jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102395 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | CABINET IOSCA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2021, M. A B, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 26 mars 2021 par lequel le préfet du Lot a suspendu son permis de conduire pour une durée de cinq mois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Lot de lui restituer son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la signification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- alors que la décision par laquelle l'autorité préfectorale suspend la validité d'un permis de conduire constitue une mesure de police et que, par conséquent, elle doit être motivée en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, la décision du préfet du Lot ne mentionne pas le texte prévoyant et réprimant l'infraction, ni les faits qui fonderaient sa décision, l'arrêté préfectoral indiquant uniquement " vitesse autorisée : 080 km/h / vitesse retenue : 139 km/h ", étant de surcroît notable que l'excès de vitesse qu'il aurait commis n'est pas déterminable puisqu'il n'est pas indiqué sur l'arrêté querellé la vitesse relevée à son encontre ;
- si le préfet du Lot a utilisé la procédure d'urgence prévue par l'article L. 224-2 du code de la route, le recours à cette procédure ne saurait le priver des droits garantis par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et de la possibilité pour lui de faire valoir ses observations avant qu'une décision procédant à la suspension de son permis de conduire ne soit prise, étant précisé que le degré de gravité de l'infraction reprochée consistant en un excès de vitesse n'est pas de nature à créer par elle-même une situation d'urgence ou que le recours à la procédure contradictoire serait de nature à compromettre l'ordre public ;
- aucune pièce du dossier n'indique l'identité de l'appareil ayant servi à enregistrer l'infraction qui lui est reprochée, de sorte que bien qu'il soit inscrit que cet appareil est homologué, il est impossible de s'en assurer et aucune mention d'un organisme vérificateur n'est indiquée au dossier.
Cette requête a été communiquée le 27 avril 2021 au préfet du Lot qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Une mise en demeure a été adressée le 8 septembre 2021 au préfet du Lot en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 modifié, relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande l'annulation de l'arrêté en date du 26 mars 2021 par lequel le préfet du Lot a suspendu son permis de conduire pour une durée de cinq mois.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de motivation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; () et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation () doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
3. La décision attaquée vise les dispositions normatives applicables et notamment les articles L. 224-1 et L. 224-2 du code de la route et indique que M. B a commis le 25 mars 2021 à 16h40 à Vayrac une infraction prévue par l'article L. 224-2 du code de la route, soit un dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée. Elle énonce que l'intéressé, dont la vitesse retenue est de 139 km/h pour une vitesse autorisée de 80 km/h, représente un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même. Elle comporte, ainsi, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'elle serait insuffisamment motivée.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire :
4. Aux termes de l'article L.121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". En application de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles () " et aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. () "
5. Compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, qui doit être prise dans les 72 heures, ce qui est le cas en l'espèce, et qui a pour objet de faire obstacle à ce qu'un conducteur qui a dépassé de 40 km/h ou plus la vitesse maximale autorisée, retrouve l'usage de son véhicule, le préfet peut légalement, en application du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration cité ci-dessus, se dispenser de cette formalité.
6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a été contrôlé le 25 mars 2021, à 16h40, conduisant son véhicule à la vitesse retenue de 139 km/h pour une vitesse autorisée de 80 km/h, soit un dépassement de 59 km/h de la vitesse maximale autorisée. Ces circonstances étaient de nature à faire regarder le conducteur comme représentant un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route et pour lui-même. Ainsi, l'intéressé entrait bien dans le champ d'application des dispositions du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire préalable doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré des circonstances du contrôle de la vitesse du véhicule :
7. Le moyen tiré de ce qu'il n'est pas établi que le contrôle de la vitesse du véhicule conduit par M. B a été effectué par un appareil homologué, fiable et qui a fait l'objet d'une vérification périodique et qu'il n'est fait aucune mention de l'organisme qui a procédé à la vérification du cinémomètre, tend à remettre en cause l'élément matériel de l'infraction, ce qui relève de la seule compétence du juge pénal. Dès lors le moyen ne peut qu'être écarté comme étant inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2021 par lequel le préfet du Lot a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de cinq mois.
Sur les conclusions en injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution.".
10. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.
(Copie en sera délivrée au préfet du Lot)
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
La présidente,
Isabelle Carthé Mazères
Le greffier,
Baptiste Roets
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
Le greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026