vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100324 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 janvier et 23 septembre 2021, M. A D, représenté par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2020 par lequel le président du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne portant inscription sur liste d'aptitude au titre de la promotion interne au grade de chef de police municipale ;
2°) d'annuler par voie de conséquence la nomination intervenue sur le fondement de cette liste d'aptitude ;
3°) d'enjoindre au centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne de procéder à l'établissement d'une nouvelle liste d'aptitude, au titre de la promotion interne au grade de chef de police municipale pour l'année 2020, et de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne ne produit pas la délibération de son conseil d'administration autorisant son président à ester en justice ;
- la commission administrative paritaire ne disposait pas d'informations suffisantes pour apprécier les mérites des candidats ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 juillet et 30 septembre 2021, le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne, représenté par Me Lecarpentier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2021, Mme C B, représentée par Me Magrini, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute de comporter des moyens ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 30 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 29 octobre suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2010-329 du 22 mars 2010 ;
- le décret n° 2011-444 du 21 avril 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de M. Mony, rapporteur public,
- les observations de Me Brouquières, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a intégré le cadre d'emploi des agents de police municipale par voie de mutation et a été affecté à Moissac (Tarn-et-Garonne) à compter du 1er août 2005. Il a présenté sa candidature afin de bénéficier d'une promotion interne au grade de chef de police municipale. Par arrêté du 10 décembre 2020, le président du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne a inscrit Mme B sur la liste d'aptitude au titre de la promotion interne au grade de chef de police municipale. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par M. D :
2. Par délibération du 19 novembre 2020, le conseil d'administration du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne a donné au président délégation afin notamment d'ester en justice. Par suite, les mémoires en défense du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne sont recevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 susvisé, dans sa rédaction alors en vigueur : " En vue de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration (), non seulement par voie de concours, selon les modalités définies au 2° de l'article 36, mais aussi par la nomination de fonctionnaires ou de fonctionnaires internationaux, suivant l'une des modalités ci-après : / () 2° Inscription sur une liste d'aptitude établie après avis de la commission administrative paritaire compétente, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. / Chaque statut particulier peut prévoir l'application des deux modalités ci-dessus, sous réserve qu'elles bénéficient à des agents placés dans des situations différentes. / Sans préjudice des dispositions du 1° du II de l'article 12-1 et de la deuxième phrase du premier alinéa de l'article 28, les listes d'aptitude sont établies () par le président du centre de gestion pour les fonctionnaires des cadres d'emplois, emplois ou corps relevant de sa compétence, sur proposition de l'autorité territoriale. () ".
4. Aux termes de l'article 4 du décret du 22 mars 2010 susvisé : " Les recrutements dans le premier grade interviennent : / () 2° Après inscription sur une liste d'aptitude établie en application des dispositions du 1° ou du 2° de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. / Les conditions d'inscription sur cette liste sont définies par les statuts particuliers de chaque cadre d'emplois relevant du présent décret. " Aux termes de l'article 1 du décret du 21 avril 2011 susvisé : " Les chefs de service de police municipale constituent un cadre d'emplois de police municipale de catégorie B au sens de l'article 5 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. / Ils sont régis par les dispositions du décret du 22 mars 2010 susvisé et par celles du présent décret. / Ce cadre d'emplois comprend les grades de chef de service de police municipale () ". Aux termes de l'article 6 de ce décret : " Les recrutements opérés au titre des 1° et 2° de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée interviennent dans le grade de chef de service de police municipale selon les modalités prévues au 2° de l'article 4 et aux articles 8, 9 et 30 du décret du 22 mars 2010 susvisé et selon les modalités suivantes. / Peuvent être inscrits sur la liste d'aptitude prévue au 2° de l'article 4 du décret du 22 mars 2010 susvisé : / 1° Les fonctionnaires relevant du cadre d'emplois des agents de police municipale et du cadre d'emplois des gardes champêtres comptant au moins huit ans de services effectifs dans leur cadre d'emplois en position d'activité ou de détachement et qui ont été admis à un examen professionnel organisé par les centres de gestion ; / 2° Les fonctionnaires relevant du cadre d'emplois des agents de police municipale titulaires du grade de brigadier-chef principal ou de chef de police comptant au moins dix ans de services effectifs dans leur cadre d'emplois en position d'activité ou de détachement. () ".
5. En premier lieu, si le requérant soutient que les membres de la commission administrative paritaire n'ont pas disposé d'informations suffisantes pour apprécier la valeur professionnelle respective des candidats promouvables, il n'assortit son moyen d'aucune précision alors que le centre de gestion en défense a produit les dossiers de candidature des deux candidats qui ont été examinés par les membres de la commission administrative paritaire. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
6. En second lieu, si M. D soutient que les mérites de sa candidature étaient supérieurs à ceux de la candidature de Mme B, notamment au regard de la taille des communes dans lesquelles ils sont respectivement affectés et de ce qu'il exerçait notamment l'encadrement d'une dizaine d'agents, il ressort des pièces du dossier que, sur la base des critères de promotion interne défini par le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne, dont le requérant ne conteste pas le bien-fondé, la candidature de M. D a obtenu 152 points, et celle de Mme B, qui justifie d'une ancienneté supérieure et d'un niveau de diplôme plus important, 154 points. Contrairement à ce que soutient M. D, Mme B disposait d'un agent sous ses ordres, et elle exerçait des missions comparables aux siennes ainsi que cela ressort de la description des missions de leurs postes respectifs. Par suite, alors que le requérant se borne pour l'essentiel à faire valoir les missions qu'il exerce, il n'établit pas que l'autorité territoriale aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des mérites respectifs des candidats remplissant les conditions pour être inscrits sur cette liste d'aptitude.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ce dernier la somme demandée par le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne et Mme B au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne et de Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme C B et au centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale de Tarn-et-Garonne.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bentolila, président,
Mme Matteaccioli, conseillère,
M. Leymarie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
Le rapporteur,
A. E
Le président,
P. BENTOLILALa greffière,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026