mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2403738 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL LATOURNERIE WOLFROM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2024, la société Orange, représentée par le cabinet d'avocats Joffe et Associés, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 1er août 2024 par laquelle le président de la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence (CCBTA) lui a refusé l'accès aux infrastructures de communications électroniques situées au sein des ZAC Domitia, Milliaire, Broue, Ledignan et Salicorne ;
2°) d'enjoindre à la CCBTA de déposer les plaques sécurisées apposées sur les huit chambres de tirage situées au sein de ces ZAC ;
3°) de mettre à la charge de la CCBTA une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la décision de remplacement des plaques des chambres de tirage ne lui permet plus d'accéder à ses réseaux et l'empêche, par suite, de satisfaire les demandes de raccordement de nouveaux clients et de respecter ses obligations règlementaires consistant en des opérations de surveillance, de maintenance, d'entretien ou de réparations ;
- la décision contestée, qui l'empêche d'assurer la continuité de son service, est ainsi de nature à entrainer un impact sur la sécurité des biens et des personnes, notamment en cas d'appel d'urgence qui ne pourrait aboutir dès lors qu'elle ne peut plus accéder, ni à titre préventif ni à titre curatif, aux chambres de tirage ;
- elle est pourtant dans l'obligation, ainsi que cela a été rappelé par l'ARCEP dans son rapport d'activité de 2022, d'accès à ses propres infrastructures ;
- la décision contestée est ainsi de nature à porter une atteinte grave et manifestement immédiate à un intérêt public.
Sur l'existence d'un doute sérieux :
- elle dispose d'un droit de propriété sur les infrastructures de génie civil antérieures au 1er juillet 1996, conformément aux lois du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et des télécommunications et du 26 juillet 1996 relative à l'entreprise nationale de France Télécom, et apporte la preuve de l'antériorité du génie civil ;
- la CCBTA a ainsi commis une erreur de droit en remplaçant les plaques des chambres de tirage litigieuses pour y substituer les siennes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence, représentée par Me Cabot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 5 000 euros au titre des frais de justice.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors, notamment, que la décision contestée ne concerne pas la couverture en téléphonie mobile mais le déploiement de fibres optiques, et que la société requérante a été invitée, par courrier du 26 juillet 2023, à signer une convention de mise à disposition d'infrastructures de génie civil qui lui aurait permis d'obtenir la clé pour l'ouverture des tampons sécurisés ; en outre, elle n'a jamais été sollicitée par la société Orange ;
- contrairement à ce que soutient la société requérante, la seule existence de l'ancien monopole légal et l'incompétence des collectivités territoriales pour la construction d'infrastructures de télécommunications ne sauraient emporter l'appropriation de ces ouvrages, dès lors que c'est effectivement la collectivité qui en a assuré la maitrise d'ouvrage et qu'il n'est pas démontré qu'elles ont été ensuite rétrocédées au profit de l'opérateur historique ;
- or en l'espèce, elle démontre que les infrastructures de communications électroniques en cause ont été réalisées sous sa maitrise d'ouvrage.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 25 septembre 2024 sous le numéro 2403802 par laquelle la société Orange demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des postes et des communications électroniques ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 ;
- la loi n° 90-1170 du 29 décembre 1990 ;
- la loi n° 96-659 du 26 juillet 1996 ;
- la loi n° 96-660 du 26 juillet 1996 ;
- le décret n° 52-1133 du 8 octobre 1952 ;
- le décret n° 62-273 du 12 mars 196- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Peretti a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Delarousse, représentant la société Orange, qui reprend ses écritures, insiste sur le caractère urgent de la situation dès lors que la société requérante n'a pas la possibilité d'intervenir en cas de panne et fait valoir que l'ensemble des débats démontre l'existence d'un doute sérieux ; celles de M. A, représentant de la société Orange, qui, d'une part, justifie le délai qui s'est écoulé entre le constat d'huissier réalisé le 9 novembre 2023 et la première demande adressée à la CCBTA le 2 juillet 2024, par les démarches effectuées auprès de la CCBTA aux fins de résolution à l'amiable du litige, et d'autre part, indique que si la CCBTA fait valoir qu'elle a aménagé les ZAC sur lesquelles se situent les infrastructures litigieuses, cela ne signifie pas que ces dernières ont été réalisées par la CCBTA dès lors qu'elles pouvait préexister et sont d'ailleurs logotées " Orange " ;
