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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204035

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204035

mercredi 3 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204035
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSCP BOUYSSOU ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 juillet 2022, Mme C D, représentée par Me Panfili, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Etienne de Tulmont a refusé de la titulariser en fin de stage et a procédé à son licenciement le 27 juillet 2022 ;

2°) d'enjoindre à la commune de la réintégrer à compter du 28 juillet 2022 dans l'attente du jugement au fond, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil de la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision de non titularisation et de licenciement la prive d'emploi et de revenus, alors que son activité agricole subsidiaire n'est pas rémunératrice et qu'elle doit rembourser un emprunt pour les investissements effectués ;

- en ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, cette dernière est entachée de vices de procédure dès lors qu'elle n'a pas pu faire valoir ses observations sur une mesure qui s'apparente à une mesure disciplinaire ;

- elle est, de plus, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un détournement de pouvoir au regard du conflit existant avec la mairie s'agissant de l'installation de son mobil-home sur un terrain agricole.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, la commune de Saint-Etienne de Tulmont, représentée par Me Lecarpentier, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- la requête enregistrée le 16 juillet 2022 sous le n° 2204022, par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale ;

- le décret n° 89-229 du 17 avril 1989 relatif aux commissions administratives paritaires des collectivités territoriales et de leurs établissements publics ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Sorin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 août 2022, en présence de

M. B de Bieusses, greffier d'audience :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Me Panfili représentant Mme D qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens ; il ajoute que les attestations produites en défense n'ont aucune force probante et que les éléments d'évaluation ne sont pas sourcés ; le caractère partiellement disciplinaire de la mesure et le détournement de pouvoir sont avérés ;

- et les observations de Me Lecarpentier représentant la commune de Saint-Etienne de Tulmont qui conclut aux mêmes fins que ses écritures et souligne que les éléments figurant dans son mémoire proviennent directement des pièces produites à l'appui de la requête de Mme D. L'urgence de la demande n'est au demeurant pas établie au regard des pièces produites. Les motifs du licenciement ne sont pas sérieusement contestés, le détournement de pouvoir n'est par ailleurs nullement établi.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D, après la réalisation de plusieurs contrats aidés d'accompagnement dans l'emploi puis d'un contrat unique d'insertion, a été recrutée comme employée contractuelle à durée déterminée, en tant qu'assistante administrative de la commune de Saint-Etienne de Tulmont, du 1er juillet 2018 au 30 juin 2020. Elle a ensuite été nommée comme adjointe administrative stagiaire à compter du 1er septembre 2020. Son stage a été prolongé à plusieurs reprises, notamment à la suite de périodes de congés de maladie. Après avoir recueilli l'avis de la commission administrative paritaire compétente, le maire de Saint-Etienne de Tulmont a décidé, par un arrêté du 6 juillet 2022, de ne pas titulariser Mme D à l'issue de son stage et de procéder à son licenciement avec effet au 26 juillet 2022. Par la présente requête, Mme D demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision du 6 juillet 2022.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre et qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de cet acte.

4. Les moyens invoqués par Mme D à l'appui de sa demande de suspension de la décision du 6 juillet 2022, tels qu'ils ont été précédemment analysés, ne sont pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, et sans même qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est satisfaite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées aux fins d'injonction et de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D et à la commune de Saint-Etienne de Tulmont.

Fait à Toulouse, le 3 août 2022.

Le juge des référés,Le greffier,

T. A F. B DE BIEUSSES

La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

Ou par délégation la greffière.

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