2022, hormis la présence d'une tante et de son époux, elle n'a pas fait état d'une insertion sociale et familiale particulière en France, ni justifié d'un projet professionnel de manière concrète. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision attaquée a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Compte-tenu de ce qui a été dit aux points 6 et 7, le préfet de la Haute-Saône n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, l'intensité des liens avec les membres de sa famille domiciliés en France n'étant pas établie par la requérante, qui ne sera par ailleurs pas empêchée du fait de cette interdiction, de se rendre dans d'autres pays européens.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige. Ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais non compris dans les dépens doivent être rejetées par voie de conséquence.
DECIDE :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C B, au préfet de la Haute-Saône et à Me Bertin.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Schmerber, présidente,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Goyer-Tholon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
La rapporteure,
N. DieboldLa présidente,
C. Schmerber
La greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026