vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102558 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | VACARIE & DUVERNEUIL AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 mai 2021 et le 23 septembre 2021, Mme B C demande au tribunal de condamner la commune de Saint-Rémy à lui verser une somme de 36 177,64 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Elle soutient que :
- ses conclusions indemnitaires présentées par sa requête du 8 août 2016 ont été rejetées dès lors qu'elle n'avait pas formé de demande préalable indemnitaire auprès de la commune, mais elle a, par la suite, formé une demande indemnitaire par courrier du 11 février 2019 et par courrier du 25 mars 2021 ;
- elle a subi, en raison de son licenciement, un manque à gagner correspondant à la différence entre, d'une part, les sommes qu'elle a perçues au titre des allocations d'aide au retour à l'emploi et au titre des missions d'intérim qu'elle a effectuées et, d'autre part, le salaire qu'elle aurait dû percevoir jusqu'à la fin de son contrat de travail, et ce préjudice doit être évalué à la somme de 10 230,64 euros ;
- elle a subi un préjudice moral pouvant être évalué à la somme de 25 947 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2021, la commune de Saint-Rémy, représentée par Me Duverneuil, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est tardive.
Par ordonnance du 30 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Namer, rapporteure,
- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, recrutée à compter du 1er juillet 2015 par la commune de Saint-Rémy (Aveyron), par la voie d'un contrat à durée déterminée de trois mois, en qualité d'adjoint administratif en vue d'exercer à temps complet les fonctions de secrétaire de mairie, a bénéficié d'un contrat à durée déterminée de trois ans à compter du 1er octobre 2015 en vue d'exercer les mêmes fonctions et selon les mêmes modalités. Par un arrêté du 10 juin 2016, le maire de la commune de Saint-Rémy l'a licenciée pour insuffisance professionnelle, avec effet au 27 juillet 2016. Par un second arrêté du 27 juillet 2016, cette même autorité a modifié la date d'effet de ce licenciement pour la porter au 28 juillet 2016. Par un jugement n° 1603611 du 4 décembre 2018, le tribunal administratif a annulé l'arrêté du 10 juin 2016 la licenciant pour insuffisance professionnelle, au motif que cet acte était entaché d'inexactitude matérielle et d'erreur d'appréciation, et a également annulé, par voie de conséquence, l'arrêté du 27 juillet 2016 fixant la date d'effet du licenciement. Par un arrêt n° 19BX00498 du 22 février 2021, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté la requête formée par la commune de Saint-Rémy contre le jugement du tribunal.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Rémy :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a formé deux réclamations préalables indemnitaires auprès du maire de Saint-Rémy, l'une par courrier du 11 février 2019 reçu le lendemain, l'autre par courrier du 5 mars 2021 reçu le 29 mars suivant. La commune soutient que la décision implicite de rejet de la seconde demande indemnitaire préalable est confirmative de la décision expresse du 19 février 2019 qui a rejeté la première demande. Il résulte toutefois de l'instruction que, le 22 février 2021, un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux est intervenu sur l'appel formé par la commune, par lequel la cour a rejeté la requête en appel de la commune et ainsi confirmé l'annulation de la décision du 10 juin 2016 portant licenciement pour insuffisance professionnelle de Mme C. Dès lors que Mme C fonde ses demandes indemnitaires sur l'illégalité de cette décision, l'arrêt de la cour administrative d'appel doit être regardé comme une nouvelle circonstance de fait intervenue postérieurement à la décision du 19 février 2019 portant rejet de la demande préalable indemnitaire de Mme C. Il suit de là que la décision implicite de rejet de sa seconde demande préalable indemnitaire ne peut pas être regardée comme étant confirmative de la première. La demande de Mme C n'est donc pas irrecevable, et la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la commune de Saint-Rémy doit être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires de Mme C :
4. En licenciant Mme C illégalement, le maire de Saint-Rémy a commis une faute de nature à engager la responsabilité de la commune.
5. Mme C est fondée à demander l'indemnisation du préjudice matériel tiré de son manque à gagner, correspondant à la différence entre les sommes qu'elle aurait dû percevoir à titre de salaire entre la date de prise d'effet de son licenciement, le 28 juillet 2016, et la date de fin de son contrat, le 30 septembre 2018, et les sommes qu'elle a perçues au titre des allocations de retour à l'emploi et des rémunérations de contrats intérimaires qu'elle a exécutés sur cette période. Le montant de ce préjudice s'élève à la somme non contestée de 10 230,64 euros.
6. Mme C demande également la réparation de son préjudice moral, en faisant valoir le caractère vexatoire de cette rupture illégale de contrat, et en affirmant qu'elle s'est trouvée dans l'obligation de déménager pour trouver un autre emploi à la suite de son licenciement. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui octroyant la somme de 3 000 euros.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander la condamnation de la commune de Saint-Rémy à lui verser la somme de 13 230,64 euros en réparation de ses préjudices.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme C, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Saint-Rémy la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Saint-Rémy est condamnée à verser à Mme C la somme de 13 230,64 euros (treize mille deux cent trente euros et soixante-quatre centimes d'euros).
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Rémy présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Saint-Rémy.
Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Bernos, premier conseiller,
Mme Namer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
S. NAMER
Le président,
P. GRIMAUD La greffière,
M. ALRIC
La République mande et ordonne à la préfète de l'Aveyron en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026