LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2102359

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2102359

vendredi 21 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2102359
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantGALINON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 juillet 2021 et le 7 décembre 2022, l'association France Nature Environnement Languedoc-Roussillon, représentée par Me Galinon, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 6 000 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 9 avril 2021, en réparation de son préjudice moral ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- au regard de sa mission statutaire, elle a intérêt à agir conformément à l'article 142-1 du code de l'environnement ;

- sa requête, formée après l'intervention d'une décision implicite rejetant sa réclamation préalable, est recevable ;

- l'Etat engage sa responsabilité du fait de l'illégalité fautive de l'arrêté préfectoral du 9 octobre 2017 définissant les points d'eau à prendre en compte pour l'application de l'arrêté du 4 mai 2017 relatif à la mise sur le marché et à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants visés à l'article L. 253-1 du code rural et de pêche maritime ; cet arrêté illégal a été annulé par jugement du tribunal administratif de Nîmes du 9 juin 2020 ;

- l'Etat engage également sa responsabilité pour faute du fait de sa carence à appliquer ledit jugement du 9 juin 2020, en ayant maintenu dans l'ordonnancement juridique cet arrêté illégal plus de 3 mois après l'expiration du délai d'injonction prononcé par le tribunal ;

- les fautes commises par l'Etat lui ont causé un préjudice moral personnel, direct et certain résultant de l'atteinte portée aux intérêts collectifs qu'elle défend, en portant atteinte à leur crédibilité et en faisant obstacle à l'accomplissement de ses missions ; l'atteinte au milieu naturel, qui est caractérisée, renforce son préjudice moral ;

- son préjudice moral s'élève à 6 000 euros, soit 2 000 euros par année de comportement fautif de l'administration.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 mars 2022 et le 27 décembre 2022, la préfète du Gard conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le montant de la réparation sollicitée soit abaissé à de plus justes proportions.

Elle fait valoir que :

- les moyens de la requérante ne sont pas fondés, tant s'agissant de l'illégalité fautive invoqué que de l'exécution différée du jugement du tribunal de céans ;

- à titre subsidiaire, si sa responsabilité venait à être retenue, l'indemnisation ne saurait excéder 2 000 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive communautaire 2009/128/CE ;

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- l'arrêté interministériel du 4 mai 2017 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A ;

- les conclusions de Mme Achour, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par jugement n° 1801673 du 9 juin 2020, le tribunal administratif de Nîmes, d'une part, a annulé le refus du préfet du Gard opposé à l'association France Nature Environnement Languedoc-Roussillon d'abroger l'arrêté préfectoral du 9 octobre 2017 définissant les points d'eau à prendre en compte pour l'application de l'arrêté interministériel du 4 mai 2017 relatif à la mise sur le marché et à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants visés à l'article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime, d'autre part, a enjoint à cette autorité, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, de compléter cet arrêté du 9 octobre 2017 en vue d'inclure, dans la définition des points d'eau, tous les cours d'eau identifiés en application de l'article L. 215-7-1 du code de l'environnement ainsi que les éléments manquants du réseau hydrographique figurant sur les cartes 1/25 000 de l'Institut géographique national, conformément aux dispositions de l'arrêté interministériel du 4 mai 2017.

2. L'association requérante France Nature Environnement Languedoc-Roussillon demande réparation de son préjudice moral en recherchant la responsabilité de l'Etat pour avoir édicté le 9 octobre 2017 un arrêté préfectoral illégal et pour avoir tardé à exécuter tardivement le jugement n° 1801673 du 9 juin 2020.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le principe de la responsabilité :

Quant à l'illégalité de l'arrêté préfectoral du 9 octobre 2017 :

3. Toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain.

4. Il résulte de l'instruction que la préfecture du Gard a commis une erreur d'appréciation en adoptant, par l'arrêté en litige du 9 octobre 2017, une conception restrictive non conforme à l'arrêté interministériel du 4 mai 2017 lui-même pris en application de la directive communautaire 2009/128/CE et fixant diverses prescriptions à respecter dans l'utilisation des pesticides, des points d'eau devant faire l'objet d'une mesure de protection, ce qu'a constaté le tribunal de céans qui, par jugement n° 1801673 du 9 juin 2020, a annulé le refus de la préfecture du Gard d'abroger cet arrêté.

5. Il résulte de ce qui précède que l'association requérante est fondée à soutenir que l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité compte tenu de l'illégalité interne susmentionnée.

Quant au retard dans l'exécution du jugement n° 1801673 du 9 juin 2020 :

6. Un délai excessif dans l'exécution d'une décision juridictionnelle engage, en principe, la responsabilité de la personne à qui incombait cette exécution.

