mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105699 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CAZANAVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 septembre 2021 et le 14 février 2022, M. D B, représenté par Me Cazanave, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ou, à défaut d'aide juridictionnelle, à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient, outre que la requête est recevable, que :
- le préfet de la Haute-Garonne n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation ;
- les décisions de refus de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle, au regard de sa durée de présence en France, de son insertion professionnelle, et de la situation de tension du métier projeté ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2021, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que la requête a perdu son objet, M. B ayant quitté le territoire français.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant haïtien né le 19 septembre 1989, est entré en France en dernier lieu le 3 octobre 2016 sous couvert d'un visa de long séjour " étudiant " valable du 19 septembre 2016 au 19 juin 2017, puis a été muni le 26 septembre 2017 d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant renouvelée jusqu'au 30 septembre 2020. Il a sollicité le 8 septembre 2020 son changement de statut en vue de bénéficier d'un titre de séjour en qualité de salarié. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin d'examiner l'exception de non-lieu opposée en défense.
2. En premier lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen réel et complet de la situation de M. B.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " Une carte de séjour temporaire, d'une durée maximale d'un an, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée à l'étranger :/ 1° Pour l'exercice d'une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée, dans les conditions prévues à l'article L. 5221-2 du code du travail. Elle porte la mention " salarié "./ () L'étranger se voit délivrer l'une des cartes prévues aux 1° ou 2° du présent article sans que lui soit opposable la situation de l'emploi sur le fondement de l'article L. 5221-2 du code du travail lorsque sa demande concerne un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement et figurant sur une liste établie par l'autorité administrative, après consultation des organisations syndicales d'employeurs et de salariés représentatives () ". L'article R. 5221-20 du code du travail, pris pour l'application des dispositions de l'article L. 5221-2 du même code, dispose, dans sa rédaction applicable : " Pour accorder ou refuser l'une des autorisations de travail mentionnées à l'article R. 5221-11, le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants :/ 1° La situation de l'emploi dans la profession et dans la zone géographique pour lesquelles la demande est formulée, compte tenu des spécificités requises pour le poste de travail considéré, et les recherches déjà accomplies par l'employeur auprès des organismes concourant au service public de l'emploi pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail ;/ 2° L'adéquation entre la qualification, l'expérience, les diplômes ou titres de l'étranger et les caractéristiques de l'emploi auquel il postule ;/ () 5° Les conditions d'emploi et de rémunération offertes à l'étranger, qui sont comparables à celles des salariés occupant un emploi de même nature dans l'entreprise ou, à défaut, conformes aux rémunérations pratiquées sur le marché du travail pour l'emploi sollicité ;/6° Le salaire proposé à l'étranger qui, même en cas d'emploi à temps partiel, est au moins équivalent à la rémunération minimale mensuelle mentionnée à l'article L. 3232-1 () ".
4. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de titre de séjour, M. B a présenté un contrat de travail à durée indéterminée en vue d'exercer un emploi d'agent de service hospitalier à temps partiel. Pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, le préfet de la Haute-Garonne, qui s'est approprié les termes de l'avis émis le 24 décembre 2020 par les services de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, s'est fondé d'une part, sur l'absence de justification par l'employeur de recherche d'emploi auprès du service " pôle emploi " de la Haute-Garonne et, d'autre part, sur le niveau de rémunération de M. B, inférieur au salaire minimum de croissance. Si M. B soutient que le métier envisagé serait en tension, il n'établit pas que la société devant l'employer aurait effectué des recherches auprès des organismes concourant au service public de l'emploi, et ne conteste pas que la rémunération envisagée était inférieure au montant du salaire minimum de croissance. Ainsi, le préfet de la Haute-Garonne était fondé, pour ces deux motifs, à rejeter la demande du requérant. M. B ne peut par ailleurs utilement se prévaloir de sa durée de présence en France dans la mesure où son titre de séjour en qualité d'étudiant ne lui donnait pas vocation à se maintenir sur le territoire français. Enfin, la circonstance qu'il serait inséré professionnellement n'est pas de nature à démontrer que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de M. B.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées. Par voie de conséquence, le seul moyen soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, et tiré de son défaut de base légale du fait de l'illégalité des décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi doivent également être écartées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Les conclusions à fin d'annulation de M. B étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
7. Les conclusions de M. B tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Cazanave et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La présidente-rapporteure,
F. A
L'assesseure la plus ancienne,
N. SODDU
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026