jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2001864 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | VACARIE & DUVERNEUIL AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2020, Mme B A C, représentée par Me Duverneuil, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 février 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Toulouse lui a refusé la reconnaissance d'un accident de travail imputable au service ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée émane d'un signataire incompétent ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis de la commission de réforme n'a pas été sérieusement pris en compte par le centre hospitalier ; ce défaut d'examen réel et sérieux est révélé notamment par une motivation insuffisante ;
- elle est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit, d'erreur manifeste d'appréciation et de détournement de pouvoir dès lors qu'il existe un lien évident entre ses séquelles psychologiques et l'accident de service dont elle a été victime le 1er avril 2019, lequel est constitué par un entretien improvisé qui s'est déroulé dans des conditions anormales ; elle est stigmatisée et subit un acharnement de la part de certains collègues depuis 2018, soutenus par la hiérarchie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2022, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Sabatté, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A C la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 7 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n°2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chalbos, rapporteure,
- les conclusions de M. Farges, rapporteur public,
- et les observations de Me Arslan El Yacoubi, représentant le centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A C, aide-soignante titulaire de la fonction publique hospitalière au sein du centre hospitalier universitaire de Toulouse, a été affectée à l'unité de soins aigus Alzheimer de l'hôpital Garonne. Le 1er avril 2019, elle a été convoquée à un entretien concernant une altercation survenue avec une collègue, ce qui l'a fortement affectée. Le 6 mai 2019, elle a adressé au centre hospitalier universitaire une déclaration d'accident de service relative à l'incident du 1er avril 2019. Par sa requête, elle demande l'annulation de la décision du 7 février 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Toulouse lui a refusé la reconnaissance d'un accident imputable au service.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 21 novembre 2019 publié au recueil des actes administratifs de la Haute-Garonne du 11 décembre 2019, le directeur général du centre hospitalier universitaire de Toulouse a donné délégation à Mme E D, directrice adjointe des ressources humaines, à l'effet de signer les décisions se rapportant aux attributions de la direction des ressources humaines. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit donc être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, laquelle est suffisamment motivée compte tenu des exigences du secret médical, ni des autres pièces du dossier, que le centre hospitalier se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la demande de Mme A C et de tenir compte de l'avis de la commission de réforme ainsi que de certains éléments dont elle entendait se prévaloir. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le centre hospitalier aurait détourné la finalité de la procédure consultative ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, seules dispositions applicables en l'absence de publication, à la date de la décision contestée, du décret d'application de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique, prévu par le VI de cette ordonnance : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, () le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
5. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
6. Il ressort des pièces du dossier que le 1er avril 2019, qu'à la suite d'une altercation survenue le 25 mars précédent avec une collègue, Mme A C a été convoquée par la cadre supérieure de santé du pôle gériatrie et la cadre de santé des soins Alzheimer à un entretien, au cours duquel sa collègue était également présente. Si Mme A C soutient avoir fait l'objet, lors de cet entretien, d'accusations infondées et de jugements de valeur malveillants de la part de sa collègue, sans réaction des deux cadres de santé, elle n'apporte aucun commencement de preuve de ce que l'entretien se serait déroulé dans des conditions anormales, alors qu'il lui était loisible de se faire accompagner par un témoin. Il ressort au contraire du compte-rendu établi par la cadre supérieure de santé, dont la valeur probante n'est pas remise en cause par la seule circonstance que Mme A C a fait l'objet d'une procédure disciplinaire, que si des échanges houleux ont eu lieu entre les deux agents au cours de l'entretien du 1er avril 2019, leur hiérarchie a tenté à plusieurs reprises de maintenir le calme.
7. Mme A C soutient en outre que l'entretien du 1er avril 2019 s'inscrirait dans un contexte d'acharnement de ses collègues à son encontre, soutenus par la hiérarchie. Il ressort toutefois des pièces du dossier que si le service dans lequel travaille la requérante est marqué par d'importantes difficultés d'ordre psycho-sociales, lesquelles ont pu avoir des répercussions tant sur Mme A C que sur certains de ses collègues, le comportement et l'attitude de la requérante, qui ont fait l'objet de plusieurs plaintes de la part de ses collègues ainsi que de rappels à l'ordre de sa hiérarchie, ont contribué, à tout le moins en partie, aux conflits au sein du service. Il ressort en particulier du témoignage précis et circonstancié de la collègue de Mme A C avec laquelle l'altercation du 25 mars 2019 a eu lieu que les propos tenus par la requérante à ce moment-là ont largement excédé la simple réaction de défense. Si Mme A C estime quant à elle être victime d'un acharnement de la part de ses collègues, elle n'apporte aucune précision quant à la genèse de leur union contre elle et soutient de façon peu cohérente que certains d'entre eux seraient subitement devenus hostiles à son égard après avoir entretenu avec elle de bons rapports. Si Mme A C se prévaut de quelques témoignages de sympathie, ceux-ci n'accréditent pas pour autant la situation de persécution dont elle se dit victime. Enfin, et contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort pas de la lettre du 7 août 2019 de l'inspectrice du travail que celle-ci aurait reconnu une situation de harcèlement moral à son encontre, une telle lettre consistant seulement un rappel adressé au centre hospitalier universitaire quant aux suites à donner aux signalements de son agent.
8. Il résulte de ce qui précède que c'est sans commettre d'erreur de fait, d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation que le directeur général du centre hospitalier universitaire de Toulouse a considéré qu'aucun accident imputable au service ne pouvait être retenu à raison de l'entretien du 1er avril 2019, qu'elles qu'aient pu en être les répercussions psychologiques sur Mme A C.
9. En quatrième et dernier lieu, si Mme A C soutient que la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir, elle ne l'établit pas. La seule circonstance que l'intéressée a fait l'objet d'un blâme en raison de son comportement envers ses collègues n'est pas de nature à révéler que le refus de faire droit à sa demande de reconnaissance d'accident de service serait motivé par une volonté de lui nuire. Le moyen doit donc être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 7 février 2020.
Sur les frais relatifs au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A C en application de cet article. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande du centre hospitalier universitaire présentée sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire de Toulouse sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C et au centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Chalbos, conseillère,
Mme Jorda, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
La rapporteure,
C. CHALBOS
Le président,
D. KATZ La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026