7. L'arrêté du 9 octobre 2017 n'ayant pas été modifié dans le délai de trois mois fixé par le tribunal de céans par jugement n° 1801673 du 9 juin 2020, l'association France Nature Environnement Languedoc-Roussillon a engagé une procédure d'exécution à l'issue de ce délai.

8. Il résulte de l'instruction que la préfecture a exposé, par courrier du 26 octobre 2020, les difficultés qu'elle rencontrait dans l'exécution du jugement, dès lors qu'elle a dû procéder à diverses démarches préalables telles qu'une étude en août 2020 d'impact sur l'agriculture gardoise, une rencontre avec la chambre d'agriculture en septembre 2020, une réunion de présentation en octobre 2020 et une mise à la consultation publique en novembre 2020, et aux fins de ne pas cristalliser les oppositions des professions agricoles. L'arrêté visant à compléter celui du 9 octobre 2017 a finalement été adopté le 17 décembre 2020, le président du tribunal administratif ayant ensuite classé la procédure administrative d'exécution.

9. Dans ces conditions, l'administration préfectorale doit être regardée comme ayant fait preuve, au regard des difficultés rencontrées, de diligences suffisantes dans l'exécution du jugement n° 1801673 du 9 juin 2020. Par suite, aucune inertie fautive de l'administration ne peut être retenue. Il en résulte que l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que l'Etat a commis à ce titre une faute de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne la réparation du préjudice moral :

10. S'agissant du préjudice moral susceptible d'être invoqué par les associations pour la protection de l'environnement, les dispositions de l'article L. 142-1 du code de l'environnement, relatives à l'intérêt pour agir des associations de protection de l'environnement, ne dispensent pas l'association qui sollicite la réparation d'un préjudice notamment moral causé par les conséquences dommageables d'une illégalité fautive, de démontrer l'existence d'un préjudice direct et certain résultant, pour elle, de la faute commise par l'Etat. Il appartient dans ce cadre à l'association qui s'en prévaut d'établir l'existence d'un préjudice moral résultant de l'atteinte portée aux intérêts qu'elle s'est donnée pour mission de défendre et d'en démontrer le caractère personnel.

11. L'association France Nature Environnement Languedoc-Roussillon, régulièrement agréée, a pour objet de conserver et de restaurer les espaces, ressources, milieux et habitats naturels, terrestres et marins, les glaciers et névés, les espèces animales et végétales, la biodiversité et les équilibres fondamentaux de la biosphère, l'eau, l'air, le sol, le sous-sol (), de participer à la sauvegarde du domaine public naturel, fluvial et maritime (), de lutter contre les pollutions, nuisances et déchets, la dissémination de substances et produits dangereux et toxiques pour la santé humaine et la biodiversité (), principalement sur l'ensemble du territoire de l'ex-région Languedoc-Roussillon.

12. Il résulte de l'instruction que, pour concrétiser ces objectifs, la requérante met en œuvre différentes actions, qui revêtent la forme de sensibilisation du public sur les alternatives aux pesticides, de manifestations, d'expositions, de formations à l'attention des bénévoles, d'édition d'ouvrages sur le sujet. Plus particulièrement, elle a été conviée à participer aux travaux de la commission du Gard spécialement constituée en vue de l'établissement de l'inventaire des cours d'eau.

13. Dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de la nature de l'illégalité interne fautive relevée au point 4, qui concerne l'inventaire des cours d'eau du département du Gard, et dès lors qu'elle a participé aux travaux d'élaboration de cet inventaire, la requérante justifie que l'illégalité fautive en cause est de nature à porter atteinte à sa crédibilité, aux intérêts collectifs qu'elle défend, et lui a causé un préjudice moral suffisamment certain, direct et personnel dont la réparation sera appréciée à une juste mesure à hauteur de 1 500 euros, tous intérêts compris au jour du présent jugement.

14. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est fondée à demander au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 1 500 euros, tous intérêts compris au jour du présent jugement.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens exposés par l'association France Nature Environnement Languedoc-Roussillon.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat (ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires) est condamné à verser à l'association France Nature Environnement Languedoc-Roussillon une indemnité de 1 500 euros, tous intérêts compris au jour du présent jugement.

Article 2 : L'Etat versera à l'association France Nature Environnement Languedoc-Roussillon une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association France Nature Environnement Languedoc-Roussillon et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée à la préfète du Gard.

Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Bala, premier conseiller,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.

Le président-rapporteur,

J. B. A

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

K. BALA

Le greffier,

E. NIVARD

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions