mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100806 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 12 février 2021 sous le n° 2100806, et des mémoires, enregistrés les 11 octobre, 29 novembre et 15 décembre 2021, la SARL ADONIS, représentée par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie de Toulouse a implicitement rejeté sa demande d'intégration de ses formations préparatoires aux brevets de technicien supérieur " économie sociale et familiale " et " services et prestations dans les secteurs sanitaire et social " à la plateforme Parcoursup ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Toulouse et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche d'inscrire ces deux formations diplômantes qu'elle dispense sur la plateforme Parcoursup ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa demande, dès lors que le rectorat de l'académie de Toulouse n'a pas répondu aux demandes d'intégration de ses formations sur la plateforme Parcoursup qu'elle a formées les 28 mars 2018 et 27 janvier 2020, en dépit de multiples relances ;
- si elle n'est ni un établissement public, ni un établissement privé sous contrat, ni un établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général, les formations qu'elle dispense conduisent à la validation du brevet de technicien supérieur, qui est un diplôme national de l'enseignement supérieur au sens des dispositions de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation ; elle considère que c'est à tort que les formations qu'elle dispense ne sont pas mentionnées par la liste arrêtée par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur le fondement de ces dispositions, et que ni la loi ni le règlement ne fixent de critères qui permettent à une formation d'être listée par l'arrêté ministériel prévu par ces mêmes dispositions ;
- dans la mesure où d'autres établissements privés ayant le même statut qu'elle et dispensant des formations conduisant à la validation du brevet de technicien supérieur sont inscrites sur la plateforme Parcoursup, il existe une différence de traitement qui n'est fondée sur aucun motif d'intérêt général ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article D. 612-1 du code de l'éducation, dès lors que les établissements privés hors contrat peuvent préparer à l'examen du brevet de technicien supérieur sans que leur formation fasse l'objet d'une reconnaissance spécifique par l'État.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 septembre, 27 octobre et 9 décembre 2021, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation lui renvoie directement le soin d'arrêter la liste des formations initiales dispensées par les établissements privés conduisant à un diplôme national de l'enseignement supérieur ou à un titre ou à un diplôme de l'enseignement supérieur délivré au nom de l'État qui font l'objet de la procédure nationale de préinscription ; elle précise que cette liste recouvre les établissements qui ont accepté un contrôle de l'État, destiné à garantir la qualité des formations, leur cohérence, ainsi que l'homogénéité de l'information délivrée aux étudiants sur la plateforme Parcoursup ;
- la différence de traitement qui existe entre les formations dispensées par des établissements publics, des établissements privés sous contrat ou des établissements d'enseignement supérieur privés d'intérêt général et les autres formations, dont l'inscription sur la plateforme Parcoursup est subordonnée à un arrêté ministériel, résulte de la loi ; elle indique que la circonstance que la société requérante dispense des formations conduisant à un diplôme reconnu par l'État ne la place pas dans la même situation que les établissements privés qui figurent sur Parcoursup, dont les formations ont fait l'objet d'un contrôle de l'État ;
- aucun autre moyen de la requête n'est fondé.
Le recteur de l'académie de Toulouse, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 15 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 10 janvier 2022 à midi.
II. Par une requête, enregistrée le 17 juin 2021 sous le n° 2103649, et des mémoires, enregistrés les 3 juin, 27 juillet et 29 juillet 2022, la SARL ADONIS, représentée par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 avril 2021 par laquelle la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a refusé d'intégrer à la plateforme Parcoursup ses formations préparatoires aux brevets de technicien supérieur " économie sociale et familiale ", " services et prestations dans les secteurs sanitaire et social ", " métiers de l'esthétique, de la cosmétique et de la parfumerie ", " diététique ", et " analyses de biologie médicale " ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Toulouse et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche d'inscrire ces formations diplômantes qu'elle dispense sur la plateforme Parcoursup ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'autorité signataire de l'acte ne justifie pas d'une délégation de signature en vigueur à la date de la décision attaquée ;
- la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ne justifie pas du respect de la procédure d'instruction de sa demande ;
- elle ne justifie pas d'un examen sérieux de sa demande ;
- les motifs opposés dans la décision attaquée, selon lesquels la phase de paramétrage des formations est close et les formations dont il est question ne sont pas reconnus par l'État, ne reposent sur aucun fondement légal ;
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 27 mars 2020 pris pour l'application de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation ;
- des établissements privés ne répondant pas aux conditions prévues par l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation sont inscrits sur la plateforme Parcoursup et qu'en refusant son intégration, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a méconnu le principe d'égalité ;
- la ministre ne saurait lui opposer que sa demande d'intégration à la plateforme Parcoursup est tardive, le calendrier s'étendant du 16 novembre au 15 décembre 2020, dès lors qu'elle a présenté sa première demande au cours de l'année 2018.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 mai et 24 juin 2022, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche a émis un avis défavorable à la reconnaissance par l'État des formations dispensées par la SARL ADONIS ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Le recteur de l'académie de Toulouse, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 26 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 octobre 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'arrêté du 27 mars 2020 pris en application de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation ;
- l'arrêté du 22 mars 2021 pris en application de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Farges, rapporteur public ;
- et les observations de Me Laclau, pour la SARL ADONIS.
