mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2300233 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GALINON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2023 et un mémoire complémentaire enregistré le 18 janvier 2023, Mme C B, représentée par Me Galinon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligée à quitter le territoire sans délai et a fixé le pays de renvoi ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de compétence de son auteur ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire et celui du droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, car elle n'est pas titulaire d'un visa touristique de deux mois mais d'un titre de séjour délivré par les autorités tchèques en cours de validité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail ;
- il ne peut être fait droit à la substitution de base légale sollicitée par le préfet, car son comportement ne caractérisant pas une menace à l'ordre public, la décision contestée ne peut être fondée sur le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, car le préfet qui s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 611-1 et non sur celles de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne pouvait légalement décider son renvoi éventuel vers la République Tchèque, pays de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des stipulations de l'article 21 de la convention d'application de l'accord Schengen ;
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est privée de base légale.
Par une pièce et un mémoire en défense enregistrés les 16 et 17 janvier 2023, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient à titre principal, que les moyens de la requête ne sont pas fondés, et demande, à titre subsidiaire, au tribunal de substituer aux dispositions du 6° de l'article L 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile celles du 5° de cet article.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code du travail,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les observations de Me Touboul substituant Me Galinon, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,
- les observations de Mme B, assistée de Mme A, interprète en langue chinoise, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de la Haute-Savoie n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante chinoise, née le 6 juin 1977 à Heilongjiang (République populaire de Chine) est entrée régulièrement sur le territoire au mois de janvier 2023. Par un arrêté du 12 janvier 2023, le préfet de la Haute-Savoie l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces décisions.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes des dispositions de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. () ". Et aux termes des dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. L'autorisation de travail est accordée de droit à l'étranger autorisé à séjourner en France pour la conclusion d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation à durée déterminée. Cette autorisation est accordée de droit aux mineurs isolés étrangers pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, sous réserve de la présentation d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation. L'autorisation de travail peut être retirée si l'étranger ne s'est pas fait délivrer un certificat médical dans les trois mois suivant la délivrance de cette autorisation. ".
4. D'une part, il résulte de l'arrêté contesté que pour obliger Mme B à quitter le territoire français le préfet de la Haute-Savoie s'est fondé sur les dispositions du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il est constant que la requérante qui séjournait régulièrement en France depuis moins de trois mois à la date de la décision contestée n'exerce aucune activité professionnelle salariée. En outre, il ne peut être déduit de son intention de travailler dans le secteur de la restauration en France l'absence de respect des conditions prévues par l'article L. 5221-5 du code du travail. Par suite, c'est au prix d'une erreur de droit que le préfet de la Haute-Savoie s'est fondé sur les dispositions du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obliger Mme B à quitter le territoire français
5. D'autre part, le préfet de la Haute-Savoie sollicite, à titre subsidiaire, que soient substituées aux dispositions du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui fondent la mesure d'éloignement contestée celles du 5° du même article. Toutefois, si Mme B a fait l'objet d'une garde à vue du 10 au 12 janvier 2023 pour des faits de proxénétisme aggravé en bande organisée, traite des êtres humains en bande organisée et association de malfaiteurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces faits aient été caractérisés et qu'ils aient fait l'objet de poursuite pénale. Au demeurant, et à supposer que la requérante se soit livrée à la prostitution, cette activité ne constitue pas à elle seule un comportement constituant une menace pour l'ordre public. Par suite, il ne peut être fait droit à la demande de substitution de base légale demandée par l'administration.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du préfet de la Haute-Savoie l'obligeant à quitter le territoire français, et par voie de conséquence, des décisions du même jour lui refusant un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi.
Sur les frais liés au litige :
7. Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Galinon renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Galinon la somme de 1 250 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet de la Haute-Savoie du 12 janvier 2023 est annulé.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Galinon renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Galinon une somme de 1 250 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Galinon et au préfet de la Haute-Savoie.
Lu en audience publique le 18 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
B. E Le greffier,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière en chef :
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026