LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202710

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202710

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202710
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantTOUBOUL

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Sous le n° 2202710, par une requête et un mémoire enregistrés le 12 mai 2022 et le 22 juin 2022, M. B C, représenté par Me Touboul, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté en date du 26 avril 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence de cessation de son droit au maintien sur le territoire français au titre de sa demande d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la demande de sursis à exécution :

- il présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire pendant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Sous le n° 2202711, par une requête et un mémoire enregistrés le 12 mai 2022 et le 22 juin 2022, Mme A G, représentée par Me Touboul, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté en date du 26 avril 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence de cessation de son droit au maintien sur le territoire français au titre de sa demande d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la demande de sursis à exécution :

- elle présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire pendant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jazeron, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les observations de Me Touboul, représentant M. C et Mme G, qui conclut aux mêmes fins et renonce au moyen tiré de l'erreur de droit au regard du droit au maintien des requérants sur le territoire français ;

- les observations de M. C et Mme G, assistés de Mme Jojik'ia, interprète en géorgien, qui répondent aux questions du magistrat,

- le préfet n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C et Mme G, ressortissants géorgiens, nés respectivement le 30 décembre 1966 à Gali (ex-URSS) et le 9 novembre 1980 à Shuakevi (ex-URSS), sont arrivés en France le 12 août 2021 et ont sollicité le bénéfice de l'asile le 23 août 2021. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides, statuant en procédure accélérée, a rejeté leurs demandes d'asile par deux décisions du 28 février 2022. Par des arrêtés en date du 26 avril 2022, le préfet de la Haute-Garonne les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par leurs présentes requêtes, M. C et Mme G demandent au tribunal de prononcer l'annulation de ces arrêtés.

2. Les requêtes susvisées n° 2202710 et 2202711 concernent les deux membres d'un même couple, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. Par un arrêté du 6 avril 2022 régulièrement publié au recueil administratif le même jour, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme D, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les décisions en litige. Par conséquent, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

4. En vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".

5. M. C et Mme G, ne sont présents que depuis huit mois en France et n'ont été admis à y séjourner que pour l'examen de leurs demandes d'asile. Ils sont mariés et résident avec leur enfant mineur. Ils font tous les deux l'objet d'une mesure d'éloignement du même jour. Ils ne justifient pas disposer d'attaches privées en France et n'attestent pas d'une intégration particulière sur le territoire national. Enfin, ils ne sont pas dépourvus de liens personnels hors de France où ils ont vécu jusqu'à l'âge de 40 et 54 ans. Dès lors, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté une atteinte excessive au droit des requérants au respect de la vie privée et familiale. Par suite, les stipulations précitées n'ont pas été méconnues.

En ce qui concerne les décisions portant fixation du pays de renvoi :

6. En vertu de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

7. M. C et Mme G soutiennent qu'ils seraient exposés à des risques de traitements inhumains ou dégradants de la part des autorités géorgiennes en cas de retour dans leur pays d'origine, en raison de l'engagement militant du requérant au sein d'un organisme non gouvernemental, lequel lui aurait valu une incarcération de six mois sous prétexte d'un motif fallacieux. Toutefois, alors que leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, lequel a jugé leurs déclarations insuffisantes, notamment s'agissant des circonstances de l'emprisonnement et de la libération de M. C, les éléments apportés dans la présente instance ne permettent pas d'établir avec certitude la réalité et l'actualité des risques invoqués. En conséquence, le moyen doit être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que M. C et Mme G ne sont pas fondés à solliciter l'annulation des arrêtés du préfet de la Haute-Garonne du 26 avril 2022.

Sur les conclusions à fin de suspension :

9. L'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers mentionne : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". Et l'article L. 752-11 précise : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".

10. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à la demande d'asile, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office. A l'appui de leurs conclusions à fin de suspension, les requérants peuvent notamment se prévaloir d'éléments nouveaux apparus postérieurement à la décision de rejet ou à la mesure d'éloignement.

11. M. C et Mme G sollicitent, à titre subsidiaire, la suspension de l'exécution des obligations de quitter le territoire français prononcées à leur encontre. Il ressort des pièces du dossier que M. C n'a pas pu être entendu oralement par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en raison de son état de santé, de sorte que l'Office s'est uniquement appuyé sur son récit sommaire et sur les propos de Mme G, laquelle est nécessairement moins informée des activités militantes de son mari. Il en ressort par ailleurs que l'Office n'a pas remis en cause la réalité de ces activités et notamment la participation de l'intéressé à des actions médiatisées, ce que viennent d'ailleurs corroborer plusieurs articles de presse produits à l'appui des requêtes. S'il subsiste des incertitudes sur le motif de l'incarcération de M. C et sur les conditions de sa libération, les allégations du requérant sur ces points ne sont pas dépourvues de toute crédibilité au regard des pratiques révélées par les pièces versées aux débats et compte tenu des réponses précises apportées par l'intéressé lors de l'audience. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit aux conclusions subsidiaires tendant à la suspension des effets des obligations de quitter le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile statue sur la situation des requérants.

Sur les frais liés aux litiges :

12. Les présents dossiers ne faisant pas apparaître de demandes d'aide juridictionnelle, ne serait-ce qu'à titre provisoire, l'avocat des intéressés ne peut utilement se prévaloir des prévisions de la loi du 10 juillet 1991. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme globale de 1 500 euros à M. C et Mme G sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français est suspendue jusqu'à la date de lecture des décisions de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnances, jusqu'à la notification de celles-ci.

Article 2 : L'Etat versera une somme globale de 1 500 euros à M. C et Mme G sur le fondement des dispositions L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme A G, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Touboul.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

F. E Le greffier,

M. F

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires

de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2202710-2202711

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions