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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2203349

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2203349

vendredi 2 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2203349
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantKOSSEVA-VENZAL

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Sous le n° 2203349, par une requête enregistrée le 14 juin 2022 et un mémoire en production de pièces enregistré le 5 août 2022, M. C E, représenté par Me Kosseva-Venzal, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 30 mai 2022 par lequel la préfète de l'Ariège l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et a fixé le pays de renvoi ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à lecture en audience publique de la décision de la Cour national du droit d'asile ;

4°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à tout le moins de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour ;

5°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de prendre toutes mesures propres à mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen à compter de la notification du jugement à intervenir ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des risques d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporte sur sa situation personnelle en cas de retour dans son pays d'origine ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation en raison de l'absence d'indication des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne les conclusions aux fins de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire national au titre de l'asile.

Par des pièces et un mémoire en défense, enregistrés le 28 juin et le 26 juillet 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Sous le n° 2203350, par une requête enregistrée le 14 juin 2022 et un mémoire en production de pièces, enregistré le 5 août 2022, Mme B E, représentée par Me Kosseva-Venzal, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 30 mai 2022 par lequel la préfète de l'Ariège l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et a fixé le pays de renvoi ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à lecture en audience publique de la décision de la Cour national du droit d'asile ;

4°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à tout le moins de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour ;

5°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de prendre toutes mesures propres à mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen à compter de la notification du jugement à intervenir ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à titre subsidiaire, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des risques d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporte sur sa situation personnelle en cas de retour dans son pays d'origine ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation en raison de l'absence d'indication des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

En ce qui concerne les conclusions aux fins de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire national au titre de l'asile.

Par des pièces et un mémoire en défense, enregistré le 28 juin et le 26 juillet 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les observations de Me. Kosseva-Venzal, représentant M. et Mme E, absents, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que les requérants encourent des risques en raison de ce que Mme E est devenue témoin de Jéhovah, que l'office français de protection des réfugiés et apatrides n'a pas remis en cause le fait que la requérante a été baptisée, que les membres de sa belle-famille l'ont rejetée, qu'elle a été menacée, victime de violences psychologiques, que cette exclusion a eu un impact sur sa santé, lequel a justifié son hospitalisation récemment pour une intervention au genou, que ses pressions ont conduit Mme E et son époux à quitter la Géorgie, que le fils des requérants et sa famille ont été admis à demander l'asile, pour les mêmes raisons que sa mère, que leur demande est en cours d'examen auprès de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, que la préfète ne peut donc soutenir que les requérants ne présentent pas d'éléments nouveaux, que les requérants ne sont pas entrés en France de manière irrégulière, car ils disposaient d'un passeport biométrique, que la requérante a indiqué ne plus avoir de famille en Géorgie, qu'aucune vie familiale normale ne peut se reconstituer en Géorgie, eu égard aux traitements dont la requérante a été victime dans ce pays, que la requérante présente des éléments humanitaires faisant obstacle à une interdiction de retour sur le territoire français, qu'enfin les éléments nouveaux relatifs à la saisine de la Cour nationale du droit d'asile et les attestations de demande d'asile de leur fils et leur belle-fille permettent de justifier une demande de suspension le temps que la Cour nationale du droit d'asile statue sur leurs recours,

- la préfète de l'Ariège n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme E, nés respectivement le 31 juillet 1966 à Tbilissi (Géorgie) et le 21 novembre 1961 à Mirak (Arménie), tous deux ressortissants géorgiens, déclarent être entrés sur le territoire français le 26 décembre 2021. Ils ont sollicité leur admission au titre de l'asile le 25 janvier 2022. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leurs demandes d'asile par une décision en date du 31 mars 2022. Par deux arrêtés en date du 30 mai 2022, la préfète de l'Ariège a obligé les intéressés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et les a interdits de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par leurs requêtes, M. et Mme E sollicitent l'annulation de ces deux arrêtés.

