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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2301702

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2301702

lundi 24 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2301702
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP REY GALTIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2023, Mme D C, Mme M G, M. J G, M. A B, Mme F I, M. L I et M. N K représentés par Me Cardi, demandent au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 2 février 2023 par lequel le maire de la commune de Bozouls a accordé le permis de construire n° PC 012033 22 G0032 autorisant la construction d'un ensemble immobilier " La Canopée " de quarante-huit logements collectifs sur la parcelle cadastrée section E n° 1649 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bozouls la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

-ils sont voisins immédiats du projet litigieux et justifient donc d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;

s'agissant de la condition tenant à l'urgence :

-l'urgence est présumée en vertu des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;

s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

-leur recours au fond est recevable dès lors, notamment, que le projet en cause est de nature à affecter les conditions de jouissance de leur habitation et occasionne pour eux une perte de valeur foncière ;

-le dossier de demande est incomplet dès lors qu'il ne permet pas de se rendre compte de la réalité de l'environnement ;

-le projet en litige ne prévoit pour le bâtiment A, qui comprend 11 logements individuels dont 4 avec une surface de plancher inférieure à 50 m² et 7 avec une surface de plancher égale ou supérieure à 50 m², que seize aires de stationnement et non pas dix-huit et méconnaît donc l'article U6 du plan local d'urbanisme (PLU) applicable ;

-ce projet, en ce qu'il prévoit dix-neuf logements de plus que la densité minimale nette autorisée par l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " rue des Petits Sapins " pour le secteur 1, est contraire à l'article U1.2 du PLU ;

-ledit projet compte le double du nombre de logements prévus par l'OAP sur cette emprise parcellaire constructible et est donc contraire à cette OAP eu égard à son ampleur démesurée par rapport au secteur dans lequel il s'insère ;

-il méconnaît également l'OAP rue des Petits Sapins au regard de l'objectif d'intégration architecturale et paysagère fixé dès lors, d'une part, que le bâti avoisinant est constitué d'habitations individuelles, dont les leurs, et qu'il n'existe tant dans l'environnement proche qu'éloigné aucun immeuble d'habitat collectif d'une ampleur aussi importante, à savoir quatre immeubles d'habitations collectives en R+2, d'autre part, qu'il ne prévoit pas de plantation nouvelle alors que la parcelle, qui était auparavant entièrement arborée de sapins, a été entièrement déboisée et que les frênes existants en limite nord de l'assiette, limitrophe à leurs terrains et annotés comme étant conservés, ont été rasés ;

-alors que le secteur des Petits Sapins avec sa parcelle de terrain E n° 1645 arborée de sapins depuis plusieurs dizaines d'années, présentait un intérêt naturel, la pertinence architecturale d'édifier quatre immeubles d'habitations collectives en R+2 dans un secteur pavillonnaire n'est pas exposée, pas plus que n'est justifiée l'insertion du projet dans l'environnement proche et lointain et le projet porte ainsi atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants et méconnaît donc l'article U4.1 du PLU ;

-le projet en cause méconnaît l'article U5 du PLU relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions dès lors qu'il n'apporte pas d'attention particulière au traitement de ces espaces, les centaines de sapins qui arboraient le terrain et plusieurs frênes en limite nord-ouest ayant été arrachés, et que les intentions figurant dans le dossier concernant le sort de la végétalisation actuelle et future sont imprécises ;

-il aurait dû être refusé et est donc entaché d'une erreur de droit au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la voie publique de desserte n'est pas dimensionnée pour recevoir le passage entrant et sortant de soixante-seize véhicules et qu'il existe donc un risque pour la sécurité des usagers de cette voie ;

-alors que l'OAP rue des Petits Sapins prévoit la mutualisation des deux accès existants pour la desserte du secteur, le projet litigieux ne dispose que d'un accès unique pour les véhicules, l'autre ne pouvant être utilisé que par les piétons.

Par un mémoire, enregistré le 12 avril 2023, la SCCV La Canopée, représentée par Me Galtier, conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer le temps que les éventuelles irrégularités constatées par le tribunal ne soient régularisées par l'adoption d'une nouvelle décision dans un délai de six mois à compter de la notification de l'ordonnance à venir ou, à défaut, de suspendre les seules irrégularités contenues par le projet, en fixant à six mois à compter de la notification de l'ordonnance à venir le délai pendant lequel les pétitionnaires pourront procéder à la régularisation, et demande que soit mise à la charge de chacun des requérants la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les requérants ne démontrent pas un intérêt à agir contre la décision contestée, que la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2023, la commune de Bozouls, représentée par Me Saules, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de chacun des requérants la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les requérants ne démontrent pas un intérêt à agir contre la décision contestée, que la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

-les autres pièces du dossier ;

-la requête n° 2301708 enregistrée le 30 mars 2023 tendant à l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. H pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 avril 2023, en présence de Mme E ;

-le rapport de M. H,

-les observations de Me Cardi, représentant les requérants, qui a indiqué que M. K se désistait de l'instance, a repris ses écritures en prenant acte du permis modificatif corrigeant le problème du nombre d'aires de stationnement,

-les observations de Me Saules, représentant la commune de Bozouls, qui a repris ses écritures en insistant sur le fait que la densité minimale prévue par l'OAP du PLU a bien été respectée et en rappelant notamment qu'il n'y a pas de problème de maintien de la végétalisation dans la mesure où la parcelle assiette du projet était déjà entièrement déboisée avant son acquisition par le pétitionnaire,

-et les observations de Me Galtier, représentant la SCCV La Canopée, qui a repris ses écritures, en affirmant notamment que les requérants ne disposaient pas d'un droit au maintien d'un terrain boisé à proximité de leurs habitations et qu'un soin a été apporté au traitement des façades des immeubles, qui sont en pierre naturelle.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur le désistement partiel :

1. Lors de l'audience, le conseil des requérants a indiqué que M. K entendait se désister de l'instance au vu des fins de non-recevoir opposées par les défendeurs au regard de son intérêt à agir contre la décision contestée. Alors même que l'intéressé n'a lui-même pas confirmé ce désistement, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de le tenir comme étant pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

3. Aucun des moyens visés ci-dessus n'est de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. Il y a dès lors lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, de rejeter les conclusions des requérants tendant à la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur les frais liés au litige :

4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bozouls, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Bozouls et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge des requérants la somme que la SCCV La Canopée demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de M. K.

Article 2 : La requête de Mme D C, Mme M G, M. J G, M. A B, Mme F I, et M. L I est rejetée.

Article 3 : Mme D C, Mme M G, M. J G, M. A B, Mme F I, et M. L I verseront à la commune de Bozouls une somme globale de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la SCCV La Canopée présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de la commune de Bozouls est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C, en sa qualité de représentant unique au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Bozouls et à la SCCV La Canopée.

Fait à Toulouse, le 24 avril 2023.

Le juge des référés,

B. H

La greffière,

S. GUERIN

La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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