lundi 29 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204996 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 août 2022, M. B D, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2022 du préfet de la Haute-Garonne portant transfert aux autorités suisses ainsi que l'arrêté du même jour portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande d'asile et ce dans le délai de soixante-douze heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités suisses :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 en l'absence de mention des informations relatives à la possibilité de transfert volontaire ;
- il n'indique pas que la France sera responsable du traitement de sa demande d'asile à l'issue d'un délai de six mois suivant l'acceptation des autorités suisses ;
- il méconnaît l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel ait été mené dans le respect de cet article ;
- il n'est pas établi qu'elle ait reçu toutes les informations requises dans une langue qu'il comprend, notamment les brochures relatives à l'application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il n'a pas reçu toutes les informations requises en méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;
- il méconnaît le paragraphe 4 de l'article 25 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 dès lors que la vérification de la comparaison des empreintes n'est pas établie ;
- le préfet a pris sa décision sans prendre en compte ses observations ;
- le préfet ne pouvait pas légalement décider de le transférer d'office ;
- il n'est pas démontré que les autorités italiennes et suisses aient été saisies d'une demande de reprise en charge et que les autorités italiennes aient exprimé leur désaccord et les autorités suisses leur accord ;
- le préfet n'a pas explicité les raisons de son refus de mettre en œuvre les clauses discrétionnaires prévues par l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il ne met pas en œuvre les clauses discrétionnaires de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est privé de base légale dès lors qu'il est fondé sur un arrêté de transfert illégal ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il n'existait pas de nécessité à l'assigner à résidence ;
- il porte une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir ;
- il n'existe aucune perspective raisonnable d'exécuter la mesure de transfert.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Leymarie, conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G,
- les observations de Me Laspalles, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- les observations de M. D, assisté de Mme C, interprète en tigrigna, qui rappelle son parcours migratoire ;
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant érythréen né le 20 juin 1993, est entré en France pour la première fois le 1er mars 2020. Il a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités suisses notifié le 21 juillet 2020 et mis en œuvre le 22 septembre 2020. Il déclare être de nouveau rentré en France le 31 mai 2022. Il s'est présenté à la préfecture de la Haute-Garonne le 11 juillet 2022 pour y formuler une demande d'asile. Lors de l'enregistrement de sa demande, le relevé de ses empreintes décadactylaires a révélé qu'il avait introduit une demande d'asile similaire en Italie le 7 septembre 2016 et en Suisse le 18 mai 2017. Une demande de reprise en charge a été adressé aux autorités italiennes et suisses le 27 juillet 2022 en application respectives du b) et du d) de l'article 18.1 du règlement (UE) n° 604/2013. Les autorités italiennes ont rejeté cette demande, alors que les autorités suisses ont fait connaître leur accord le 27 juillet 2022. Par deux arrêtés du 24 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne a décidé du transfert de M. D aux autorités suisses et l'a assigné à résidence. Par sa présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités suisses :
3. En premier lieu, par un arrêté du 6 avril 2022 publié le jour même au recueil administratif spécial n° 31-2022-137, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme H E, directrice des migrations et de l'intégration, et, en cas d'absence ou d'empêchement, à Mme A, son adjointe, pour signer les arrêtés portant transfert d'un étranger. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes sur lesquels il se fonde, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne que M. D a déclaré être entré irrégulièrement sur le territoire français en dernier lieu le 31 mai 2022, qu'il s'est présenté à la préfecture de la Haute-Garonne le 11 juillet 2022 pour y formuler une demande d'asile et que lors de l'enregistrement de son dossier complet le relevé de ses empreintes décadactylaires a révélé qu'il a introduit une demande d'asile similaire en Italie le 7 septembre 2016 et en Suisse le 18 mai 2017. Le préfet indique que les autorités italiennes et suisses ont été saisies d'une demande de reprise en charge le 27 juillet 2022, et que si les autorités italiennes ont rejeté cette demande le 5 août 2022, les autorités suisses ont fait connaître leur accord le 27 juillet 2022. Ce même arrêté, rappelle que l'intéressé, lors de l'entretien individuel conduit le 11 juillet 2022 a formulé des observations. Il précise, enfin, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de l'intéressé et qu'il n'est pas contraire aux dispositions de l'article 3 de cette convention proscrivant toute peines ou traitements inhumains ou dégradants. Par suite, l'arrêté contesté, qui comporte l'énoncé de l'ensemble des considérations de droit et de fait qui le fondent, est suffisamment motivé.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas de l'arrêté litigieux ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne ne se serait pas livré à un examen réel et sérieux de sa situation, et, notamment, qu'il n'aurait pas tenu compte des observations qu'il a formulées, alors que la prise en compte de ces observations ressort de la motivation de la décision attaquée, ou qu'il n'aurait pas apprécié l'opportunité d'appliquer les clauses discrétionnaires prévues par les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, alors qu'il ressort au contraire que le préfet de la Haute-Garonne a bien examiné, compte tenu des éléments alors en sa possession relatifs à sa situation personnelle, la possibilité de reconnaître la France comme Etat responsable de sa demande d'asile au regard des articles 17.1 et 17.2 du règlement du 26 juin 2013. Par suite, les moyens ne peuvent qu'être écartés.
