jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2001720 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 mars 2020 et le 15 octobre 2021, la société Terrabatir demande au tribunal d'annuler la décision en date du 29 janvier 2020 par laquelle le maire de la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières a sursis à statuer pour une durée de deux ans sur sa déclaration préalable tendant à la division foncière d'un terrain en vue de la création de quatre maisons individuelles au lieu-dit En Castagné.
Elle soutient que :
- la mise en œuvre de la délibération du conseil municipal relative au projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de la commune est irrégulière en l'absence d'affichage de cette délibération en mairie, ce qui entache d'illégalité la décision attaquée ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ;
- le projet n'est pas de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme ;
- la décision est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2020 et un mémoire en production de pièces enregistré le 28 juillet 2020, la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières, représentée par Me Thalamas, conclut à l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la délibération relative au projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme car elles sont dirigées contre un acte préparatoire, et au rejet de la requête au fond. Elle demande également qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 novembre 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bernos, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Namer, rapporteure publique,
- et les observations de Me Thalamas représentant la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières.
Considérant ce qui suit :
1. La société Terrabatir a déposé une déclaration préalable auprès de la mairie de Sainte-Foy-de-Peyrolières le 2 janvier 2020 en vue de la division d'un ensemble de parcelles situées route de Rieumes, au lieu-dit En Castagné, pour la création de lots destinés à accueillir quatre maisons individuelles. Le maire de la commune a prononcé un sursis à statuer sur la déclaration préalable pour une durée de deux ans par arrêté du 29 janvier 2020.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ". Aux termes de l'article L. 424-1 du même code : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans ".
3. Un sursis à statuer ne peut être opposé à une déclaration préalable, sur le fondement de ces dispositions, postérieurement au débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables, qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution.
4. D'autre part, le projet d'aménagement et de développement durables associé au projet de révision du plan local d'urbanisme de Sainte-Foy-de-Peyrolières dispose : " () Axe 1: Maintenir les grands équilibres du territoire et préserver le cadre de vie rural de qualité () / C. Allier développement urbain et maintien de la qualité paysagère du territoire () Préserver les grandes caractéristiques de chaque unité paysagère et recentrer l'urbanisation au niveau du bourg () ". Ce même projet prévoit également : " () Axe 2 : Placer la centralité villageoise au cœur du projet / A. Faire du bourg le principal secteur de développement () Le projet se fonde ainsi sur : () - Un recentrage de l'urbanisation au niveau du bourg afin de conforter son rôle de centralité, / - Le maintien des quartiers/hameaux disséminés sur le territoire dans leur enveloppe urbaine actuelle sans possibilité de densification au regard notamment de leur niveau d'équipements et de desserte. () ". Enfin, le projet d'aménagement et de développement durables indique : " () Axe 2 : Placer la centralité villageoise au cœur du projet () / D. Améliorer les mobilités dans le bourg et à l'échelle de la Commune () Dans ce contexte, il est dès lors projeté : - un recentrage de l'urbanisation au niveau du bourg afin de favoriser les déplacements piétons ou cycles pour accéder aux équipements, commerces et services (distance) et offrir une proximité aux arrêts de transport en commun() ".
5. En premier lieu, le 2 janvier 2020, la société requérante a déposé une déclaration préalable afin de détacher un lot de 6 366 m² d'une unité foncière, afin de construire quatre maisons individuelles. Cette demande avait pour but de remplacer une autre déclaration préalable, déposée le 28 novembre 2019, à laquelle la commune s'était opposée le 20 décembre 2019. Il ressort des pièces du dossier que la révision générale du plan local d'urbanisme avait été prescrite par une délibération du conseil municipal du 27 novembre 2018 et que les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) relatif à cette révision générale ont été débattues en conseil municipal le 28 novembre 2019. Ainsi, le plan local d'urbanisme devait être regardé comme étant dans un état d'avancement suffisant pour permettre à la commune d'opposer, le cas échéant, un sursis à statuer à une demande d'autorisation d'urbanisme en application de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, aucun texte ni aucun principe ne conditionnant la possibilité d'opposer un tel sursis à statuer à la circonstance que le compte rendu de cette délibération ou le PADD lui-même soient affichés, dès lors que ces dispositions imposent seulement la tenue du débat sur les orientations générales du PADD. Le moyen tiré de l'erreur de droit soulevé sur ce point par la société Terrabatir doit donc être écarté.
6. En deuxième lieu, pour opposer un sursis à statuer à la déclaration préalable déposée par la société Terrabatir, le maire de la commune de Sainte-Foy-de Peyrolières s'est fondé sur un motif tiré de ce que le projet ne respectait pas l'objectif de concentration de l'urbanisation sur le centre bourg et était dès lors de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur document d'urbanisme, car il se situe dans un secteur qui n'a pas vocation à être densifié, alors que le PADD prévoit, outre un objectif de priorisation de l'urbanisation au niveau du centre bourg, le maintien des quartiers disséminés sur le territoire dans leur enveloppe actuelle sans densification possible. Si la société requérante soutient que le lieu-dit d'En Castagné n'est pas un hameau mais un véritable quartier de Sainte-Foy-de-Peyrolières où les maisons sont nombreuses, il ressort toutefois des pièces du dossier que le projet ne peut être regardé comme compris dans un secteur appartenant à la zone de " centralité villageoise " limitée selon le PADD au centre bourg, situé à environ un kilomètre au nord des parcelles concernées, et vient au contraire densifier un quartier périphérique. Dès lors, ce projet présente, eu égard notamment à son implantation dans le lieu-dit, à sa surface totale et au nombre de maisons à construire, des caractéristiques qui ne sont pas compatibles avec les orientations préalablement déclinées concernant la priorisation de l'urbanisation au niveau du centre bourg et le maintien des quartiers disséminés sur le territoire dans leur enveloppe actuelle sans densification possible. Il est dès lors de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme et à le rendre plus onéreux. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation soulevé par la requérante doit être écarté.
7. En troisième lieu, si la société requérante allègue une contradiction entre le potentiel de création de nouveaux logements sans consommation d'espace naturel, agricole et forestier indiqué dans le PADD, et le potentiel résiduel évalué en 2016 lors de l'ouverture d'une zone 2AU à l'urbanisation, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que le projet implique l'urbanisation d'un ensemble de parcelles étendu hors du centre urbain, en contradiction avec le projet communal.
8. Enfin, aucun élément n'est de nature à établir que le maire de Sainte-Foy-de-Peyrolières aurait sursis à statuer sur la déclaration préalable de la société dans un but autre que la bonne exécution future du document d'urbanisme. Le détournement de pouvoir invoqué par la société requérante n'est donc pas établi et ce moyen ne peut, par suite, être accueilli.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par la commune, que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Terrabatir doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières, tendant au versement par la société Terrabatir d'une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société Terrabatir est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières au titre des frais exposés dans l'instance et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Terrabatir et à la commune de Sainte-Foy-de Peyrolières.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud président,
M. Bernos, premier conseiller,
M. Le Fiblec, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.
Le rapporteur,
M. BERNOS
Le président,
P GRIMAUD
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026