mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-1903459 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | COHEN-TAPIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 juin 2019 et le 15 mars 2021, Mme B A, représentée par Me Cohen-Tapia, demande au tribunal :
1°) de condamner l'école nationale de l'aviation civile à lui verser la somme de 25 000 euros en réparation de ses préjudices ;
2°) d'ordonner au besoin une expertise aux fins de chiffrer précisément son préjudice ;
3°) de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de l'école nationale de l'aviation civile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient, outre que la requête est recevable, que :
- son action n'est pas prescrite ;
- elle a été victime de faits constitutifs de harcèlement moral ;
- elle a subi un préjudice moral, des troubles dans ses conditions d'existence et un préjudice financier.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 février 2021 et le 17 mars 2021, l'école nationale de l'aviation civile, représentée par Me Herrmann, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'école nationale de l'aviation civile soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de liaison du contentieux ;
- l'action de Mme A est prescrite ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Héry, présidente-rapporteure,
-et les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjointe administrative au sein de la direction générale de l'aviation civile, a été victime le 2 septembre 2014 d'un malaise sur son lieu de travail. Cet accident a été reconnu imputable au service, la date de consolidation étant fixée au 15 novembre 2016, sans incapacité permanente partielle, et Mme A étant déclarée apte à une reprise de travail à mi-temps thérapeutique pour une durée de trois mois. Après sa reprise de fonctions à temps partiel le 15 février 2017, elle a de nouveau été placée en congé de maladie à partir du 20 mars 2017. La demande d'imputabilité au service de l'aggravation de son état de santé a été rejetée par décision du 13 février 2018, dont la légalité a été confirmée par jugement du tribunal administratif de Toulouse du 16 mars 2020. Sa demande de reconnaissance d'une maladie professionnelle a été rejetée par décision du 28 mai 2019 du ministre de la transition écologique et solidaire. Par sa requête, Mme A demande que l'école nationale de l'aviation civile soit condamnée à l'indemniser des préjudices résultant d'une situation de harcèlement moral.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ". L'article 11 de la même loi dispose : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ()/ IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté () ".
3. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des conséquences étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
4. Mme A soutient avoir été victime de faits de harcèlement moral ayant conduit à une dégradation de son état de santé, caractérisé par un état anxio-dépressif majeur. A cet égard, elle fait état d'une augmentation de sa charge de travail, d'une mauvaise organisation du travail, de sa mise à l'écart constituée notamment par une absence d'informations sur le fonctionnement du service, de refus systématiques opposés à ses demandes de congés annuels, de ses mauvaises relations avec sa supérieure hiérarchique, et plus globalement, de la circonstance qu'elle a dû assumer seule un certain nombre de fonctions, du fait des insuffisances de ses supérieurs hiérarchiques successifs et d'un vacataire recruté pour lui apporter une aide.
5. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'augmentation de la charge de travail de Mme A a revêtu un caractère ponctuel, du fait du départ de son supérieur hiérarchique et de la réorganisation du service en juillet 2013, et que des vacataires ont été recrutés afin de l'aider dans ses fonctions. Il ne ressort pas non plus des éléments versés au dossier que le comportement de la supérieure hiérarchique de Mme A aurait excédé les limites du pouvoir hiérarchique, ni que le rejet invoqué de plusieurs demandes de congés annuels ne serait pas fondé sur les nécessités du service.
6. Ainsi, les éléments avancés par Mme A, pris isolément ou dans leur ensemble, ne permettent pas de laisser présumer l'existence d'un harcèlement moral au sens des dispositions précitées de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983. Par suite, en l'absence de faute de nature à engager la responsabilité de l'école nationale de l'aviation civile, les conclusions indemnitaires de Mme A doivent être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir et l'exception de prescription opposée en défense, ni d'ordonner une expertise qui ne revêt en l'espèce aucun caractère utile, que la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'école nationale de l'aviation civile, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par l'école nationale de l'aviation civile et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera la somme de 1 200 euros à l'école nationale de l'aviation civile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'école nationale de l'aviation civile.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
La présidente-rapporteure,
F. HÉRY
L'assesseure la plus ancienne,
N. SODDU La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et solidaire et à la ministre de la transition énergétique, chacun en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026