lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204478 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GALINON |
Vu les procédures suivantes :
I - Sous le n° 2204478, par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 3 août et 17 septembre 2022, M. D H, représenté par Me Galinon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté en date du 13 juillet 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) à titre subsidiaire, de suspendre la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
4°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- elles méconnaissent les dispositions des articles R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 22 juin 2022 ait été régulièrement émis et que le rapport médical en date du 10 mai 2022 ait été régulièrement dressé ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation qui emporte de grave conséquences sur son état de santé dès lors qu'il présente une insuffisance rénale chronique terminale, qu'il a été hospitalisé à plusieurs reprises en France notamment du 8 au 17 février 2022 et le 5 mars 2022, il bénéficiait de nouvelles sondes de dialyses retirées en mars et désormais une greffe rénale est envisagée qui nécessitera un suivi et un traitement immunosuppresseur à vie, l'existence de ce type de traitement dans son pays d'origine est contestée en raison des techniques, du manque de personnel pour réaliser le suivi des patients, et des ressources nécessaires pour le paiement de la transplantation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en raison du défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- le préfet s'est placé en situation de compétence liée par rapport à la décision de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 (9°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la demande de suspension :
- il présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II - Sous le n° 2204479, par une requête enregistrée le 3 août 2022, Mme A G, représentée par Me Galinon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté en date du 13 juillet 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) à titre subsidiaire, de suspendre la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
4°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'un défaut de compétence ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet s'est estimé lié par la décision de rejet de l'Office de protection des réfugiés et des apatrides ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle est mère de deux enfants mineurs et qu'ils sont actuellement scolarisés.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est privée de base légale ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la demande de suspension :
- elle présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Galinon, représentant les requérants, qui conclut aux mêmes fins et soulève un nouveau moyen tiré de ce que le préfet a commis une erreur d'appréciation en refusant de mettre en œuvre l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour M. H. Me Galinon précise que M. H a été hospitalisé à plusieurs reprises, qu'une greffe rénale est envisagée, que le requérant n'est pas éligible à la donation de reins à partir d'un cadavre, que le rapport de l'OSAR et celui de Sciences Po relèvent qu'en 2016, 44 greffes ont été enregistrées dans le pays dont 23 greffes de reins, que ce chiffre s'explique par le coût des transplantations, que l'utilisation des organes des personnes mortes n'est pas autorisé en Géorgie, que le budget de santé ne permet pas de réaliser les tests auprès des patients, qu'il n'y a pas les compétences et le personnel adéquat, que la majorité des géorgiens qui font la demande de titre dans la même situation bénéficient d'un avis favorable de l'OFII, que rien ne permet de s'assurer que le requérant pourrait obtenir une greffe de membres de sa famille ou proches, qu'en tout cas, un traitement et un bilan doivent être réalisés en Géorgie, qu'il existe pourtant une situation très défavorable pour le requérant car il a arrêté de travailler, que les requérants appartiennent en Géorgie à la catégorie des personnes vulnérables, qu'il existe un programme mis en place par les autorités géorgiennes de couverture universelle, que le rapport Habitat Cité relève cependant que seuls 24 médicaments sont entièrement remboursables, couvrant 6 pathologies chroniques au nombre desquelles ne figure pas les insuffisances rénales (page 55 du rapport Habitat Cité), qu'en dehors de ces situation, le prix des médicaments est pris en charge par les patients dans leur intégralité, que le rapport de l'OSAR de 2020 confirme ce point (page 16 du rapport), qu'il y a eu certes une ambition de mettre en œuvre un programme pour les greffes, que cependant les soins, au-delà de la greffe, restent à la charge des patients, que le requérant a dépensé toutes ses économies, que l'appartenance à la catégorie des personnes vulnérables ne permet pas un accès gratuit aux soins liés à une insuffisance rénale en phase terminale, que la preuve est apportée qu'il n'y aura donc pas d'accès effectif aux soins pour le requérant, que les rapports produits contredisent les pièces plus anciennes produites par le préfet,
- les observations de Mme G et M. H, assistés de Mme Jorjik'ia, interprète en langue géorgienne, qui répondent aux questions du magistrat désigné,
- le préfet n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G et M. H, ressortissants de nationalité géorgienne, sont nés le 30 août 1989 à Signagi (URSS) et le 2 décembre 1976 à Dusheti (URSS). Ils sont entrés le 26 janvier 2022 et ont sollicité l'asile le 28 janvier suivant. Leur demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 29 avril 2022. Par deux arrêtés du 13 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne a refusé le séjour à M. H, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé leur pays de renvoi. Par les présentes requêtes, Mme G et M. H demandent au tribunal d'annuler ces décisions.
