vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2003973 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | RAIMBAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 août 2020, la société ERMES Investissement, représentée par Me Roca, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire d'un montant de 159 100 euros émis à son encontre le 5 mars 2020 par le président du syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne au titre de la participation au financement de l'assainissement collectif ;
2°) de mettre à la charge du syndicat mixte le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur du titre contesté ;
- ce titre méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et le 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dès lors qu'il n'est pas signé et qu'il n'est pas justifié de la signature par l'ordonnateur du bordereau récapitulant les titres de recettes ;
- il est insuffisamment motivé, dès lors qu'il n'indique pas les bases de liquidation en méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012, et ne justifie pas du respect du plafond de 80 % fixé à l'article L. 1331-7 du code de la santé publique ;
- la société ERMES Investissement n'est pas la personne redevable de la participation financière à l'assainissement collectif, dès lors que le permis de construire a été transféré à une autre société et que le propriétaire final des logements est Toulouse Métropole Habitat ;
- il n'est pas justifié que le montant de la participation financière à l'assainissement collectif mis à sa charge pour chaque logement n'excède pas, conformément à l'article L. 1331-7 du code de la santé publique, 80 % du coût d'une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle ;
- le montant mis à sa charge est trop élevé, dès lors que des bâtiments raccordés au réseau d'assainissement collectif étaient présents sur le terrain d'assiette du projet avant d'être démolis dans le cadre de l'opération de construction de logements neufs ;
- l'avis des sommes à payer litigieux a été pris pour l'exécution d'une délibération du 13 décembre 2012 illégale, dès lors que les montants par type de logement sont fixés de manière forfaitaire et n'ont pas été actualisés depuis l'année 2012.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2021, le syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne, représenté par Me Raimbault, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société ERMES Investissement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 décembre suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 juin 2016, la société ERMES Investissement a obtenu un permis de construire et de démolir en vue de la construction, après démolition de deux bâtiments existants, de quarante logements sociaux, au 41, avenue du Président Kennedy à Grenade (Haute-Garonne). Ce permis a été transféré à la société civile de construction vente (SCCV) Maia le 17 mai 2017. Par un titre exécutoire du 5 mars 2020, le syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne (SMEA31) a mis à la charge de la société ERMES Investissement une somme de 159 100 euros au titre de la participation au financement de l'assainissement collectif. Par la présente requête, la société ERMES Investissement demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu et d'une part, il ressort de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 23 décembre 2009 produit en défense et portant création du syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de ce département, et en particulier de ses annexes, que la commune de Grenade a adhéré à ce syndicat et qu'elle lui a notamment transféré sa compétence en matière d'assainissement collectif. Le SMEA31 était donc compétent pour émettre le titre exécutoire en litige, relatif à la participation pour le financement de l'assainissement collectif. D'autre part, il ressort de l'arrêté du 30 septembre 2016, également produit en défense, et affiché au SMEA31 le 12 octobre 2016, que le président de ce syndicat a délégué sa signature à Mme B E, responsable du service suivi d'activité et contrôleuse de gestion, aux fins de signer tous documents relevant de ses attributions et compétences, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les titres exécutoires. Mme E était donc compétente pour signer l'avis des sommes à payer en litige. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de ce titre exécutoire doit donc être écarté dans ses deux branches.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction alors en vigueur : " 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation / () En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation ". Aux termes de l'article D. 1617-23 du même code : " () La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les titres de recettes emporte attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoires les titres de recettes qui y sont joints conformément aux dispositions des articles L. 252 A du livre des procédures fiscales et des articles R. 2342-4, R. 3342-8-1 et R. 4341-4 du présent code ".
4. Il résulte de l'instruction, en particulier du bordereau de recettes et d'une capture d'écran du logiciel comptable, produits en défense, que le bordereau a été signé électroniquement par Madame B E, responsable de service, en qualité d'ordonnateur de la créance le 5 mars 2020. Par suite, le moyen tiré de l'absence de signature du bordereau du titre exécutoire en méconnaissance du 4°) de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 susvisé, applicable, en vertu de son article 1er, aux établissements publics des collectivités territoriales, à l'instar du SMEA31 : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation ". Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur. La motivation doit être suffisante pour que le débiteur puisse discuter utilement les bases de liquidation des sommes mises à sa charge.
