jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204288 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, M. B A C, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de la mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou à tout le moins de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :
- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité incompétente ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- la décision de refus de séjour méconnaît les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que le préfet des Hautes-de-Seine n'a pas respecté, en amont de l'édiction de l'arrêté litigieux, la procédure contradictoire ; il ignorait que le rejet de sa demande de titre de séjour pouvait le contraindre à quitter le territoire français et il n'a jamais été informé de la possibilité de formuler des observations écrites auprès de l'administration préfectorale ou de solliciter auprès d'elle un entretien ; or, il avait des informations à faire valoir, en particulier s'agissant de son état de santé et de sa vie personnelle en France ;
- la décision attaquée méconnaît son droit d'être entendu ;
- il n'est pas établi que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ait été rendu à l'issue d'une délibération collégiale ; il a été privée d'une garantie ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation particulière ; le préfet aurait dû solliciter de sa part les éléments pertinents et nécessaires à l'examen exhaustif de sa situation ;
- le préfet s'est cru, à tort, lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il ne peut pas bénéficier de manière effective, dans son pays d'origine, d'un traitement adapté à sa bipolarité et à ses troubles psychotiques ; alors qu'il dispose d'un traitement adapté et d'un suivi régulier en France depuis deux ans et demi, une rupture dans les soins qui lui sont nécessaires et un changement des personnes ressources lui seraient très préjudiciables, d'autant qu'il n'a jamais été soigné dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de 14 ans ; du fait de sa maladie, il serait dans l'incapacité d'avoir une activité professionnelle en Tunisie et n'aurait donc pas accès, compte tenu de leur coût, aux soins et au suivi par un médecin spécialiste qui lui sont nécessaires ;
- la décision de refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision litigieuse porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;
- le préfet n'a pas pris en compte les circonstances humanitaires exceptionnelles dont il peut se prévaloir ;
- le préfet aurait dû, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire, la faire bénéficier d'une mesure de régularisation ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que sa situation revêt un caractère exceptionnel et justifie de répondre favorablement à sa demande ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article 24 de la loi de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations ;
- la décision attaquée méconnaît son droit d'être entendu, tiré des principes généraux du droit de l'Union européenne ;
- la mesure d'éloignement est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- la décision attaquée porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ; cette décision a pour effet de le priver d'un traitement et d'un suivi psychiatrique dont il ne pourra pas bénéficier en Tunisie ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- la décision fixant un délai de départ volontaire, qui aurait dû faire l'objet d'une demande préalable d'observations en raison notamment des éléments susceptibles d'affecter la durée que le préfet doit accorder au requérant, méconnaît l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire, fondée sur une décision illégale d'obligation de quitter le territoire, est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation et s'est placé à tort en situation de compétence liée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il justifie qu'un délai supérieur à un mois lui soit accordé, eu égard à son état de santé et au suivi psychiatrique entrepris depuis plus de deux ans et demi ; il ne peut organiser son départ en s'assurant de la continuité de ses soins dans un si court délai ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
-l'insuffisante motivation de la décision révèle l'absence de prise en compte de sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de renvoi, fondée sur une décision illégale portant obligation de quitter le territoire, est dépourvue de base légale ;
- en décidant de le renvoyer vers son pays d'origine sans évaluer les conséquences de ce renvoi qui aura pour effet d'aggraver son état de santé déjà fragile, le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Nègre-Le Guillou, première conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les observations de Me Laspalles, représentant M. A C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et rappelle que la requête est recevable, la demande d'aide juridictionnelle ayant suspendu le délai de recours ; la décision relative à l'aide juridictionnelle n'a pas encore été rendue ; par la voie de l'exception d'illégalité, la mesure d'éloignement est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ; le préfet, n'a pas pris en compte son état de santé ; un diagnostic de troubles bipolaires et troubles psychotiques a été posé à l'âge de 24 ans ; il fait l'objet d'un suivi médical en France et produit, à cet égard, une attestation du médecin psychiatre ; il bénéficie d'un traitement composé au quotidien du médicament Dépamide et tous les 28 jours, d'une injection de Xéplion, qui est un antipsychotique longue durée ; son traitement fonctionne très bien, mais il ne pourra pas bénéficier du Xéplion en Tunisie car ce traitement est extrêmement cher ; la Dépamide et le Xéplion ne sont pas remboursés en Tunisie ; il y a très peu d'établissements psychiatriques en Tunisie ; en France, il est suivi par la même équipe depuis le début de sa prise en charge ; il faut qu'il soit suivi par la même équipe médicale compte tenu de sa pathologie ; s'il arrêtait brusquement son traitement et son suivi médical, il retomberait dans les mêmes troubles que ceux qu'il a connus il y a dix ans ; il ressort de sa demande de titre de séjour qu'il n'a pas de famille en Tunisie ; il n'a pas vécu dans son pays d'origine depuis plus de vingt ans ; il a 34 ans et il a vécu plus de vingt ans en France ; sa sœur, qui vit en France et a la nationalité française, l'héberge depuis deux ans et demi ;