Considérant ce qui suit :
1. Par une lettre du 27 janvier 2020, la SARL ADONIS, société du groupe ADONIS EDUCATION, qui dispense des formations initiales et continues dans le cadre d'établissements privés hors contrat, a sollicité auprès du recteur de l'académie de Toulouse l'intégration des formations qu'elle dispense conduisant à la délivrance des brevets de technicien supérieur " économie sociale et familiale " et " services et prestations dans les secteurs sanitaire et social " sur la plateforme Parcoursup. Une décision implicite de rejet, dont la requérante demande l'annulation, est née du silence gardé par l'administration sur cette demande.
2. Par une lettre du 23 décembre 2020, la SARL ADONIS a sollicité l'intégration des formations conduisant à la délivrance des brevets de technicien supérieur " économie sociale et familiale ", " services et prestations dans les secteurs sanitaire et social ", " métiers de l'esthétique, de la cosmétique et de la parfumerie ", " diététique ", et " analyses de biologie médicale " à la même plateforme Parcoursup. Cette demande a été implicitement rejetée. Par une lettre du 2 avril 2021, la société requérante a demandé la communication des motifs de ce refus et, par une lettre en réponse du 16 avril 2021, dont la société requérante demande également l'annulation, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a explicitement rejeté sa demande, en indiquant notamment que l'intégration sur la plateforme Parcoursup des formations dispensées par la SARL ADONIS n'est pas envisageable au titre de la session 2021.
Sur la jonction :
3. Les requêtes n° 2100806 et n° 2103649 ont le même objet, ont trait à la situation d'une même société et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, dès lors, de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le recteur de l'académie de Toulouse sur la demande formée par la SARL ADONIS le 27 janvier 2020 :
4. En premier lieu, si la SARL ADONIS semble soutenir que la décision implicite attaquée serait insuffisamment motivée, elle n'établit ni ne soutient avoir sollicité la communication des motifs de cette décision implicite, de sorte que ce moyen ne peut qu'être écarté. Par ailleurs, si la requérante semble également soutenir que la décision implicite en litige révèlerait un défaut d'examen sérieux de sa situation, en l'absence de toute réponse explicite aux deux demandes qu'elle a formées les 28 mars 2018 et 27 janvier 2020, et en dépit de plusieurs relances, cette seule circonstance ne suffit pas à établir que l'administration n'aurait pas sérieusement examiné ses demandes. Il ressort au contraire des pièces du dossier, s'agissant notamment de la première demande, que le rectorat de l'académie de Toulouse lui a adressé plusieurs courriels dans lesquelles des pièces complémentaires nécessaires à l'instruction du dossier ont été sollicités. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 443-2 du code de l'éducation : " Les conditions dans lesquelles les écoles techniques privées légalement ouvertes peuvent être reconnues par l'Etat sont fixées par décret en Conseil d'Etat. Le bénéfice de la reconnaissance peut toujours être retiré dans les mêmes conditions. / Les écoles techniques privées qui désirent obtenir la reconnaissance par l'Etat doivent en faire la demande au ministre chargé de l'éducation et soumettre à son approbation leurs plans d'études et leurs programmes. () ". Aux termes de l'article L. 612-3-2 du même code : " L'inscription dans une formation initiale du premier cycle de l'enseignement supérieur dispensée par un établissement privé sous contrat d'association ou par un établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général ou l'inscription dans toute formation initiale dont la liste est arrêtée par le ministre chargé de l'enseignement supérieur conduisant à un diplôme national de l'enseignement supérieur ou un titre ou diplôme de l'enseignement supérieur mentionné au I de l'article L. 6113-5 du code du travail est précédée de la procédure nationale de préinscription prévue au deuxième alinéa du I de l'article L. 612-3 du présent code. L'établissement définit, dans le respect du cadrage national arrêté par le ministre chargé de l'enseignement supérieur, les caractéristiques de chaque formation, qui sont portées à la connaissance des candidats au cours de cette procédure. () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 mars 2020 pris pour l'application de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation alors applicable : " La liste des formations prévue à l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation est établie selon le tableau figurant en annexe du présent arrêté. "
6. L'illégalité d'un acte administratif réglementaire ne peut être utilement invoquée par voie d'exception, à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure, que si cette dernière décision a été prise pour l'application de cet acte réglementaire ou s'il en constitue la base légale. Une telle exception peut être formée à toute époque, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a pour base légale l'arrêté du 27 mars 2020 pris en application de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation, acte réglementaire dont la légalité est contestée, de sorte que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cet arrêté est recevable.
