mercredi 2 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102725 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mai 2021 et un mémoire enregistré le 30 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Panfili, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du maire de la commune de Nohic en date du 15 février 2021 portant retenue sur rémunération pour absence de service fait de 2/30e sur son traitement du mois de février 2021 ;
2°) d'annuler la décision de mutation d'office prise à son encontre par la même autorité le 28 janvier 2021 ;
3°) d'enjoindre à la commune de Nohic de la réintégrer sur un poste d'animation correspondant à son grade, ce sous astreinte de 500 euros par jour à compter de la notification du jugement ;
4°) de condamner la commune de Nohic à lui payer la somme de 12 500 euros en réparation de son préjudice moral, des troubles de l'existence et de la perte de revenus subis ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Nohic la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été victime d'un harcèlement moral de la part de la commune de Nohic, son employeur, dont les agissements répétés se caractérisent par une mutation d'office abusive sur un poste d'agent d'entretien, l'infliction d'une sanction déguisée, des sollicitations indues pendant son congé maladie, en particulier une convocation en vue d'un entretien avec la directrice générale des services dont les propos auraient été violents, humiliants et menaçants, puis une convocation à une expertise médicale, une retenue sur rémunération et des procédures disciplinaires abusives, enfin la dégradation de ses conditions de travail, attentatoire à ses droits et à sa dignité ;
- l'arrêté de retenue sur rémunération en date du 15 février 2021 est entaché d'une violation de la loi au regard des dispositions de l'article 2 du décret n° 2014-1133 du 3 octobre 2014 ;
- la décision par laquelle la commune de Nohic l'a mutée d'office sur un poste d'agent d'entretien est entachée d'un vice de procédure résultant de l'absence de consultation préalable de la commission administrative paritaire ;
- cette décision est illégale car, assimilable à une mutation interne, elle ne pouvait intervenir que sur sa demande et devait lui être notifiée dans un délai raisonnable.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 novembre 2021, la commune de Nohic, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête de Mme A est irrecevable en tant qu'elle demande la réintégration à son poste d'animatrice, cette affectation ne constituant qu'une mesure d'ordre intérieur ;
- que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bouisset, rapporteure,
- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,
- et les observations de Me Calmette, substituant Me Courrech, représentant la commune de Nohic.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agent territorial, a été recrutée par la commune de Nohic à compter du 1er novembre 2019 pour exercer comme animatrice à temps partiel au centre de loisirs associé à l'école (CLAE). Le 28 janvier 2021 au matin, elle s'est vu remettre un planning modificatif. Elle a quitté son poste le jour même et a adressé à son employeur, le 1er février 2021, un arrêt de travail rétroactif au 28 janvier 2021 et courant jusqu'au 1er mars 2021 en raison, selon ce document d'un " état anxieux ". Par arrêté du 15 février 2021, le maire de Nohic a décidé de retenir les 2/30e de son salaire de février pour absence de service fait. Le 8 mars 2021, Mme A a adressé à la commune de Nohic un recours préalable demandant l'annulation de cette retenue sur rémunération, le remboursement des sommes correspondantes, la transmission du rapport de l'auditeur externe ayant examiné le fondement du CLAE de Nohic, sa réintégration sur un poste d'animation et le versement de la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices consécutifs aux fautes qu'elle impute à la collectivité. Une décision implicite de rejet est née le 11 mars 2021 du silence de la commune sur ces différentes demandes.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision du maire de la commune de Nohic en date du 15 février 2021 portant retenue sur rémunération pour absence de service fait :
2. Par un virement bancaire du 27 août 2021, postérieur à l'introduction du recours, la commune de Nohic a rapporté la retenue sur rémunération attaquée en créditant le compte bancaire de Mme A d'un rappel de traitement indiciaire de 241,86 euros correspondant à la période du 28 janvier au 31 janvier 2021. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de cette retenue sur rémunération ordonnée le 15 février 2021 sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
En ce qui concerne la décision de changement d'horaires du 28 janvier 2021 :
3. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination, est irrecevable.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, agent territorial, s'est vu remettre par son employeur le jeudi 28 janvier 2021 un calendrier horaire de travail dont elle soutient qu'il a modifié ses attributions en lui retirant l'animation des temps de périscolaire et en la cantonnant uniquement à des tâches d'entretien. Or, à supposer même que ces nouveaux horaires, dont le contenu est strictement similaire pour les journées du 28 et du 29 janvier 2021 à celui des journées précédentes des 25, 26 et 27 janvier 2021, ait introduit quelque modification dans les attributions ou les horaires de la requérante, il n'est pas contesté que cette mesure a été prise dans l'intérêt du service, en vue de mettre fin, d'une part à des incidents répétés avec des enfants dont elle avait la charge, d'autre part à des difficultés relationnelles entre Mme A et plusieurs de ses collègues du service enfance jeunesse.
