jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2001966 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 avril 2020 et le 15 octobre 2021, la société Terrabatir demande au tribunal d'annuler le certificat d'urbanisme positif qui lui a été opposé le 24 février 2020 par le maire de Sainte-Foy-de-Peyrolières à propos de la réalisation de l'opération de division foncière qu'elle projette en vue de la création de quatre maisons individuelles, en ce qu'il comporte une réserve prévoyant la possibilité d'opposer un sursis à statuer.
Elle soutient que :
- la décision est entachée de contradictions entre ses motifs et ceux de la décision s'opposant à la déclaration préalable par arrêté du 29 janvier 2020 ;
- la décision méconnaît le principe d'égalité vis-à-vis d'autres demandes qui ont, elles, abouti ;
- la mise en œuvre de la délibération du conseil municipal relative au projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de la commune est irrégulière en l'absence d'affichage de cette délibération en mairie, ce qui entache d'illégalité la décision attaquée ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ;
- le projet n'est pas de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme ;
- la décision est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2020, et un mémoire en production de pièces enregistré le 28 juillet 2020, la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières, représentée par Me Thalamas, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions présentées sont obscures et dès lors irrecevables :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 novembre 2021.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
Vu :
-le code de l'urbanisme ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bernos, rapporteur,
- les conclusions de Mme Namer, rapporteure publique,
- et les observations de Me Thalamas représentant la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 27 novembre 2018, le conseil municipal de Sainte-Foy-de-Peyrolières a prescrit la révision générale du plan local d'urbanisme (PLU). Le débat sur le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) assortissant cette révision a eu lieu le 28 novembre 2019. La société Terrabatir a demandé le 4 janvier 2020 un certificat d'urbanisme opérationnel n° CUB03148120G0001 pour une opération relative à un groupement de maisons d'habitation situé au lieu-dit En Castagné, route de Rieumes. Le maire de Sainte-Foy-de-Peyrolières a délivré le 24 février 2020 un certificat d'urbanisme positif avec réserves. La société Terrabatir demande au tribunal d'annuler le certificat d'urbanisme du 24 février 2020 en tant qu'il porte une réserve sur la possibilité d'opposer un sursis à statuer en cas de demande d'autorisation d'urbanisme.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée :a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique () ". Aux termes de l'article L. 153-11 de ce code, dans sa rédaction applicable à la date de la décision de sursis à statuer : " A compter de la publication de la délibération prescrivant l'élaboration d'un plan local d'urbanisme, l'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan ".
3. Il résulte de la combinaison des articles L. 153-11 et L. 410-1 du code de l'urbanisme que tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué, examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat. Figure cependant parmi ces règles la possibilité de se voir opposer un sursis à statuer à une demande d'autorisation d'urbanisme, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat, l'une des conditions énumérées à l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme. Une telle possibilité vise à permettre à l'autorité administrative de ne pas délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme. Lorsque le plan en cours d'élaboration et qui aurait justifié, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, que soit opposé un sursis à une demande de permis ou à une déclaration préalable, entre en vigueur dans le délai de validité du certificat, les dispositions issues du nouveau plan sont applicables à la demande de permis de construire ou à la déclaration préalable. Par ailleurs, l'omission de la mention dans le certificat d'urbanisme de la possibilité d'opposer un sursis à statuer ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente oppose un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis ultérieure concernant le terrain objet du certificat d'urbanisme.
4. En premier lieu, la société requérante soulève une contradiction entre le certificat d'urbanisme litigieux et l'arrêté du 29 janvier 2020 par lequel le maire de la commune avait sursis à statuer sur la déclaration préalable déposée sous le n° DP031481120G0001 pour la même opération au motif que " dans l'objectif de maîtriser l'urbanisation et de lutter contre la consommation d'espace, objectif figurant au PADD, le projet de PLU que le futur projet est susceptible d'être compris dans une zone qui ne situe pas à l'intérieur de la centralité villageoise et vient densifier un quartier périphérique d'En Castagné. Il est d'ailleurs projeté : - un recentrage de l'urbanisation au niveau du bourg afin de favoriser les déplacements piétons ou cycles pour accéder aux équipements, commerces et services (distance) et offrir une proximité aux arrêts de transport en commun () ". Elle fait valoir sur ce point que le sursis à statuer opposé à sa demande préalable constitue un rejet de cette demande, ce qui est contradictoire avec la délivrance d'un certificat d'urbanisme indiquant que la même opération est réalisable. Toutefois, en application des dispositions précitées, un sursis à statuer permet, lorsqu'un projet de construction est possible en l'état du droit existant à la date de la demande, de mettre en suspens cette procédure de demande en raison de ce que ce dernier est susceptible d'évoluer et rendra impossible le développement du projet, alors même qu'un certificat d'urbanisme, a pour effet de constater que l'opération est réalisable, mais doit aussi mentionner la possibilité, lorsque les conditions en sont remplies, d'opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis déposée au cours de ces dix-huit mois.
