jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104497 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CAZANAVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2021, M. D E B, représenté par Me Cazanave, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient, outre que la requête est recevable, que :
- la décision de refus de séjour attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation professionnelle ;
- la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- la décision attaquée fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Le préfet de la Haute-Garonne soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tchadien né le 23 juin 1989, est entré en France le 7 mai 2017 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant et valable jusqu'au 11 octobre 2017. Il a ensuite été muni d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " du 11 octobre 2016 au 11 octobre 2017, puis d'une carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur/profession libérale ", valable jusqu'au 21 novembre 2020. Il a sollicité le 20 novembre 2020 le renouvellement de son titre de séjour. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " Une carte de séjour temporaire, d'une durée maximale d'un an, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée à l'étranger :/ () 3° Pour l'exercice d'une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur. Elle porte la mention "entrepreneur/profession libérale" () ". L'article R. 313-16-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur dispose : " () Pour l'application du 3° de l'article L. 313-10, l'étranger qui demande la carte de séjour temporaire portant la mention "entrepreneur/profession libérale" doit présenter à l'appui de sa demande, outre les pièces mentionnées aux articles R. 311-2-2 et R. 313-1, les justificatifs permettant d'évaluer, en cas de création, la viabilité économique de son projet () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B, titulaire d'un master de sciences, technologies, santé, mention mathématiques et applications, a créé le 7 septembre 2018 une activité d'entrepreneur en sciences des données et développement des applications. L'activité de son entreprise n'a généré aucun chiffre d'affaires les premier et deuxième trimestres 2020, et un chiffre d'affaires de 600 euros au troisième trimestre 2020. Si M. B se prévaut de plusieurs prises de contact notamment avec la région Occitanie, la ville de Toulouse et la ville de Marseille, il ne justifie pas de la réalisation de prestations pour ces collectivités. S'agissant de l'exercice d'une activité indépendante, le requérant ne peut par ailleurs utilement se prévaloir de propositions qui lui ont été adressées en vue de la conclusion de contrats en qualité de salarié. Enfin, s'il soutient que les difficultés de lancement de son activité sont liées au contexte de la pandémie de Covid 19, il n'établit en tout état de cause par aucun élément de preuve que d'éventuelles prestations n'auraient pu être menées à leur terme pour cette raison. Ainsi, M. B ne justifie ni par le niveau de ses ressources, ni par des éléments relatifs au marché sur lequel intervient son activité, aux perspectives de développement de cette activité ou aux moyens dont il dispose, que le préfet aurait fait une inexacte appréciation de son activité en estimant qu'elle n'était pas économiquement viable. Dès lors, le seul moyen soulevé à l'encontre de la décision de refus de séjour doit être écarté. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision doivent être rejetées.
4. En deuxième lieu, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetées, le seul moyen soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français et tiré de son défaut de base légale, en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour, doit être écarté. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de la décision obligeant M. B à quitter le territoire français doivent être rejetées.
5. En troisième et dernier lieu, les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français étant rejetées, le seul moyen soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi et tiré de son défaut de base légale, en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Les conclusions à fin d'annulation de M. B étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
7. Les conclusions de M. B tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E B, à Me Cazanave et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
F. A
L'assesseure la plus ancienne,
N. SODDU La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026