6. Il résulte de l'instruction que l'avis des sommes à payer en litige indique le montant total du titre et porte la mention : " Participation financement assainissement collectif 41 avenue du Président Kennedy 31330 Grenade - Annexe 1 et 2 jointes ". Ce titre a été adressé à la requérante accompagné d'un courrier du SMEA31, précisant que la participation pour le financement de l'assainissement collectif est exigible compte tenu du raccordement effectif à l'assainissement collectif de l'ensemble de logements de l'opération relative à la résidence Kennedy à l'adresse précitée. Deux annexes lui étaient par ailleurs jointes. La première, dont le titre rappelle qu'elle concerne la participation au financement de l'assainissement collectif pour l'opération immobilière précitée, cite les dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique sur la base desquelles le titre exécutoire a été émis. Elle comprend un tableau détaillant, par type de logement, le montant de la participation mise à la charge de la requérante. La seconde annexe est un extrait du procès-verbal du conseil syndical du SMEA31 dans sa séance du 11 décembre 2013, relatif notamment à l'" ajustement des tarifs " de la participation au financement de l'assainissement collectif. Cette seconde annexe, qui vise tout à la fois l'article L. 1331-7 du code de la santé publique et la délibération du conseil syndical du 13 décembre 2012 instaurant cette participation, fixe en son article 1er les modalités de détermination des montants de cette contribution pour les constructions d'immeubles collectifs, édifiés postérieurement à la mise en service du réseau, par logement en fonction du nombre de pièces principales. Cet extrait est lui-même accompagné d'un tableau fixant les montants de cette participation, par type de logement s'agissant des logements collectifs, montants qui correspondent à ceux reproduits dans le tableau de la première annexe et servant de base de calcul au montant mis à la charge de la société requérante. Il résulte de tout ce qui précède que la société ERMES Investissement était, au vu de l'ensemble de ces éléments, à même de comprendre et de discuter utilement les sommes mises à sa charge. Par ailleurs, et contrairement à ce que soutient la requérante, aucun texte ni aucun principe n'impose à l'ordonnateur de justifier, dans l'avis des sommes à payer, que le montant de la participation mise à la charge du redevable n'excède pas 80 % du coût de fourniture et de pose d'une installation d'assainissement individuelle. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du titre exécutoire attaqué ne peut donc qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par () le syndicat mixte compétent en matière d'assainissement collectif, pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif. / Cette participation s'élève au maximum à 80 % du coût de fourniture et de pose de l'installation mentionnée au premier alinéa du présent article, diminué, le cas échéant, du montant du remboursement dû par le même propriétaire en application de l'article L. 1331-2. / La participation prévue au présent article est exigible à compter de la date du raccordement au réseau public de collecte des eaux usées de l'immeuble, de l'extension de l'immeuble ou de la partie réaménagée de l'immeuble, dès lors que ce raccordement génère des eaux usées supplémentaires. / Une délibération () de l'organe délibérant de l'établissement public détermine les modalités de calcul de cette participation. () ". Il résulte de ces dispositions que, sous réserve du cas des sociétés ayant pour objet la vente en l'état futur d'achèvement, le redevable de la participation instituée par ce texte est le propriétaire des immeubles à la date du raccordement au réseau d'assainissement collectif.
8. La société requérante soutient ne pas être la redevable de la participation pour le financement de l'assainissement collectif au titre du raccordement au réseau d'assainissement collectif des quarante logements de la résidence Kennedy au motif qu'elle n'était pas la propriétaire des logements à la date de ce raccordement. Toutefois, elle ne produit aucun titre de propriété ou de cession des immeubles en cause, et la circonstance que le permis de construire qui lui a été délivré le 16 juin 2016 pour la construction de ces immeubles a été transféré à une autre société le 17 mai 2017 n'est pas de nature, à elle seule, à faire présumer un transfert de propriété à cette dernière. En outre, à supposer que le projet ait été définitivement livré à Toulouse Métropole Habitat le 17 mars 2020, cette date est en tout état de cause postérieure à celle du raccordement des logements, intervenu, selon le syndicat dans ses écritures en défense et qui n'est pas contesté sur ce point, le 26 février 2020. Ainsi, alors qu'il résulte de l'instruction que la société ERMES Investissement s'est elle-même présentée comme la propriétaire des logements de la résidence Kennedy dans sa demande de contrôle de raccordement au réseau adressée au SMEA31 le 22 janvier 2020, elle n'est pas fondée à soutenir ne pas être la redevable de la participation instituée par l'article L. 1331-7 du code de la santé publique au titre du raccordement au réseau d'assainissement public des quarante logements de cette résidence. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
9. En cinquième lieu, les dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique précitées ne font pas obstacle à ce que la participation exigée soit établie selon une méthode forfaitaire, dès lors qu'il n'est pas demandé au propriétaire de verser plus de 80 % du coût de la fourniture et de la pose de l'installation du dispositif individuel d'assainissement qui aurait été nécessaire en l'absence de raccordement. Toutefois, eu égard à son objet et aux termes mêmes de cet article, la participation qu'il institue ne saurait, sans double emploi, être imposée au propriétaire, lorsque celui-ci, le constructeur de l'immeuble ou le lotisseur du terrain a déjà contribué, en vertu d'obligations mises à sa charge par l'autorité publique, au financement d'installations collectives pour un montant égal ou supérieur au maximum légal de la participation prévue par le même article L. 1331-7.
