mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100215 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DERKAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 janvier 2021 et 3 février 2022, M. A E, représenté par Me Derkaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juin 2020 par laquelle le président de l'Université Toulouse III Paul Sabatier a refusé son admission en master 1 génie de l'habitat ;
2°) d'enjoindre au président de l'Université Toulouse III Paul Sabatier, à titre principal, de l'inscrire en master 1 génie de l'habitat sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'université Toulouse III Paul Sabatier le paiement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- la décision litigieuse a été signée par une autorité incompétente ne disposant pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- en refusant son admission en master 1 génie de l'habitat alors qu'il a préalablement validé une licence dans le même domaine, le président de l'Université Toulouse III Paul Sabatier a porté atteinte à son droit à l'instruction ;
- le motif selon lequel la capacité maximale d'accueil dans le master 1 est atteinte est erroné ;
- le président de l'Université Toulouse III Paul Sabatier a commis une erreur manifeste d'appréciation et a entaché la décision attaquée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2021, le président de l'Université Toulouse III Paul Sabatier conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 décembre 2020.
Par une ordonnance du 4 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 février 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Farges, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir obtenu un diplôme universitaire de technologie en génie industriel à l'Ecole supérieure de technologie de Fès (Maroc) en 2014, une licence professionnelle en management logistique et transport à l'Université Mohamed 1er de Nador (Maroc) en 2017, et une licence en génie de l'habitat à l'Université Toulouse III Paul Sabatier en 2020, M. A E, né le 22 septembre 1994, a déposé son dossier de candidature auprès de l'Université Toulouse III Paul Sabatier afin d'être admis en première année de master génie de l'habitat au titre de l'année universitaire 2020/2021. Par une décision du 16 juin 2020, dont M. E demande l'annulation, le président de l'Université a refusé sa candidature. Par un courrier du 27 juillet 2020, l'intéressé a formulé un recours gracieux qui a été implicitement rejeté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 712-2 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " () Le président peut déléguer sa signature aux vice-présidents du conseil d'administration, aux membres élus du bureau âgés de plus de dix-huit ans, au directeur général des services et aux agents de catégorie A placés sous son autorité ainsi que, pour les affaires intéressant les composantes énumérées à l'article L. 713-1, les services communs prévus à l'article L. 714-1 et les unités de recherche constituées avec d'autres établissements publics d'enseignement supérieur ou de recherche, à leurs responsables respectifs () ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le président de l'Université Toulouse III Paul Sabatier a délégué sa signature à M. D B, directeur de la faculté sciences et ingénierie à la date de la décision attaquée, par une décision n° 2020-JMB-005 du 30 janvier 2020, à l'effet de signer, notamment, des décisions relatives à la scolarité telles que les demandes d'admission préalable à l'inscription et les refus d'inscription dans le cadre des procédures dématérialisées. Alors que le requérant se borne à soutenir que la décision attaquée émanerait d'un auteur incompétent ne disposant pas d'une délégation de signature préalable, spéciale et régulièrement publiée, l'université indique, sans être contredite, que la délégation de signature précitée a été régulièrement publiée sur son site Internet. Dans ces conditions et dès lors, au demeurant, que les dispositions de l'article L. 712-2 du code de l'éducation ne prévoient aucune exigence particulière quant aux modalités de publicité d'une telle délégation, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article D. 612-36-2 du code de l'éducation : " Les établissements autorisés par l'Etat à délivrer le diplôme national de master peuvent organiser un processus de recrutement conformément aux dispositions de l'article L. 612-6. Les refus d'admission sont notifiés. Les motifs pour lesquels l'admission est refusée sont communiqués aux candidats qui en font la demande dans le mois qui suit la notification de ce refus. "
5. Les décisions par lesquelles le président d'une université refuse l'admission d'un étudiant en première année de master n'entrent dans aucune des catégories de décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E aurait formulé une demande auprès de l'université afin de connaître les motifs justifiant le refus de sa candidature au master 1 génie de l'habitat. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation ne peut, en toute hypothèse, être accueilli.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'éducation dans sa rédaction alors applicable : " Les formations du deuxième cycle sont ouvertes au titulaire des diplômes sanctionnant les études du premier cycle (). / Les établissements peuvent fixer des capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle. L'admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat () ".
7. Il résulte des dispositions qui précédent que le président d'une université peut refuser l'accès à la première année de master à un étudiant qui a préalablement validé une licence sans pour autant porter atteinte au droit à l'instruction, le refus d'admission à une première année de master ne faisant pas obstacle à la poursuite des études dans un autre master.
8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le master 1 génie de l'habitat constitue l'un des deux parcours du master 1 mention énergétique et thermique, qui dispose d'une capacité d'accueil de 45 étudiants, selon la délibération du conseil d'administration de l'université 2020/03/CA-031 du 9 mars 2020. Au titre de l'année 2020/2021, 84 étudiants ont été admis dans cette première année de master, et 33 dans le parcours génie de l'habitat. Il résulte de ce qui précède qu'au moins 84 étudiants ont présenté leur candidature à ce master, dont au moins 33 étudiants pour le parcours génie de l'habitat, l'université ayant retenu un nombre de candidats supérieur à la capacité d'accueil du master en vue d'anticiper les éventuels désistements. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'université aurait commis une erreur de fait en considérant que la capacité d'accueil avait été atteinte et en refusant sa candidature alors que seuls 22 étudiants auraient, selon lui, présenté leur dossier.
9. En cinquième lieu, la décision par laquelle la commission pédagogique d'une université décide, après examen d'un dossier de candidature, de ne pas retenir le candidat en vue de son admission à une formation, constitue une décision par laquelle un jury procède à l'appréciation des mérites d'un candidat. Il ressort des pièces du dossier que la candidature de M. E a été examinée par une commission pédagogique pouvant être assimilée à un jury. Or, il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation des mérites d'un candidat portée par un jury, sauf à ce que l'appréciation soit fondée sur des considérations étrangères aux mérites du candidat. Dès lors, en l'absence de tout élément de nature à établir que l'appréciation de la commission pédagogique aurait porté sur des éléments autres que ses mérites, le moyen tiré par M. E de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
10. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du dossier Apogée de M. E, que l'université s'est fondée, pour prendre sa décision, sur les résultats qu'il a obtenus lors de ses années d'études précédentes et sur son comportement, et plus particulièrement sur les circonstances qu'il n'a pas validé les deux semestres de sa première année de licence 3 au titre de l'année 2018/2019, qu'il a été ajourné au titre de l'année 2019/2020 en étant ensuite admis à la session 2, et qu'il a fait preuve d'un absentéisme récurrent. Ainsi, en indiquant que le projet professionnel du requérant n'a pas convaincu le président de l'université afin d'être classé en rang utile par rapport aux autre candidats, le président de l'université n'a pas entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.
11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, celles présentées au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et celles relatives aux dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et à l'université Toulouse III Paul Sabatier.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
Mme Namer, conseillère,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
La rapporteure,
M. PETRI
Le président,
T. SORIN
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026