- celles de Me Cabot, représentant la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence (CCBTA), qui reprend ses écritures, et celles de Mme B, qui fait notamment valoir que la CCBTA a acheté les terrains sur lesquels se situent aujourd'hui les ZAC en litige, de sorte que les réseaux ne pouvaient exister avant l'aménagement des ZAC.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence (CCBTA) a procédé au retrait et au remplacement des plaques de couverture de huit chambres de tirage situées sur les zones d'aménagement concerté (ZAC) Domitia, Milliaires, Broue Lédignan et Salicorne. Estimant que ces chambres de tirage étaient sa propriété, la société Orange a, par courrier du 2 juillet 2024, mis en demeure la CCBTA de procéder au retrait de ses plaques de couverture, afin qu'elle puisse y substituer les siennes. Par décision du 1er aout 2024, le président de la CCBTA a rejeté cette demande, faisant valoir que l'ensemble des infrastructures de communication électroniques a été réalisé sous sa maitrise d'ouvrage, et est en conséquence sa propriété. Par la présente requête, la société Orange demande la suspension de cette décision et à ce qu'il soit enjoint à la CCBTA de déposer les plaques sécurisées apposées sur les huit chambres de tirage situées au sein des ZAC Domitia, Milliaires, Broue, Lédignan et Salicorne.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. La société Orange fait valoir qu'il y a urgence à statuer dès lors que, privée d'accès à ses propres infrastructures, elle n'a plus la possibilité d'en assurer l'entretien, la surveillance, la maintenance ou d'intervenir en cas de coupure franche du signal, d'avarie ou de dysfonctionnement, et que cette situation est de nature à impacter la sécurité des biens ou des personnes en cas d'urgence. Si, en défense, la CCBTA fait valoir que la société Orange peut remédier à cette situation en signant, ainsi que cette possibilité lui a déjà été offerte par courrier du 26 juillet 2023 notamment, une convention de mise à disposition d'infrastructures de génie civil pour son réseau de communications électroniques, cette argument ne saurait être retenu dès lors que la signature de cette convention suppose, pour la société requérante, de reconnaitre que les infrastructures litigieuses ne lui appartiennent pas, ce qui constitue l'objet même du présent litige. Par suite, au regard de l'intérêt public qui s'attache à ce que la société Orange puisse assurer la maintenance et la surveillance des infrastructures en litige et intervienne en cas de dysfonctionnement ou d'anomalie sur le réseau, la condition relative à l'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 72 du code des postes, télégraphes et téléphones, créé par le décret du 8 octobre 1952 portant codification des textes législatifs concernant le service des postes, télégraphes et téléphones, dont les dispositions ont été ensuite reprises à l'article L. 33 du code des postes et télécommunications par le décret du 12 mars 1962 portant révision du code des postes, télégraphes et téléphones : " Aucune installation de télécommunications ne peut être établie ou employée à la transmission de correspondances que par le ministre des postes, télégraphes et téléphones ou avec son autorisation () ". Après la création, par la loi du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et des télécommunications de l'exploitant public France Télécom, l'article L. 33-1 du code des postes et télécommunications s'est substitué aux dispositions précédentes pour prévoir, dans sa rédaction applicable entre l'entrée en vigueur de la loi du 29 décembre 1990 sur la réglementation des télécommunications et le 30 juin 1996, que " les réseaux de télécommunications ouverts au public ne peuvent être établis que par l'exploitant public ". Aux termes de ce même article L. 33-1, dans sa rédaction issue de la loi n° 96-659 du 26 juillet 1996 de réglementation des télécommunications : " I. - L'établissement et l'exploitation des réseaux ouverts au public sont autorisés par le ministre chargé des télécommunications. / Cette autorisation ne peut être refusée que dans la mesure requise par la sauvegarde de l'ordre public ou des besoins de la défense ou de la sécurité publique, par les contraintes techniques inhérentes à la disponibilité des fréquences, ou lorsque le demandeur n'a pas la capacité technique ou financière de faire face durablement aux obligations résultant des conditions d'exercice de son activité, ou a fait l'objet d'une des sanctions mentionnées aux articles L. 36-11, L. 39, L. 39-1, L. 39-2 et L. 39-4 ". L'article 22 de cette loi du 26 juillet 1996 a prévu que les dispositions de cet article L. 33-1, résultant de cette loi, " en tant qu'elles permettent l'établissement et l'exploitation, par des opérateurs autres que France Télécom, de réseaux ouverts au public, en vue de la fourniture de tous services de télécommunications autres que le service téléphonique au public entre points fixes, prennent effet à compter du 1er juillet 1996 ".
