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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2200880

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2200880

jeudi 8 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2200880
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCP PAMPONNEAU-TERRIE-PERROUIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 février 2022, M. C B, représenté par Me Pamponneau, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 20 janvier 2022 par lequel la préfète du Tarn lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Tarn de lui délivrer un titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a fait l'objet que d'une seule condamnation en cinq ans de présence sur le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de séjour :

- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale ;

Par un mémoire en défense enregistré le 6 mai 2022 et une pièce enregistrée le 31 août 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A, qui informe la partie présente à l'audience qu'il est susceptible de substituer d'office aux dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur lesquelles est fondé l'arrêté attaqué, celles du 3° de ce même article,

- les observations de M. B, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- la préfète du Tarn n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 25 novembre 2000 à Ait Yaazem (Maroc), de nationalité marocaine, déclare être entré sur le territoire français le 10 juin 2016. Il a bénéficié, le 10 février 2020, d'une carte de séjour étudiant puis s'est vu délivrer le 10 février 2021 un titre de séjour vie privée et familiale valable jusqu'au 19 février 2022 dont il a demandé le renouvellement. Par un arrêté du 20 janvier 2022, le préfet du Tarn a refusé de renouveler ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par sa présente requête, M. D au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est vu accorder l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur la compétence du magistrat désigné :

4. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur ce territoire prises à son encontre, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination, ainsi que la décision d'assignation à résidence en procédant, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal administratif.

5. En l'espèce, en raison de la mesure d'assignation à résidence prononcée à l'encontre de M. B le 8 mars 2022, et portée à la connaissance du tribunal le 31 août suivant, il y a lieu pour le juge compétent au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions obligeant l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination. En revanche, les conclusions à fin d'annulation de la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour relèvent de la compétence de la formation collégiale du tribunal.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

6. M. B fait valoir qu'il réside en France avec ses parents et sa sœur depuis cinq ans, qu'il y a été scolarisé et qu'il a intégré une formation " technicien pompe à chaleur " assurée par la mission jeune jusqu'au 10 février 2022. Il soutient qu'il ne constitue pas une menace grave pour l'ordre public dès lors qu'il a fait l'objet d'une seule condamnation en cinq ans de présence sur le territoire français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B, âgé de vingt-et-un ans à la date de la décision attaquée, est célibataire et sans enfant à charge. Il a été condamné le 1er juillet 2021 à 105 heures de travaux d'intérêt général pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et destruction du bien d'autrui en réunion. La seule circonstance qu'il ait présenté ses excuses auprès des gendarmes victimes de ses outrages, le 20 janvier 2022 soit à la date de l'édiction de l'arrêté attaqué, ne permet pas de remettre en cause l'appréciation portée par la préfète sur le comportement de M. B. Par ailleurs, si l'intéressé se prévaut de la relation qu'il entretient avec une ressortissante française, âgée de dix-sept ans, la seule production d'une attestation rédigée le 10 février 2022 par cette dernière, évoquant un projet de mariage, n'est pas de nature à démontrer la réalité, l'ancienneté ni la stabilité de cette relation. Il n'est pas démontré que M. B serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, les décisions contestées ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Pamponneau la somme réclamée en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas plus lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B.

Article 2 : L'examen des conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour de M. B est renvoyé devant une formation collégiale du présent tribunal.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Pamponneau et de la préfète du Tarn.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 septembre 202Le magistrat désigné,

F. A La greffière,

A. BACH

La République mande et ordonne à la préfète du Tarn en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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