10. D'une part, en se bornant à indiquer que plusieurs bâtiments étaient raccordés au réseau d'assainissement collectif avant leur démolition dans le cadre du projet immobilier de la résidence Kennedy, sans démontrer que le propriétaire des logements, le constructeur ou le lotisseur du terrain a déjà contribué au financement d'installations collectives pour un montant égal ou supérieur au maximum légal prévu à l'article L. 1331-7 du code de la santé publique précité, la société ERMES Investissement ne justifie pas que la participation mise à sa charge par la décision en litige ferait double emploi. D'autre part, si elle fait valoir que le montant de la participation mise à sa charge par le SMEA31, rapporté au nombre de logements construits, est supérieur aux montants qui ont été mis à sa charge à l'occasion d'autres projets de construction, les pièces qu'elle produit ne permettent pas d'évaluer le coût de la fourniture et de la pose d'une installation individuelle d'assainissement, de telle sorte que la requérante ne saurait, par ces seuls éléments, utilement démontrer que le plafond de 80 % prévu à l'article précité aurait été méconnu en l'espèce. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce qu'il n'est pas justifié que le montant de la participation financière à l'assainissement collectif mis à la charge de la requérante pour chaque logement n'excède pas le plafond fixé à l'article L. 1331-7 du code de la santé publique ne peut qu'être écarté.
11. En sixième lieu, l'article L. 1331-7 du code de la santé publique précité ne fait aucune distinction entre les immeubles édifiés sur des terrains non bâtis et les immeubles élevés en remplacement de constructions démolies. Ainsi, le propriétaire qui raccorde son immeuble à l'égout existant en utilisant le branchement qui assurait l'évacuation, dans cet égout, des eaux usées d'un bâtiment antérieurement implanté sur les lieux et réalise, ce faisant, une " économie " en " évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ", peut être astreint au versement de la participation prévue par l'article L. 1331-7. Le moyen tiré de ce que le montant mis à la charge de la société requérante ne tiendrait pas compte des bâtiments précédemment raccordés au réseau d'assainissement collectif, et détruits dans le cadre du projet de construction de logements neufs de la résidence Kennedy, ne peut donc qu'être écarté.
12. En septième et dernier lieu, la requérante soutient que la participation mise à sa charge serait illégale, dans la mesure où les montants par type de logement sont fixés de manière forfaitaire et n'ont pas été actualisés depuis l'année 2012, de telle sorte qu'ils ne seraient plus en rapport avec le coût réel des équipements d'assainissement individuel et de leur installation. Elle soulève à cet égard, par la voie de l'exception, l'illégalité de la délibération du conseil syndical du SMEA31 du 13 décembre 2012 instaurant la participation pour le financement de l'assainissement collectif sur le territoire des communes membres de l'établissement. Toutefois, d'une part, la requérante ne contestant pas le principe de l'instauration de cette participation mais le montant forfaitaire appliqué par type de logement, elle ne saurait utilement exciper de l'illégalité de la délibération du 13 décembre 2012. D'autre part, à supposer qu'elle puisse être regardée comme excipant de l'illégalité de la délibération du conseil du syndicat mixte du 11 décembre 2013, relative à l'ajustement des tarifs de cette contribution, et dont un extrait était joint à l'avis des sommes à payer attaqué, elle n'établit pas utilement, par les pièces qu'elle produit, que le montant de la participation pour le financement de l'assainissement collectif mis à sa charge par type de logement excèderait 80 % du coût de l'équipement et de l'installation d'un dispositif individuel d'assainissement, alors par ailleurs qu'aucun texte ni aucun principe n'interdit de fixer ce montant de manière forfaitaire. Le moyen, soulevé par la voie de l'exception, tiré de l'illégalité de la délibération du conseil syndical fixant le montant de la contribution prévue à l'article L. 1331-7 du code de la santé publique, ne peut donc, en tout état de cause, qu'être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'avis des sommes à payer du 5 mars 2020 doivent être rejetées. Par suite, les conclusions présentées par la société ERMES Investissement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
14. En revanche, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros à verser au syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne au titre des frais exposés par lui.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société ERMES Investissement est rejetée.
Article 2 : La société ERMES Investissement versera une somme de 1 500 euros au syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société ERMES Investissement et au syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
Le rapporteur,
T. A
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026