2. Les requêtes susvisées n° 2204478 et n° 2204479 concernent les deux membres d'un même couple, présentent à juger des questions connexes et ont par ailleurs fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. En vertu du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes des intéressés, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, leur admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de la requête n° 2204478 :
4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ".
5. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité de bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
6. Pour refuser d'admettre M. H au séjour, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur un avis du 22 juin 2022, émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indiquant que son état de santé, nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'il pourra bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. M. H, atteint d'une insuffisance rénale nécessitant des dialyses à raison de trois fois par semaine, soutient qu'il est dépourvu de moyens financiers et qu'il n'aura donc pas accès dans son pays aux traitements et aux soins requis par son état de santé, lesquels ne sont pas couverts par l'assurance maladie universelle. Il produit, à l'appui de ses écritures, un certificat de l'Agence de services sociaux de Géorgie du 25 août 2022 qui atteste que le requérant et sa famille ont été enregistrés dans la base de données des familles socialement vulnérables et qu'à ce titre, ils ont perçu de mai 2021 à mars 2022 une allocation de subsistance, dont le versement a été interrompu en raison de leur départ de Géorgie. Selon le rapport de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés de 2020, cette allocation de subsistance s'élève à une somme de 30 à 60 lari pour une personne par mois, soit, selon les taux de changes actuels, de 10 dollars à 20 dollars. Le préfet de la Haute-Garonne fait valoir en défense, au vu d'un rapport de cette même Organisation publié en 2016, que le traitement par dialyse en Géorgie est pris en charge par l'Etat (" Februar 2016 werden die Kosten für die Dialyse zwar von staatlicher Seite gedeckt "). Cependant, ce même rapport indique que la prise en charge ne concerne pas les frais liés aux médicaments et aux tests de laboratoire qui sont nécessaires et réalisés en parallèle du traitement par dialyses, et qui peuvent représenter une charge financière supplémentaire de l'ordre de 200 à 500 dollars américains par mois (" Februar 2016 könne die zusätzlich finanzielle Belastung für eine betroffene Person im Monat rund 200 bis 500 US-Dollar betragen "). Dans ces circonstances, eu égard aux caractéristiques du système de santé de la Géorgie et à l'impécuniosité du requérant et de sa famille, M. H, qui n'aura pas effectivement accès aux soins que nécessite son état de santé dans son pays, est fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Haute-Garonne a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. H est fondé à demander l'annulation de la décision du préfet de la Haute-Garonne en date du 13 juillet 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et par voie de conséquence des décisions l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi.
S'agissant de la requête n° 2204479 :
8. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
9. Le présent jugement annule la décision de la préfecture de la Haute-Garonne en date du 13 juillet 2022 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi de M. H. Le préfet ne conteste pas la stabilité et l'ancienneté de la relation qu'il entretient avec son épouse, Mme G et ses deux enfants mineurs, E et C. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir qu'en obligeant Mme G à quitter le territoire français, le préfet de la Haute-Garonne a porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme G est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 13 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin de suspension :
11. Le présent jugement annule les décisions portant obligation de quitter le territoire français prononcées à l'encontre des requérants. Par voie de conséquence, les conclusions des requérants tendant, en application de l'article L. 743-4 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à la suspension de l'exécution des obligations de quitter le territoire sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Eu égard aux motifs d'annulation des arrêtés attaqués, il y a lieu, d'une part, d'enjoindre au préfet de délivrer à M. H une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, d'autre part, de réexaminer la situation de Mme G, dans ce même délai.
Sur les frais liés aux litiges :
13. Sous réserve de l'admission définitive des requérants à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Galinon renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Galinon la somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée aux requérants par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 euros sera versée aux requérants.
D E C I D E:
Article 1er : Mme G et M. H, sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions des requêtes tendant à la suspension de l'exécution des mesures d'éloignement jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile.
Article 3 : Les arrêtés du préfet de la Haute-Garonne du 13 juillet 2022 sont annulés.
Article 4 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à M. H une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de réexaminer la situation de Mme G, dans ce même délai.
Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. H et Mme G à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Galinon renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Galinon la somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée aux requérants par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 euros sera versée à M. H et Mme G
Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A G, à M. D H, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Galinon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
F. BLe greffier,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,, 2204479
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026