8. Il résulte des travaux parlementaires préparatoires à l'adoption des dispositions de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation que " si les établissements privés sous contrat d'association et les établissements d'enseignement supérieur privés d'intérêt général correspondent à des catégories juridiques bien définies, il n'en va pas de même de l'ensemble des établissements privés proposant des formations conduisant à un diplôme national d'enseignement supérieur, dont un certain nombre échappent à tout contrôle de l'Etat sur la qualité de leurs enseignements ", et qu' " il convient que ne soient répertoriées dans la procédure nationale de préinscription que les seules formations initiales conduisant à un diplôme national d'enseignement supérieur qui sont reconnues par l'Etat, quelle que soit la procédure mise en œuvre par l'Etat pour leur délivrer cette reconnaissance. ". Il apparaît ainsi que l'un des objectifs de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable au présent litige, éclairée par les travaux parlementaires qui ont présidé à son adoption, est de s'assurer que l'intégration, sur Parcoursup, des établissements privés qui proposent des formations conduisant à un diplôme national d'enseignement supérieur, tels que la SARL ADONIS, et qui ne sont ni des établissements privés sous contrat d'association, ni des établissements d'enseignement supérieur privés d'intérêt général, soit soumise à une reconnaissance préalable par l'État, quelle qu'en soit la forme. Or, si la société requérante se prévaut de ce que ses modalités d'ouverture ont fait l'objet de la procédure prévue aux articles R. 731-1 et suivants du code de l'éducation, relatifs aux modalités d'ouverture des établissements d'enseignement supérieur privé, cet élément ne saurait caractériser une reconnaissance par l'État des formations qu'elle propose, prévue notamment à l'article L. 443-2 du même code, dès lors que l'ouverture de ces établissements est soumise à un simple régime déclaratif. Si elle se prévaut, en outre, de la certification " Qualiopi " dont elle a fait l'objet le 19 novembre 2021, cet élément, postérieur à la décision attaquée, ne saurait être pris en compte, en tout état de cause, alors même qu'il n'a ni pour objet ni pour effet d'établir une quelconque reconnaissance par l'État des formations proposées, au sens et pour l'application des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 27 mars 2020 pris en application de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation, doit être écarté.
9. En troisième lieu, le principe d'égalité ne s'oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu'il déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général, pourvu que, dans l'un ou l'autre cas, la différence de traitement soit en rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit.
10. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation doit être regardé comme établissant une distinction entre les établissements d'enseignement privés sous contrat d'association et les établissements d'enseignement supérieur privés d'intérêt général d'une part, qui font l'objet d'une reconnaissance par l'État, et les autres formations privées qui font l'objet d'une liste arrêtée par le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Si la société requérante fait état de ce que des établissements ayant le même statut qu'elle et dispensant les mêmes formations seraient intégrées à la plateforme Parcoursup, elle n'apporte aucun élément probant de nature à étayer cette simple allégation. Dès lors, la différence de traitement invoquée étant en rapport direct avec l'objet de la loi qui l'établit, éclairée par ses travaux préparatoires, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité doit être écarté.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article D. 612-1 du code de l'éducation : " I.- La procédure nationale de préinscription dans une formation initiale du premier cycle de l'enseignement supérieur mentionnée à l'article L. 612-3 est dématérialisée et gérée par un téléservice national, dénommé Parcoursup, placé sous la responsabilité du ministre chargé de l'enseignement supérieur. / La plateforme Parcoursup a pour objet : / - de délivrer aux candidats des informations sur les formations initiales du premier cycle de l'enseignement supérieur proposées par les établissements publics d'enseignement supérieur ainsi que par les établissements privés d'enseignement supérieur mentionnés au premier alinéa de l'article L. 612-3-2, notamment sur les caractéristique de ces formations, de nature à aider ces candidats à faire leur choix d'orientation ; / - de permettre à ces mêmes candidats de formuler des vœux d'inscription dans une ou plusieurs de ces formations pour l'année suivante ; / - de permettre aux établissements mentionnés aux articles L. 612-3 et L. 612-3-2 dispensant ces formations de recueillir les vœux d'inscription des candidats () ".
12. Il résulte de ce qui a été exposé aux points 8 et 10 qu'à supposer le moyen soulevé, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation, au regard des dispositions de l'article D. 612-1 du code de l'éducation, en refusant l'intégration des formations dispensées par la SARL ADONIS sur la plateforme Parcoursup dès lors notamment que cet établissement n'avait pas fait l'objet d'une reconnaissance par l'État des formations qu'elle dispense.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 16 avril 2021 :
13. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter de l'enregistrement de cet acte au recueil spécial mentionné à l'article L. 861-1 du code de la sécurité intérieure, lorsqu'il est fait application de cet article, ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatif aux affaires des services placés sous leur autorité: / 1° Les secrétaires généraux des ministères, les directeurs d'administration centrale, les chefs de service à compétence nationale mentionnés au premier alinéa de l'article 2 du décret du 9 mai 1997 susvisé et les chefs des services que le décret d'organisation du ministère rattache directement au ministre ou au secrétaire d'Etat ; / () Le changement de ministre ou de secrétaire d'Etat ne met pas fin à cette délégation, sous réserve des dispositions de l'article 4. "
14. En vertu de ces dispositions, Mme C B, nommée directrice générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation par un décret du 17 juillet 2019, publié au Journal officiel de la République française le lendemain, avait compétence pour signer la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en droit et en fait.
15. En deuxième lieu, si la SARL ADONIS soutient que la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ne justifie pas du " respect de la procédure d'instruction de sa demande ", ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peut donc qu'être écarté.
16. En troisième lieu, la société requérante ne saurait valablement soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande, dès lors qu'elle évoque précisément les termes de ladite demande, formée par un courrier du 2 avril 2021, le calendrier des intégrations de formations dans la plateforme Parcoursup et son application à cette demande, ainsi que des considérations relatives à son statut, ou encore l'absence de reconnaissance par l'État des formations qu'elle dispense. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
17. En quatrième lieu, aux termes de l'article D. 612-1-2 du code de l'éducation : " Le calendrier de la procédure nationale de préinscription est défini annuellement par le ministre chargé de l'enseignement supérieur. Ce calendrier précise notamment les dates d'ouverture et de clôture des phases principale et complémentaire ainsi que les dates et échéances opposables aux candidats ainsi qu'aux établissements dispensant des formations initiales du premier cycle de l'enseignement supérieur qui sont proposées sur la plateforme Parcoursup. "
18. Il résulte de ces dispositions que la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche était compétente pour adopter une note de cadrage relative à la procédure nationale de préinscription sur la plateforme Parcoursup, comportant des échéances applicables aux établissements dispensant des formations initiales du premier cycle de l'enseignement supérieur. Par suite, la société requérante ne saurait soutenir que le motif qui lui est opposé, selon lequel la phase de paramétrage des formations était close à la date de sa demande, serait dépourvu de base légale.
19. En cinquième lieu, pour le même motif que celui exposé au point 8, la société requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de l'arrêté du 27 mars 2020 pris en application de l'article L. 612-3-2 du code de l'éducation, lequel avait au demeurant été abrogé et remplacé par l'arrêté du 22 mars 2021 à la date de la décision attaquée.
20. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 et 10, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche n'a pas méconnu le principe d'égalité en refusant l'intégration des formations dispensées par la SARL ADONIS sur la plateforme Parcoursup.
21. En dernier lieu, la circonstance que la société avait formé une première demande d'intégration de ses formations sur la plateforme Parcoursup en 2018, ainsi que cela ressort des pièces du dossier, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors qu'il n'est pas contesté, par l'intéressée, qu'elle n'a pas saisi cette demande entre le 16 novembre et le 15 décembre 2020, ainsi que le prévoit la note de cadrage réglementaire du ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, relative aux opérations de saisie des demandes de référencement sur la plateforme Parcoursup effectuées par les établissements dispensant une formation du premier cycle de l'enseignement supérieur, au titre de la session 2021.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SARL ADONIS au titre des requêtes n° 2100806 et n° 2103649 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'elle présente à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de la SARL ADONIS, sous les n° 2100806 et n° 2103649, sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL ADONIS et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
La rapporteure,
M. PETRI
Le président,
T. SORIN
La greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2100806, 2103649
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026