lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2001356 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LES AVOCATS DU THELEME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mars 2020, la société à responsabilité limitée (SARL) Net Therm France, représentée par Me Raymond, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2014 au 30 septembre 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure de rectification est irrégulière, l'administration a commis une erreur d'analyse de son activité qui l'a conduit à rejeter à tort l'application du mécanisme d'autoliquidation de la taxe sur la valeur ajoutée, et les propositions de rectification sont insuffisamment motivées compte tenu des méthodes d'analyse employées par le vérificateur ;
- les résultats obtenus suite au sondage des factures sont erronés, et l'examen des conventions de sous-traitance ne permet en aucun cas d'apprécier si l'activité est intervenue dans le prolongement de travaux immobiliers ;
- son activité entre dans le champ de l'autoliquidation au regard des critères dégagés par la doctrine BOI-RES-000037 en matière de plafonds tendus ;
- les prestations ont été soumises à l'autoliquidation à la demande du donneur d'ordre ;
- elle ne peut rééditer une partie des factures en raison tant de " la prescription " que de la nécessité de préserver ses relations d'affaires ;
- le maintien du rappel de taxe sur la valeur ajoutée reviendrait pour l'Etat à en obtenir le paiement en double ;
- elle est matériellement dans l'impossibilité d'encaisser les montants rappelés auprès de ses donneurs d'ordre, mettant ainsi en péril la continuité de l'entreprise.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 juin 2020, le directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée déduite par anticipation dès lors que la réclamation préalable ne comportait aucun moyen pour les contester ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Net Therm France exerce une activité de génie climatique, détartrage chimique, traitement de l'eau et vente de produits dédiés à cette activité. Dans le cadre d'une vérification de comptabilité portant sur la taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2014 au 30 septembre 2017, deux propositions de rectification lui ont été adressées les 19 décembre 2017 et 6 février 2018. La société a présenté ses observations par lettres des 19 février et 5 avril 2018. Le service a maintenu partiellement les rectifications le 4 mai 2018 puis le 30 novembre 2018. La société a sollicité la saisine de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires qui a rendu un avis favorable sur les rectifications proposées par l'administration le 2 avril 2019. Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée et les intérêts de retard y afférents ont été mis en recouvrement le 15 mai 2019 pour un montant de 339 319 euros. La société Net Therm France demande la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2014 au 30 septembre 2017.
Sur les conclusions à fin de réduction :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () ". L'article R. 57-1 du même livre précise que : " La notification de redressement prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs du redressement envisagé () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les rectifications envisagées, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations. En revanche, la régularité d'une proposition de rectification ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs.
3. Il résulte de l'instruction que les propositions de rectification des 19 décembre 2017 et 6 février 2018 mentionnent la nature des taxes concernées, les périodes d'imposition en litige, les bases d'imposition et les motifs qui fondent les rehaussements. Par ailleurs, si la société soutient qu'une analyse erronée de son activité a conduit le service à rejeter l'application du mécanisme de l'autoliquidation en matière de taxe sur la valeur ajoutée, cette allégation, qui s'attache au bien-fondé des motifs retenus, est sans incidence sur la régularité des rectifications proposées.
4. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les propositions de rectification des 19 décembre 2017 et 6 février 2018 seraient insuffisamment motivées.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
5. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I- Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. ". Aux termes de l'article 283 même code : " 1. La taxe sur la valeur ajoutée doit être acquittée par les personnes qui réalisent les opérations imposables ().2 nonies. Pour les travaux de construction, y compris ceux de réparation, de nettoyage, d'entretien, de transformation et de démolition effectués en relation avec un bien immobilier par une entreprise sous-traitante, au sens de l'article 1er de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, pour le compte d'un preneur assujetti, la taxe est acquittée par le preneur. ".
6. En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention. Les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci.
7. Pour fonder l'imposition, le service, après avoir analysé des factures et des contrats de sous-traitance correspondant à chaque nature d'opération, ventilées par la société en plusieurs comptes, n'a admis le bien-fondé de l'application du régime d'autoliquidation que pour le compte relatif aux travaux, à l'exclusion des autres opérations. La société, qui se borne à critiquer les méthodes d'analyse employées par le vérificateur, ne saurait également faire valoir que, d'une part ces prestations ont été soumises à l'autoliquidation à la demande du donneur d'ordre, et d'autre part qu'elle ne peut rééditer une partie des factures en raison de " la prescription " ou de la nécessité de préserver ses relations d'affaires. Par ailleurs, elle ne peut utilement soutenir que le maintien du rappel de taxe sur la valeur ajoutée reviendrait pour l'Etat à en obtenir le paiement en double, ni qu'elle se trouverait en péril et matériellement dans l'impossibilité d'encaisser les montants rappelés auprès de ses donneurs d'ordre, dès lors qu'il lui est loisible d'émettre des factures rectificatives portant régularisation de taxe sur la valeur ajoutée, ouvrant droit à déduction jusqu'au 31 décembre de la deuxième année. Ce faisant, la société Net Therm France n'apporte pas les éléments, qu'elle seule peut détenir, démontrant que les prestations demeurant en litige, correspondant à des factures enregistrées dans les comptes " Echangeurs ", " Adoucisseur ", " Détartrage ", " Désembouage ", " Nettoyage et travaux TAR " et " Désinfection ", ont été réalisées dans le prolongement ou sont l'accessoire de travaux de construction en lien avec un bien immobilier au sens du 2 nonies de l'article 283 du code général des impôts. Dans ces conditions, la société n'est pas fondée à soutenir que son activité entre dans le champ de l'autoliquidation.
S'agissant de l'application de la doctrine fiscale :
8. La doctrine fiscale s'appréciant strictement, la société Net Therm France n'est pas fondée à se prévaloir de l'instruction administrative BOI-RES-000037 relative à l'activité de plafonds tendus, non transposable à son activité de génie climatique, détartrage chimique et traitement de l'eau.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin de réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels la société Net Therm France a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2014 au 30 septembre 2017 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la SARL Net Therm France est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Net Therm France et au directeur du contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 septembre 2022.
Le greffier,
S. Sangaré
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026