6. En deuxième lieu, par des dispositions à la substance inchangée depuis leur édiction par la loi du 30 juillet 1885 relative à l'établissement, à l'entretien et au fonctionnement des lignes télégraphiques et téléphoniques, les articles 84, 85 et 87 du code des postes, télégraphes et téléphones puis les articles L. 47, L. 47-1 et L. 49 du code des postes et télécommunications, dans leur version en vigueur jusqu'à la loi du 29 décembre 1990 sur la réglementation des télécommunications, désignaient expressément l'Etat comme le propriétaire des lignes téléphoniques qu'il était autorisé à construire ou à entretenir sur le sol ou dans le sous-sol des chemins publics ainsi que sur des propriétés privées, et précisaient que l'établissement des conduits et supports n'entraînait aucune dépossession. Les atteintes et les dégradations de quelque nature que ce soit apportées à ces installations, qu'elles soient situées sur des terrains appartenant à une personne publique ou privée, ou dans leur tréfonds, étaient, par ailleurs, réprimées par des contraventions de grande voirie, constatées par des agents de la direction générale des télécommunications, visant à protéger le domaine public de l'Etat puis de l'exploitant public, en application de dispositions codifiées en dernier lieu à l'article L. 69-1 du code des postes et télécommunications, abrogé par la loi du 26 juillet 1996. Au surplus, il résulte de l'article L. 47 du code des postes et communications électroniques, dans sa rédaction en vigueur, que lorsqu'il apparaît qu'un opérateur autorisé à exploiter un réseau ouvert au public pourrait, plutôt que construire ses propres installations, utiliser celles déjà établies par un autre opérateur occupant le domaine public, la loi prévoit que l'autorité gestionnaire du domaine public concerné peut l'inviter à se rapprocher de cet occupant du domaine public, qu'elle désigne comme le " propriétaire " des installations en cause.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 22 de la loi du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et des télécommunications : " Les droits et obligations de l'Etat attachés aux services relevant () de la direction générale des télécommunications sont transférés de plein droit () à France Télécom. / L'ensemble des biens immobiliers du domaine public ou privé de l'Etat attachés aux services relevant () de la direction générale des télécommunications, ainsi que les biens mobiliers de ces services, sont transférés de plein droit et en pleine propriété () à France Télécom ". L'article 1er de la loi n° 96-660 du 26 juillet 1996 a ensuite inséré, dans cette loi du 2 juillet 1990, un article 1-1 ainsi rédigé : " 1. La personne morale de droit public France Télécom mentionnée à l'article 1er est transformée à compter du 31 décembre 1996 en une entreprise nationale dénommée France Télécom, dont l'Etat détient directement plus de la moitié du capital social. / () Les biens, droits et obligations de la personne morale de droit public France Télécom sont transférés de plein droit, au 31 décembre 1996, à l'entreprise nationale France Télécom (). Les biens de la personne morale de droit public France Télécom relevant du domaine public sont déclassés à la même date ". Il en résulte que les biens de l'Etat attachés aux services relevant de la direction générale des télécommunications puis ceux de la personne morale de droit public France Télécom ont été transférés de plein droit, au 31 décembre 1996, à l'entreprise nationale France Télécom, devenue plus tard la société anonyme Orange.
8. Les dispositions citées au point 5 ont conféré à l'Etat, puis à l'exploitant public France Télécom à compter du 1er janvier 1991, pour la période antérieure au 1er juillet 1996, un monopole pour établir les réseaux de télécommunications, ce qui implique la réalisation des infrastructures nécessaires à ces réseaux, lesquelles incluent, au-delà des câbles, toutes les installations nécessaires à la transmission ou à l'acheminement des signaux de télécommunications, notamment les infrastructures de génie civil nécessaires à leur fonctionnement, comme les gaines et les chambres de tirage. En vertu des dispositions citées aux points 6 et 7, ces installations doivent, en principe, être regardées comme la propriété, successivement, de l'Etat, puis de l'exploitant public France Télécom, puis de l'entreprise nationale France Télécom - aujourd'hui la société Orange -, alors même qu'aucun titre de propriété ne pourrait être produit et sauf à ce que soit rapportée la preuve qu'elles appartiendraient à une autre personne. Il appartient donc à la collectivité publique qui revendique la propriété de telles infrastructures de faire échec à cette présomption, par exemple en établissant qu'elle en a assuré la maîtrise d'ouvrage et le financement ou qu'elles lui ont été remises lorsque l'aménagement a été délégué à un concessionnaire.
9. En l'espèce, et en l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la décision contestée est entachée d'une erreur de droit en ce que le président de la CCBTA a estimé, d'une part, que la chambre de tirage située dans la ZAC Salicorne, d'autre part, celle située dans la ZAC Broue, étaient sa propriété, est de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité. Par suite, il y a lieu d'ordonner la suspension de la décision du 1er août 2024 du président de la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence (CCBTA), seulement en tant qu'elle a refusé à la société Orange l'accès à ces deux infrastructures de communications électroniques, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. La présente décision de suspension de la décision du 1er août 2024 du président de la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence en tant qu'elle a refusé à la société Orange, d'une part, l'accès à la chambre de tirage située au sein de la ZAC Salicorne et, d'autre part, l'accès à la chambre de tirage située au sein de la ZAC Broue, implique nécessairement, et à titre provisoire, que la CCBTA procède au dépôt des plaques sécurisées apposées sur les deux chambres de tirage situées dans ces ZAC.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la société Orange et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées au même titre par la CCBTA, partie perdante, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 1er août 2024 du président de la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence est suspendue en tant qu'elle a refusé à la société Orange, d'une part, l'accès à la chambre de tirage située au sein de la ZAC Salicorne, d'autre part, l'accès à la chambre de tirage située au sein de la ZAC Broue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 2 : Il est enjoint à la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence de procéder, à titre provisoire, au dépôt des plaques sécurisées apposées sur les deux chambres de tirage situées au sein des ZAC Salicorne et Broue.
Article 3 : La communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence versera à la société Orange la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées à ce titre par la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Orange est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Orange et à la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence.
Fait à Nîmes, le 22 octobre 2024.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026