6. En quatrième lieu, l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 prévoit que le demandeur d'asile doit se voir remettre une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application dudit règlement, et, en tout état de cause, avant la décision par laquelle l'autorité administrative refuse l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature de cette information, la remise de la brochure commune prévue par les dispositions précitées constitue une garantie pour le demandeur d'asile.
7. Il ressort des pièces produites en défense que le requérant s'est vu remettre, le 11 juillet 2022, la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ". Ces brochures incluant l'ensemble des informations nécessaires aux demandeurs d'asile lui ont été remises en langue tigrigna, langue qu'il a déclaré comprendre. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D a été reçu en entretien le 11 juillet 2022. Cet entretien s'est déroulé grâce à l'assistance d'un interprète en langue tigrigna et a été conduit par un agent de la préfecture de la Haute-Garonne, lequel était qualifié en vertu du droit national. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'entretien ne se serait pas tenu dans le respect des prescriptions prévues par l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et il ressort du formulaire résumant cet entretien individuel que le requérant a été mis à même de présenter toutes les observations utiles sur sa situation personnelle. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.
9. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'administration a bien saisi les autorités italiennes et suisses et qu'alors que les premières ont rejeté la demande de reprise en charge, les secondes ont exprimé leur accord. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En septième lieu, les dispositions de l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 n'imposaient pas à l'autorité préfectorale de mentionner dans l'arrêté contesté la possibilité qu'avait M. D de se rendre en Suisse par ses propres moyens, alors qu'il ne justifie pas avoir fait part de son intention de rejoindre volontairement ce pays. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune disposition ni d'aucun principe que l'autorité administrative doive informer le demandeur d'asile de ce que la France deviendrait l'Etat responsable de l'examen de sa demande en cas d'inexécution de la mesure de transfert dans un délai de six mois. Il s'ensuit que ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
11. En huitième lieu, le paragraphe 1 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 prévoit que le transfert du demandeur d'asile s'effectue conformément au droit national de l'Etat membre requérant. Il résulte de l'article L. 572-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision de transfert peut être exécutée d'office sous réserve du respect du droit de recours. Ainsi, le préfet a pu légalement prévoir dans son arrêté la possibilité que M. D fasse l'objet d'un transfert d'office vers la Suisse.
12. En neuvième lieu, à la différence de l'obligation d'information instituée par le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, qui prévoit que le document d'information sur les droits et obligations des demandeurs d'asile doit être remis au début de la procédure, l'obligation d'information prévue au paragraphe 1 de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 a seulement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile, laquelle est garantie par l'ensemble des Etats membres relevant du régime européen d'asile commun. Dès lors, la méconnaissance de cette obligation ne peut être utilement invoquée à l'encontre de l'arrêté portant transfert d'un étranger aux autorités de l'Etat reconnu responsable de l'examen de sa demande d'asile.