5. Ce changement d'affectation, qui ne présente pas le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée et dont il n'est pas démontré qu'il traduirait une discrimination, n'a entraîné pour Mme A ni diminution de ses responsabilités ni perte de rémunération. Il est en outre intervenu au sein de la même commune et sans qu'une atteinte quelconque soit portée aux droits statutaires ou aux droits et libertés fondamentaux de la requérante. Par suite, et alors même que cette mesure de changement d'affectation a été prise pour des motifs tenant au comportement de celle-ci, elle présente le caractère d'une mesure d'ordre intérieur, qui ne fait pas grief et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Dès lors, la demande de Mme A, en tant qu'elle sollicite l'annulation de cette décision et la réintégration sur un poste d'animation correspondant à son grade, est irrecevable et doit être rejetée, y compris ses conclusions accessoires aux fins d'injonction.
En ce qui concerne la décision implicite rejetant la demande indemnitaire :
6. La décision implicite du maire de la commune de Nohic rejetant la demande préalable de Mme A a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de cette demande de la requérante qui, en formulant des conclusions indemnitaires, a entendu saisir le tribunal d'un recours de plein contentieux sur ce point. Au regard de l'objet de la demande formée par Mme A, qui conduit le juge à se prononcer sur ses droits à indemnisation, les vices propres dont serait, le cas échant, entachée la décision par laquelle l'administration a rejeté sa réclamation préalable, sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions dirigées contre cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. En premier lieu, aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur, devenu l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour être qualifiés de harcèlement moral, de tels faits répétés doivent excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique ; dès lors qu'elle n'excède pas ces limites, une simple diminution des attributions justifiée par l'intérêt du service, en raison d'une manière de servir inadéquate ou de difficultés relationnelles, n'est pas constitutive de harcèlement moral.
8. Mme A, animatrice au CLAE depuis le 1er novembre 2019, soutient que les horaires de service qui lui auraient été communiqués à 11h15 le 28 janvier 2021 pour exécution immédiate doivent s'analyser en une mutation d'office avec rétrogradation à des fonctions exclusives d'agent d'entretien qui ne correspondent pas à son grade et s'inscrivent dans la volonté de lui infliger une sanction disciplinaire déguisée. Elle fait ensuite valoir que ces événements, suivis par un entretien qu'elle estime humiliant et menaçant conduit le 16 février 2021 par la directrice générale des services de la commune durant son arrêt de travail, une convocation pour le 13 avril 2021 à une expertise médicale et une procédure disciplinaire parallèle constituent autant d'agissements répétés caractérisant une situation de harcèlement moral.
9. Ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent jugement, il résulte de l'instruction, d'une part, que le calendrier modifié du 28 janvier 2021 pour le jour même et le lendemain ne se distingue des jours précédents ni au regard des horaires, ni au regard des taches de ménage à accomplir dans la cantine, la maternelle et l'espace sieste, ces dernières s'avérant déjà majoritaires au regard du temps d'animation durant les 25, 26 et 27 janvier 2021. Dès lors, faute pour la requérante de produire au dossier toute autre feuille de service antérieure, aucun élément ne permet d'établir que la commune aurait ainsi décidé une mutation d'office ou une sanction déguisée. D'autre part, aucun élément du dossier ne démontre que l'entretien du 16 février 2021 avec la directrice générale des services se soit déroulé dans des conditions anormales, le compte rendu de cet entretien, dressé par la requérante elle-même et corroboré par les deux témoins de la procédure, ne faisant état d'aucun propos excédant les limites normales du pouvoir hiérarchique compte tenu des difficultés rencontrées dans le service et faisant au contraire état de la compassion manifestée par sa directrice en début d'entrevue.
