jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301734 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BLANCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2023 sous le n° 2301734, et un mémoire enregistré le 29 mai 2023, la SARL Viltifruits, représentée par Me Rochelemagne, avocat, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 2 mars 2023 du président du conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur portant déchéance totale des droits dans le cadre du dispositif " investissements dans les industries agroalimentaires ", type d'opération 4.2, du programme de développement rural régional 2014-2020, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SARL Viltifruits soutient que :
*l'urgence est caractérisée compte tenu de sa situation financière, dès lors que la somme de 400000 euros à restituer correspond au solde de sa trésorerie qui est de 405858 euros, de sorte que cette trésorerie devenue nulle ne lui permettra pas de se développer, alors qu'elle se développe depuis 2015 et qu'elle emploie 72 personnes ; sa situation économique est ainsi mise en péril ;
*des doutes sérieux quant la légalité de la décision attaquée sont à relever, dès lors que la décision attaquée concerne une dette prescrite, qu'elle est entachée d'une incompétence ratione personae, qu'elle est insuffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et qu'elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de la matérialité des faits et de la qualification juridique des faits.
Par des mémoires enregistrés les 26 et 29 mai 2023, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, représentée par Me Blanchard, avocat, conclut au rejet de la requête et réclame la somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en soutenant que :
*l'urgence n'est pas caractérisée, dès lors, d'une part, que la requérante ne justifie pas une atteinte grave à sa situation économique, le résultat de son dernier exercice étant bénéficiaire à hauteur de 1.269.447 euros, d'autre part, qu'elle ne justifie pas une atteinte immédiate à sa situation économique, le titre de perception relatif à la dette en litige n'ayant pas encore été émis par l'Agence de services et de paiement (ASP) ;
*aucun moyen soulevé par la SARL Viltifruits n'est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Brossier, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience publique du 30 mai 2023.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
*le rapport de M. Brossier, juge des référés, qui a indiqué que dans le dossier lié au fond, enregistré au greffe sous le n° 2301703, une demande de médiation a été déposée par la SARL Viltifruits ;
*les observations de Me Bioules, représentant la SARL Viltifruits, qui a développé oralement son argumentation écrite, en maintenant l'ensemble de ses conclusions et moyens ;
*les observations de Me Blanchard, représentant la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui a développé oralement son argumentation écrite, en maintenant l'ensemble de ses conclusions et moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte-tenu des circonstances de l'espèce.
3. Le montant de la dette réclamée par la décision attaquée s'élève à 400000 euros. Il résulte de l'instruction que le bilan de la requérante au 31 mars 2022 fait état d'un résultat bénéficiaire de 1.269.447 euros avec un actif immédiatement disponible de 405858 euros. En outre, l'agent comptable de l'Agence de services et de paiement (ASP) est chargé du recouvrement de cette dette par l'émission d'un titre de perception qui n'a pas encore été émis et qui pourra être contesté à son émission par un recours au caractère suspensif en application des dispositions combinées de L. 252 A du livre des procédures fiscales et de l'article 117 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012.
4. Dans ces conditions et dans les circonstances de l'espèce, l'exécution de la décision contestée ne porte pas à la situation de la SARL Viltifruits une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation économique pour caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.
Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la SARL Viltifruits. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL Viltifruits une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n° 2301734 de la SARL Viltifruits est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Viltifruits et à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Fait à Nîmes le 1er juin 2023.
Le juge des référés,
J.B. BROSSIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026