13. En dixième lieu, les dispositions du paragraphe 4 de l'article 25 du règlement (UE) n° 603/2013 ont pour objet de permettre que les résultats positifs obtenus dans Eurodac soient vérifiés par un expert en empreintes digitales ayant suivi une formation, de manière à garantir la détermination exacte de l'Etat responsable de l'examen de la demande au titre du règlement (UE) n° 604/2013. Cette vérification constitue une obligation pour les Etats, mais a pour seul objet de garantir la fiabilité des résultats de la comparaison, de sorte que sa méconnaissance ne saurait affecter la régularité de la procédure lorsque la fiabilité des informations issues de la comparaison n'est pas sérieusement critiquée. En l'occurrence, le requérant se borne à alléguer que le résultat de la comparaison des empreintes relevées en Suisse, en Italie et en France n'a pas fait l'objet d'une vérification par un expert, mais il n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause la réalité de cette correspondance.
14. En onzième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision contestée, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation de M. D et, notamment, qu'il n'aurait pas tenu compte des observations qu'il a formulées, alors que la prise en compte de ces observations ressort de la motivation de la décision attaquée, ou qu'il n'aurait pas apprécié l'opportunité d'appliquer les clauses discrétionnaires prévues par les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, alors qu'il n'est pas tenu de justifier dans l'arrêté de transfert des raisons pour lesquelles il décide de ne pas faire application de ces dernières.
15. En douzième et dernier lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () / 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. Les personnes concernées doivent exprimer leur consentement par écrit. ".
16. Si M. D soutient que sa situation relève des dérogations prévues aux articles cités au point précédent, notamment en raison de la présence d'un oncle en France, qui serait réfugié politique et avec lequel il entretiendrait des relations, il n'apporte aucune pièce ni commencement de preuve à l'appui de cette allégation. Par ailleurs, s'il est fait état dans la requête, de manière stéréotypée, qu'il serait malade et en situation de grande vulnérabilité, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, alors qu'au contraire il a déclaré lors de l'entretien individuel ne pas avoir de problème de santé. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne mettant pas en œuvre la clause dérogatoire prévue par l'article 7 du règlement du 26 juin 2013.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
17. Aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. / L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. () ".
18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été développé précédemment que M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de l'arrêté portant transfert aux autorités italiennes à l'encontre de l'arrêté l'assignant à résidence.
19. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes sur lesquels il se fonde, notamment l'article L. 751-2 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il rappelle que M. D a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités suisses et précise les motifs ayant conduit le préfet à considérer que, si l'intéressé ne pouvait pas être immédiatement éloigné du territoire français, l'exécution de l'arrêté de transfert demeurait une perspective raisonnable. Il relève en outre que M. D dispose d'une domiciliation postale à Toulouse (Haute-Garonne). Par suite, l'arrêté est suffisamment motivé.
20. En troisième lieu, M. D conteste le caractère nécessaire de la mesure en compte tenu de ses garanties de représentation et qu'il a satisfait à toutes les convocations lui ayant été adressées. Toutefois, ces circonstances sont sans influence dès lors que l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité ne prévoit pas que le prononcé de cette mesure soit subordonné à l'existence d'un risque de fuite.
21. En quatrième lieu, l'autorité préfectorale n'a pas porté une atteinte excessive à la liberté d'aller et venir de l'intéressé en lui interdisant de se déplacer sans autorisation hors du département de la Haute-Garonne et en l'obligeant à se présenter deux fois par semaine aux services de police du commissariat central de police de Toulouse (Haute-Garonne). Le requérant ne se prévaut d'ailleurs d'aucune circonstance l'empêchant de respecter les obligations prescrites par l'arrêté.
22. En cinquième et dernier lieu, compte tenu de l'accord explicite exprimé par les autorités suisses le 27 juillet 2017 en vue de la reprise en charge de M. D, lequel est valable pendant une durée de six mois, le préfet n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que la mise en œuvre de l'arrêté de transfert constituait une perspective raisonnable, alors que le requérant n'apporte aucun élément au soutien de son moyen.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 24 août 2022 par lesquels le préfet de la Haute-Garonne a prononcé son transfert aux autorités suisses et son assignation à résidence. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Laspalles et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 août 202Le magistrat désigné,
A. G Le greffier,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026