mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105459 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | GERAUD-LINFORT |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 20 septembre 2021 sous le n° 2105459, Mme C B, représentée par Me Geraud-Linfort, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juillet 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Toulouse a fixé la date de consolidation de son état de santé au 18 janvier 2019 et décidé de prendre en charge ses absences ultérieures au titre de la maladie ordinaire ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Sabatté, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 octobre 2022 à 12h00.
II. Par une requête enregistrée le 7 mars 2022 sous le n° 2201288, Mme C B, représentée par Me Geraud-Linfort, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 décembre 2021 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Toulouse a prolongé son congé de longue durée jusqu'au 7 mars 2022, avec maintien du plein traitement jusqu'au 18 janvier 2022 inclus puis passage à demi-traitement du 19 janvier 2022 au 7 mars 2022 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré 12 février 2023, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Sabatté, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête ne contient l'exposé d'aucun moyen, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- la requérante est dépourvue d'intérêt pour agir à l'encontre de la décision du 27 décembre 2021, qui lui est favorable ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Par une ordonnance du 24 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 février 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rives ;
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Sabatté, représentant le centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, auxiliaire de puériculture au centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, a déclaré le 12 décembre 2018 un accident de service en raison d'un évènement soudain survenu le 7 mars 2018. Elle a été placée, en dernier lieu par une décision du 13 avril 2021, en congé de maladie pour accident imputable au service du 8 mars 2018 au 18 janvier 2019 inclus. Après plusieurs placements ultérieurs en congé de longue maladie, puis en congé de longue durée à partir du 19 janvier 2019, le directeur général du centre hospitalier, par une décision du 16 juillet 2021, a fixé la date de consolidation de son état de santé au 18 janvier 2019 et a pris en charge les absences ultérieures de l'intéressée au titre de la maladie ordinaire. Par une décision du 27 décembre 2021, il a prolongé de congé de longue durée de Mme B jusqu'au 7 mars 2022 inclus, avec maintien du plein traitement jusqu'au 18 janvier 2022 puis passage à demi-traitement jusqu'à l'issue de ce congé. Mme B demande au tribunal d'annuler les décision du 16 juillet 2021 et du 27 décembre 2021.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2105459 et n° 2201288, présentées par Mme B, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 16 juillet 2021 :
3. En premier lieu, la décision en litige vise les textes sur lesquels le directeur général du CHU de Toulouse s'est fondé, et notamment les dispositions applicables de la loi du 9 janvier 1986 et du décret du 19 avril 1988. Elle énonce également les considérations de fait qui en constituent le fondement et précise, à cet égard, " qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment des conclusions de l'expertise du docteur A, que la date de consolidation est fixée au 18 janvier 2019 ". Ainsi, le directeur général du CHU de Toulouse, qui n'était pas tenu d'indiquer les motifs pour lesquels il s'est écarté de l'avis de la commission de réforme du 10 juin 2021, qu'il a par ailleurs visé, a suffisamment motivé sa décision. Le moyen tiré du défaut de motivation doit donc être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié aux articles L. 822-18 et suivants du code général de la fonction publique : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le directeur général du centre hospitalier de Toulouse a fondé sa décision sur les conclusions de l'expertise menée par le docteur A, médecin psychiatre qui, après avoir examiné Mme B le 17 février 2021, a estimé que la date de consolidation de sa pathologie anxio-dépressive devait être fixée au 18 janvier 2019. Ce faisant, le directeur général s'est écarté de l'avis de la commission de réforme laquelle, à la lumière des énonciations du certificat médical établi le 28 avril 2021 par un médecin généraliste et indiquant que " l'état de santé de Mme B a nécessité un suivi spécialisé postérieurement au 18 janvier 2019 ", avait conclu que la date de consolidation ne pouvait être déterminée et recommandé une nouvelle expertise médicale. Mme B se prévaut de ce certificat médical au soutien de son moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par le directeur général du CHU de Toulouse dans la fixation de la date de consolidation de son état. Toutefois, il résulte des dispositions citées au point précédent que la poursuite des soins ne fait pas obstacle, à elle-seule, à ce que l'administration puisse légalement estimer l'état de l'agent comme consolidé, dès lors que la consolidation vise à constater la stabilisation de cet état, et non la disparition de toute séquelle consécutive à la maladie ou à l'accident. Ainsi, en l'espèce, les seules mentions portées sur le certificat médical du 28 avril 2021 ne sont pas de nature à infirmer les conclusions du docteur A sur la date de consolidation des lésions consécutives à l'accident du 7 mars 2018, fixée au 18 janvier 2019. Par suite, la requérante, qui n'établit pas que son état de santé n'était pas stabilisé à cette date, n'est pas fondée à soutenir que le directeur général du CHU de Toulouse aurait porté une appréciation erronée sur sa situation au regard des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
En ce qui concerne la décision du 27 décembre 2021 :
6. Aux termes des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / () / 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. Le fonctionnaire conserve ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie, le congé ne peut être attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée. ".
7. Mme B doit être regardée comme excipant, au soutien de ses conclusions à fin d'annulation de la décision du 27 décembre 2021, de l'illégalité de la décision du 16 juillet 2021. Toutefois, pour les motifs exposés au point 5, ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées dans les requêtes n° 2105459 et n° 2201288 doivent être rejetées sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée à cette dernière requête par le CHU de Toulouse.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du CHU de Toulouse, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le CHU de Toulouse sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2105459 et n° 2201288 présentées par Mme B sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par le CHU de Toulouse sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, premier conseiller,
Mme Jorda, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le rapporteur,
A. RIVES La présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
N°s 2105459 ; 2201288
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026