10. Si Mme A fait aussi valoir qu'elle a fait l'objet de deux procédures disciplinaires successives, leur caractère abusif n'est nullement démontré, plusieurs témoignages accréditant, d'une part, l'agressivité et les propos déplacés dont la requérante a fait preuve à l'égard du maire de la commune le 28 janvier 2021 avant d'abandonner son poste, les termes employés, d'autre part, par Mme A dans son courrier du 8 mars 2021 au sujet de son entretien du 16 février 2021 alléguant les humiliations, menaces et intimidations de la directrice générale des services à son égard apparaissant sinon diffamants, du moins contraires aux devoirs de réserve et de loyauté de tout agent public. Par ailleurs, la requérante produit elle-même le courrier du maire de Nohic en date du 27 avril 2021 l'informant de l'abandon, avant même l'introduction de sa requête, de la première procédure disciplinaire engagée à son encontre qui visait à obtenir une sanction du troisième groupe et il résulte de l'instruction que son employeur l'a également informée, par courrier recommandé du 18 novembre 2021, de l'abandon de la deuxième procédure disciplinaire engagée le 5 mai 2021 aux fins de lui voir délivrer un avertissement, soit une sanction du premier groupe, pour les faits précités. Au demeurant, ces procédures successivement abandonnées ont été engagées les 16 mars et 5 mai 2021, soit après la demande indemnitaire préalable du 8 mars 2021 formulée par Mme A en réparation du harcèlement moral allégué. Il s'ensuit qu'à supposer même que ces procédures aient été abusives, elles ne caractérisent nullement l'existence d'un quelconque harcèlement moral à l'endroit de la requérante.
11. La circonstance que Mme A ait été convoquée par courrier recommandé du 8 avril 2021 à une expertise médicale, soit durant son arrêt de travail, n'est pas davantage susceptible de caractériser l'existence d'un quelconque agissement constitutif d'un harcèlement moral, ladite expertise s'inscrivant dans le cadre de la saisine de la commission de réforme, dont l'avis est obligatoire pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident de service dont la requérante s'est réclamée pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service.
12. Compte tenu de l'ensemble de ce qui précède, il ne résulte pas de l'instruction que les faits que Mme A dénonce soient constitutifs d'agissements répétés de harcèlement moral dont elle aurait été victime à l'occasion de ses fonctions, au sens des dispositions de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires de la collectivité qui l'employait.
13. D'autre part, aux termes des dispositions du troisième alinéa de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 dans sa version applicable au litige, dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 134-5 du code général de la fonction publique : " La collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ". Ces dispositions établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
14. Il ne résulte d'aucun élément de l'instruction que la commune de Nohic aurait failli à son obligation de protection et de sécurité à l'endroit de Mme A, qui n'a du reste présenté aucune demande de protection fonctionnelle et qui ne rapporte aucun fait objectif susceptible de caractériser le moindre manquement de la collectivité à ce titre. Au demeurant, postérieurement à l'arrêt de travail de son agent et malgré les griefs susceptibles d'être articulés à son égard dans le cadre de la procédure disciplinaire, la commune établit avoir saisi la commission de réforme et accordé à titre provisoire à la requérante un congé pour invalidité temporaire imputable au service par arrêtés successifs des 5 juillet et 17 novembre 2021 avant même que la commission de réforme, réunie le 15 décembre 2021, n'émette un avis sur la situation de Mme A.
15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'établit pas l'existence de fautes de la commune de Nohic de nature à engager la responsabilité de celle-ci à son égard. Par suite, elle n'est pas fondée à demander la condamnation de cette administration à l'indemniser des préjudices allégués.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nohic, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans le présent litige, la somme demandée par Mme A au titre des frais liés au litige. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée par la commune de Nohic en faisant application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A le versement à la commune de Nohic de la somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à voir annuler la décision du maire de la commune de Nohic en date du 15 février 2021 portant retenue sur rémunération pour absence de service fait.
Article 2 : Le surplus des conclusions de Mme A est rejeté.
Article 3 : Mme A versera à la commune de Nohic la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Nohic.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Grimaud, président,
Mme Karline Bouisset, première conseillère,
Mme Emma Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2025.
La rapporteure,
K. BOUISSET
Le président,
P. GRIMAUD
La greffière,
M.-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026