5. En l'espèce, si le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit le bourg comme un secteur à densifier susceptible d'accueillir des constructions " en extension urbaine ", il ressort des pièces du dossier que les auteurs du futur plan local d'urbanisme ont entendu, en cohérence avec les orientations de ce projet d'aménagement et de développement durables, ne pas autoriser la densification d'un quartier périphérique tel que celui d'En Castagné où sont implantées les parcelles en cause. Dès lors, le projet de la société Terrabatir, consistant à permettre la réalisation de quatre maisons d'habitation sur des parcelles à l'extérieur de la zone urbanisée du bourg de Sainte-Foy-de-Peyrolières, de façon groupée le long de la route départementale, était de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme, dont le projet de règlement arrêté interdisait les constructions nouvelles à usage d'habitation en zone UC. Dans ces conditions, à la date du certificat d'urbanisme, un sursis à statuer pouvait légalement être opposé à l'opération projetée, et par suite le certificat d'urbanisme pouvait à bon droit mentionner une opération réalisable avec réserves et, en son article 1er, préciser la possibilité de mise en œuvre d'un sursis à statuer. Par suite, le maire n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit, ni d'erreur d'appréciation et a pu valablement estimer que l'opération était réalisable sous réserves, l'éventuelle contradiction avec une autre décision s'opposant à l'opération étant sans incidence sur la légalité du certificat attaqué.
6. En deuxième lieu, la circonstance que certaines autres demandes d'autorisations d'urbanisme aient pu aboutir est sans incidence sur la légalité du certificat d'urbanisme contesté.
7. En troisième lieu, si la société Terrabatir indique par ailleurs reprendre les moyens dirigés contre l'arrêté du 29 décembre 2020 pour contester la légalité du certificat d'urbanisme litigieux, il ressort des pièces du dossier que, les orientations du PADD ayant été débattues, le plan local d'urbanisme devait être regardé comme étant dans un état d'avancement suffisant pour permettre à la commune d'opposer, le cas échéant, un sursis à statuer à une demande d'autorisation d'urbanisme, aucun texte ni aucun principe ne conditionnant la possibilité d'opposer un tel sursis à statuer à la circonstance que le compte rendu de cette délibération ou le PADD lui-même soient affichés, dès lors que ces dispositions imposent seulement la tenue du débat sur les orientations générales du PADD. Le moyen tiré de l'erreur de droit soulevé sur ce point par la société Terrabatir doit donc être écarté. De même, il ressort de ce qui vient d'être dit ci-dessus que le projet est de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme et à le rendre plus onéreux. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation soulevé par la requérante doit être écarté. Par ailleurs, si la société requérante allègue une contradiction entre le potentiel de création de nouveaux logements sans consommation d'espace naturel, agricole et forestier indiqué dans le PADD, et le potentiel résiduel évalué en 2016 lors de l'ouverture d'une zone 2AU à l'urbanisation, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que le projet implique l'urbanisation d'un ensemble de parcelles étendu hors du centre urbain, en contradiction avec le projet communal. Enfin, aucun élément n'est de nature à établir que le maire de Sainte-Foy-de-Peyrolières aurait sursis à statuer sur la déclaration préalable de la société dans un but autre que la bonne exécution future du document d'urbanisme. Le détournement de pouvoir invoqué par la société requérante n'est donc pas établi et ce moyen ne peut, par suite, être accueilli.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation du certificat d'urbanisme du 24 février 2020. Sa requête doit donc être rejetée.
Sur les frais du litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières tendant au versement par la société Terrabatir d'une somme au titre des frais exposés par elle dans l'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la SAS Terrabatir est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières au titre des frais exposés dans l'instance et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Terrabatir et à la commune de Sainte-Foy-de-Peyrolières.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud président,
M. Bernos, premier conseiller,
M. Le Fiblec, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.
Le rapporteur,
M. BERNOS
Le président,
P GRIMAUD
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026