2. Les requêtes susvisées nos 2203349 et 2203350 concernent les deux membres d'un même couple, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les demandes d'aide juridictionnelle provisoire :

3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête des intéressés, de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, les arrêtés attaqués visent les textes dont ils font application, notamment le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils mentionnent avec une précision suffisante les considérations de faits sur lesquelles ils reposent, rappelant en particulier les conditions d'entrée et de séjour des requérants sur le territoire français, les étapes de leurs procédures d'asile et les éléments liés à leurs vie privée et familiale. Dès lors, les décisions sont suffisamment motivées.

5. En second lieu, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir des risques en cas de retour dans leurs pays d'origine à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, laquelle n'a pas pour objet de fixer, par elle-même, le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des conséquences en cas de retour dans leur pays d'origine doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

6. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant fixation du pays de renvoi seraient privées de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français.

7. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués visent les textes dont ils font application, notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils précisent que les intéressés n'établissent pas être exposés à des traitement contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans leur pays d'origine. Dès lors, les décisions sont suffisamment motivées.

8. En troisième lieu, selon l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants ". Et selon l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

9. Les requérants soutiennent qu'ils seraient exposés à des traitements contraires aux stipulations précitées en cas de retour en Géorgie en raison des mauvais traitements subis par Mme E suite à sa conversion religieuse au Témoins de Jéhovah. Toutefois, alors que l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a rejeté leurs demandes d'asile en relevant l'imprécision et l'incohérence de leurs propos, bien que ne remettant pas en cause la conversion religieuse de la requérante, les intéressés n'apportent pas le moindre élément à l'appui de leurs requêtes et n'établissent donc pas la réalité et l'actualité des risques allégués. En conséquence, les décisions litigieuses n'ont pas été prises en méconnaissance des stipulations et dispositions citées au point 8.

En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français seraient privées de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

11. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués visent les textes dont ils font application, notamment les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, Ils mentionnent avec une précision suffisante les considérations de faits sur lesquelles ils reposent, et notamment que les requérants sont présents en France depuis seulement quatre mois et ne démontrent pas que leurs liens personnels et familiaux sur le territoire français seraient plus anciens, intenses et stables que ceux dont ils disposent en Géorgie. Dès lors, les décisions sont suffisamment motivées. Il ne ressort ni de cette motivation ni des autres pièces du dossier que la préfète n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation des requérants avant de prononcer les interdictions de retour sur le territoire français.

12. En troisième lieu, l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " et l'article L. 612-10 du même code précise que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "

13. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont entrés en France très récemment le 26 décembre 2021. Ils n'apportent aucun élément de nature à justifier des relations qu'ils auraient développées sur le territoire français alors qu'ils ont vécu dans leur pays d'origine respectivement jusqu'à l'âge de cinquante-cinq ans et soixante ans. Dans ces conditions, alors même qu'ils n'ont pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ni ne représentent une menace pour l'ordre public, la préfète de l'Ariège n'a pas entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées.

En ce qui concerne les conclusions aux fins de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. Aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement. Cette demande est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 752-5 à L. 752-12 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2. Elle est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 753-7 à L. 753-11 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application du c du 1° de l'article L. 542-2. ". Aux termes de l'article L. 752-11 de ce code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. ".

15. Si les requérants, dont les demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 mars 2022, sollicitent, à titre subsidiaire, l'application des dispositions de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à leur encontre, ils se bornent à invoquer un risque de traitement inhumain et dégradant mais n'apportent aucun élément sérieux de nature à remettre en cause la décision de l'Office. Il suit de là que ces conclusions doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

16. Le présent jugement rejetant les conclusions à fin d'annulation, les conclusions relatives à l'injonction de réexamen ne peuvent qu'être également rejetées.

Sur les frais liés aux litiges :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, les sommes réclamées au titre des frais exposés non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. E et Mme E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, à Mme B E, à Me Kosseva-Venzal et à la préfète de l'Ariège.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

F. A Le greffier,

M. D

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2203349; 2203350

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