LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2101972

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2101972

mardi 4 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2101972
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantMIREPOIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés les 8 avril, 21 septembre 2021 et 21 septembre 2022, Mme D A, représentée par Me Mirepoix, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 2 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son agrément d'assistante maternelle ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Haute-Garonne de statuer sur sa demande d'agrément dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du département de la Haute-Garonne la somme de 3 000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dans la mesure où aucun procès-verbal du déroulement de la séance de la commission consultative paritaire départementale, qui a eu lieu le 1er avril 2021, ne lui a été transmis et qu'en tout état de cause le président du département ne justifie pas de la régularité de la composition de cette commission ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que le président du conseil départemental n'établit pas qu'elle aurait effectivement manqué à certaines recommandations des autorités de santé ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de sa communication avec les enfants qu'elle garde et avec les parents de ces derniers ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant des qualificatifs péjoratifs qu'elle utiliserait pour désigner les enfants ;

-elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant des manquements qui lui sont reprochés dans la cadre de sa collaboration avec les services de la protection maternelle et infantile ;

- la décision attaquée est en tout état de cause disproportionnée.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 12 août 2021 et 13 juillet 2022, le département de la Haute-Garonne, représenté par le président du conseil départemental, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- contrairement à ce qu'affirme la requérante dans ses écritures, la décision attaquée n'est pas une décision de retrait d'agrément maternelle et, par ailleurs, elle ne constitue pas une sanction ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Un mémoire enregistré le 20 octobre 2021 pour le département de la Haute-Garonne n'a pas été communiqué.

Par ordonnance du 23 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code général des collectivités territoriales,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Zabka ;

- les conclusions de M. Luc, rapporteur public ;

- et les observations de Mme C, représentant le département de la Haute-Garonne.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A a été agréée en qualité d'assistante maternelle le 1er mars 2016 pour deux enfants puis pour trois enfants, dont un de plus de 18 mois, à partir du 3 septembre 2018. Par une décision du 15 septembre 2020, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne lui a retiré son agrément. Le 16 novembre 2020, Mme A a formé deux requêtes tendant respectivement à l'annulation et à la suspension de cette décision. Par une ordonnance du 3 décembre 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a fait droit à sa requête en référé. En exécution de cette ordonnance, le département de la Haute-Garonne a restitué son agrément à Mme A, dans l'attente du jugement de la requête en annulation, par une lettre du 17 décembre 2020. Mme A a sollicité le renouvellement de son agrément le 5 janvier 2021 et, par la décision contestée du 2 avril 2021 prise après avis de la commission consultative paritaire départemental, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a rejeté sa demande. Cette décision a été suspendue par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le 3 mai 2021. Par la présente requête, Mme A en demande l'annulation.

En ce qui concerne la légalité externe de la décision attaquée :

2. Aux termes de l'article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles : " Lorsque le président du conseil départemental envisage de retirer un agrément, d'y apporter une restriction ou de ne pas le renouveler, il saisit pour avis la commission consultative paritaire départementale mentionnée à l'article R. 421-27 en lui indiquant les motifs de la décision envisagée. / L'assistant maternel ou l'assistant familial concerné est informé, quinze jours au moins avant la date de la réunion de la commission, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, des motifs de la décision envisagée à son encontre, de la possibilité de consulter son dossier administratif et de présenter devant la commission ses observations écrites ou orales. () ".

3. D'une part, s'il résulte des dispositions précitées que la règle de la parité s'impose pour la composition de la commission consultative paritaire départementale, en revanche, ni les dispositions précitées, ni aucune autre règle, ni enfin aucun principe ne subordonnent la régularité des délibérations de la commission consultative paritaire départementale à la présence en nombre égal de représentants du département et de représentants des assistants maternels et familiaux agréés. D'autre part, et au demeurant, le règlement intérieur de la commission du 27 janvier 2020 a fixé de manière paritaire sa composition, celle-ci étant constituée de dix membres titulaires, soit cinq représentants des assistants maternels et familiaux et cinq représentants du département. Dans ces conditions, la seule circonstance que l'avis a été rendu dans une formation qui ne comportait pas ce jour-là à parité des représentants du département et des assistants maternels agréés n'est pas de nature à entacher l'avis émis d'irrégularité. Par ailleurs, la circonstance qu'aucun assistant familial n'était présent parmi les membres du collège des assistants maternels et familiaux agréés le jour de la séance de la commission consultative paritaire départementale est, en l'absence de toute disposition le prévoyant, sans incidence sur la régularité de cet avis. Au demeurant, il n'est pas contesté que l'ensemble des représentants des assistants maternels et familiaux ont été convoqués à cette séance de la commission. Enfin, le procès-verbal de la commission consultative paritaire départementale du 1er avril 2021 mentionne la répartition des votes, contrairement à ce que soutient la requérante.

4. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne la légalité interne de la décision attaquée :

5. Selon l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / Un référentiel approuvé par décret en Conseil d'Etat fixe les critères d'agrément. () L'agrément est accordé () si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs (), en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. Les modalités d'octroi ainsi que la durée de l'agrément sont définies par décret. () ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au président du conseil départemental pour accorder ou renouveler l'agrément d'un assistant maternel de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est exposé à de tels comportements ou risque de l'être. Par ailleurs, si la légalité d'une décision doit être appréciée à la date à laquelle elle a été prise, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de tenir compte, le cas échéant, d'éléments factuels antérieurs à cette date mais révélés postérieurement.

6. Il ressort des termes de la décision attaquée que le non-renouvellement de l'agrément d'assistante maternelle de Mme A est fondé sur l'inapplication des recommandations des autorités de santé en matière de couchage visant à prévenir la mort inexpliquée du nourrisson, des manquements dans la communication de l'intéressée avec les enfants qu'elle garde, un manque d'adaptation aux besoins respectifs des enfants en fonction de leur âge dans certaines situations, des propos jugés stigmatisants vis-à-vis de certains enfants, des difficultés dans sa relation avec les parents des enfants qu'elle garde, une posture professionnelle de manière générale peu adaptée aux fonctions d'assistante maternelle et, enfin, un manque de collaboration avec les services de la protection maternelle et infantile.

7. En premier lieu, s'agissant de l'absence d'application des recommandations de couchage visant à prévenir la mort inexpliquée du nourrisson de la Haute Autorité de Santé, publiées en février 2020, il n'est pas reproché à Mme A d'avoir, pour un enfant en particulier qui bénéficiait d'une ordonnance médicale, recouru à un plan incliné mais plutôt de ne pas considérer cette pratique comme exceptionnelle et, ainsi, de ne pas mettre en œuvre ses connaissances théoriques au regard des exigences de sécurité et de santé. Par ailleurs, la requérante ne dément pas avoir également couché un enfant tout habillé dans sa gigoteuse alors même qu'il est recommandé de ne pas trop couvrir un enfant afin d'éviter une montée soudaine de température.

8. En deuxième lieu, s'agissant de la posture professionnelle de Mme A à l'égard des parents, il ressort des pièces du dossier que dès 2016, première année d'exercice de l'intéressée en tant qu'assistante maternelle, des situations conflictuelles avec les parents ont été signalées conduisant à des ruptures de contrat dans au moins quatre situations. Par ailleurs, trois plaintes de parents ont été adressées au service de la protection maternelle et infantile du département en 2017 et 2020. Peu importe à cet égard que Mme A justifie de la confiance de certains parents employeurs. En outre, l'évaluation psychologique de Mme A, réalisée dans le cadre de l'instruction de la demande de renouvellement de son agrément, conclut que la requérante, bien que d'un abord très avenant, souffre d'avidité affective et cherche en permanence à séduire son entourage et présente des traits de personnalité qui peuvent la conduire à adopter des comportements qui ne sont pas conformes à ceux que l'on peut attendre d'une assistante maternelle. La note psychologique fait également état d'un rapport fragile à la réalité et d'une incapacité à se remettre en question. Dans ces conditions, et alors même que Mme A produit un certificat médical du docteur E B, médecin généraliste, daté du 30 novembre 2020, se bornant à indiquer qu'elle ne présente aucune contre-indication médicale, ainsi que l'évaluation psychologique à laquelle elle avait été soumise le 7 juin 1999 dans le cadre de l'obtention d'un agrément d'adoption, la requérante n'apparaît pas apte à la communication et au dialogue nécessaire pour l'établissement de bonnes relations avec les parents des enfants qu'elle garde et ne présente pas les capacités d'information de ces derniers exigées par les fonctions d'assistante maternelle.

9. En troisième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'évaluation psychologique de Mme A, que celle-ci a tendance à adopter une position de toute puissance et se remet difficilement en question, rendant ainsi difficile l'accompagnement effectué par les services de la protection maternelle et infantile du département. Il ressort également des pièces du dossier que la requérante a persisté dans sa conduite avec les enfants et a même opposé des résistances malgré plusieurs mises en garde qui lui ont été adressées. Dans ces conditions, Mme A ne présente pas non plus les qualités d'écoute et de remise en question attendues dans les fonctions qu'elle occupait.

10. A raison de ces seuls éléments, c'est sans erreur de droit, sans erreur de fait et sans erreur d'appréciation que le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a refusé de renouveler l'agrément d'assistante maternelle de Mme A au motif qu'elle ne garantissait plus la santé, la sécurité et l'épanouissement des enfants accueillis. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au président du conseil départemental de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2023 à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. Déderen, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.

Le rapporteur,

N. ZABKA

Le président,

J-C. TRUILHÉ

La greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions