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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2001000

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2001000

jeudi 28 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2001000
TypeDécision
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 février 2020 et le 15 octobre 2021, la société Terrabatir demande au tribunal d'annuler la décision en date du 20 décembre 2019 par laquelle le maire de la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières a fait opposition à sa demande préalable en vue d'une opération de division foncière destinée à la construction de quatre maisons individuelles au lieu-dit En Castagné.

Elle soutient que :

- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit ;

- la décision est entachée d'un détournement de pouvoir en raison de l'inimitié de la municipalité à son égard.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2020, et un mémoire en production de pièces enregistré le 28 juillet 2020, la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières, représentée par Me Thalamas, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 13 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2021.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bernos, rapporteur,

- les conclusions de Mme Namer, rapporteure publique,

- et les observations de Me Thalamas représentant la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières.

Considérant ce qui suit :

1. La société Terrabatir a déposé le 28 novembre 2019 auprès de la mairie de Sainte-Foy-de-Peyrolières une déclaration préalable en vue de la division d'un ensemble de parcelles situées route de Rieumes, au lieu-dit En Castagné, pour la création de lots destinés à accueillir quatre maisons individuelles. Le maire de la commune a fait opposition à cette déclaration préalable par un arrêté du 20 décembre 2019 fondé sur le risque engendré pour les usagers de la voie publique par les conditions de desserte de l'opération.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ".

3. Si la décision attaquée vise l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en énonçant ses dispositions, elle se borne par ailleurs à indiquer que " les conditions de desserte de l'opération sont de nature à générer un risque pour la sécurité des usagers de la voie publique ou pour celles utilisant l'accès " sans faire état, même en termes généraux, de la cause et de la nature du risque que l'opération projetée poserait pour la sécurité routière. Par ailleurs, si, en défense, la commune fait référence à l'avis du service routier du département, d'une part l'arrêté litigieux ne renvoie pas à cet avis et, d'autre part, la motivation de l'avis, identique à celle de l'arrêté, est également insuffisante pour comprendre le risque qui s'opposerait à la réalisation du projet. Ainsi, la société Terrabatir est fondée à soutenir que la décision méconnaît les exigences fixées par les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme relatives à la motivation des refus d'autorisation d'urbanisme, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, la requérante est fondée à en demander l'annulation pour défaut de motivation en fait.

4. En revanche, pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés par la requérante n'apparaît, en l'état de l'instruction, fondé.

Sur les frais du litige :

5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières doivent dès lors être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La décision en date du 20 décembre 2019 par laquelle le maire de la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières a fait opposition à la déclaration préalable de la société Terrabatir est annulée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Sainte-Foy de Peyrolières au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Terrabatir et à la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud président,

M. Bernos, premier conseiller,

M. Le Fiblec, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.

Le rapporteur,

M. BERNOS

Le président,

P GRIMAUD

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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