- et les observations de M. A C, qui répond aux questions de la magistrate désignée et explique qu'il est arrivé en France en 2002 à l'âge de 14 ans, il a alors vécu chez son oncle et sa tante ; sa maladie s'est déclenchée à l'âge de 24 ans ; il souhaite rester en France où il vit depuis 20 ans et où il bénéficie d'une prise en charge médicale ; il ne pourra pas acheter son traitement en Tunisie ;
- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C, ressortissant tunisien né le 17 juin 1988 à Tunis, est entré sur le territoire français le 20 août 2002 sous couvert d'un visa d'une durée de 30 jours. Il a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire en date du 28 mars 2012. M. B A C a obtenu un titre de séjour en qualité d'étranger malade valable du 30 août 2013 eu 29 août 2014. Le 14 octobre 2021, il a sollicité la délivrance d'un nouveau titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par un arrêté en date du 4 janvier 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. M. B A C a été placé au centre de rétention administrative de Cornebarrieu. Par la présente requête, M. A C demande l'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2022.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur l'étendue du litige :
3. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Aux termes de l'article L. 614-4 de ce code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 614-8 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 ou une décision de placement en rétention prise en application de l'article L. 741-1, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures ".
4. Aux termes de l'article L. 614-9 dudit code : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction () statue au plus tard quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours. / Dans le cas où la décision d'assignation à résidence ou de placement en rétention intervient en cours d'instance, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue dans un délai de cent quarante-quatre heures à compter de la notification de cette décision par l'autorité administrative au tribunal. ". Aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire (), la procédure se poursuit selon les règles prévues par la présente section. () / Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire. ". Aux termes de l'article R. 776-10 du même code : " Les dispositions de la présente sous-section sont applicables aux recours formés, en application des articles L. 614-4 ou L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, contre les décisions d'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code () ".
5. En application des dispositions précitées, il n'appartient pas au magistrat désigné par le président du tribunal de statuer sur la légalité de la décision concernant le droit au séjour de l'intéressé. Il résulte de l'arrêté attaqué que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine, en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour à M. A C, doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il est constant que M. A C, âgé de 34 ans, arrivé sur le territoire français le 20 août 2002 à l'âge de 14 ans, résidait en France, à la date de la décision attaquée, depuis près de vingt ans. Si le requérant ne justifie pas d'un logement et de ressources propres, il ressort cependant des pièces du dossier qu'il est hébergé à Clichy chez sa sœur, ressortissante française, depuis 2019. M. A C soutient par ailleurs, sans être sérieusement contesté, qu'il ne dispose plus de liens familiaux dans son pays d'origine où il n'a pas vécu depuis vingt ans. Enfin, le requérant, qui soutient être atteint de troubles bipolaires et de troubles psychotiques, se prévaut d'une attestation du Docteur D, médecin psychiatre au sein de l'établissement public de santé Roger Prévot à Moisselles (Val-d'Oise), certifiant que M. A C bénéficie d'un suivi médical depuis février 2020. A cet égard, le requérant fait valoir que son traitement médicamenteux ainsi que la prise en charge par une même équipe médicale dont il bénéficie en France depuis deux ans, ont permis de stabiliser son état de santé. Compte tenu de ces éléments, dans les circonstances très particulières de l'espèce, en prenant à l'encontre de M. A C une décision portant obligation de quitter le territoire français, le préfet des Hauts-de-Seine a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés à l'encontre de cette décision, que M. A C est fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français en date du 4 janvier 2022. L'illégalité de cette décision prive de base légale les autres décisions, édictées dans le même arrêté, fixant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de renvoi. Il en résulte que l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 4 janvier 2022 doit être annulé en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions du requérant à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les dépens :
10. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, ces conclusions sont sans objet.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Laspalles renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de M. A C à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Laspalles de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A C.
DECIDE :
Article 1er : M. A C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. A C tendant à l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour contenue dans l'arrêté du 4 janvier 2022 du préfet des Hauts-de-Seine sont renvoyées devant une formation collégiale du Tribunal.
Article 3 : Les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de renvoi, contenues dans l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 4 janvier 2022, sont annulées.
Article 4 : L'Etat versera, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 000 euros à Me Laspalles, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, en application desdites dispositions. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. A C.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C, à Me Laspalles et au préfet des Hauts-de-Seine.
Lu en audience publique le 28 juillet 2022.
La magistrate désignée,
F. NEGRE LE GUILLOU La greffière
S. EL HANDOUZ
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026