lundi 7 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2024404 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CORMIER - BADIN |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoire, enregistrés les 3 septembre 2020 et 27 septembre 2021, la société civile de moyens Albiscan, représentée par Me Cormier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juillet 2020 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé d'Occitanie a refusé d'instruire sa demande d'autorisation d'installation et d'exploitation d'un scanographe à utilisation médicale sur le site du centre médico-chirurgical et obstétrical (CMCO) Claude Bernard à Albi ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'agence régionale de santé d'Occitanie d'instruire sa demande d'autorisation sanitaire dans un délai de 2 mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée a été prise à la suite d'une procédure irrégulière, sans que la commission spécialisée n'ait été consultée préalablement au refus d'instruction de sa demande, en dépit de l'article L. 6122-9 du code de la santé publique, ce qui l'a privée d'une garantie légale ;
- l'agence régionale de santé Occitanie a entaché sa décision d'une erreur de droit et méconnu les dispositions du code de la santé publique relatives au regroupement en considérant qu'une même implantation, Claude Bernard, ne pouvait accueillir les autorisations de scanographe à utilisation médicale de plusieurs titulaires, ce qu'aucun texte n'empêche.
Par un mémoire, enregistré le 26 février 2021, l'agence régionale de santé (ARS) Occitanie conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- elle était en situation de compétence liée pour déclarer irrecevable le dossier de demande d'autorisation de la société requérante ;
- la commission spécialisée de l'organisation des soins n'a pas à se prononcer sur les dossiers déclarés irrecevables ;
- la société requérante ne peut pas prétendre qu'une nouvelle autorisation d'exploitation d'un scanographe à son profit ne générerait pas une implantation supplémentaire et se confondrait avec celle du CMCO Claude Bernard, et il ne s'agit pas d'un regroupement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de M. A,
- Les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile de moyens (SCM) Albiscan, composée de médecins spécialisés en radiodiagnostic et en imagerie médicale intervenant au sein du centre médico-chirurgical et obstétrical (CMCO) Claude Bernard à Albi, a déposé une demande d'autorisation d'installation et d'exploitation d'un scanographe sur le site du CMCO Claude Bernard reçue par l'ARS Occitanie le 5 mars 2020. Par un premier courrier en date du 7 avril 2020 l'agence a considéré que la demande était recevable et que le dossier déposé était complet. Toutefois, l'ARS a déclaré irrecevable la demande de la société par une décision du 2 juillet 2020 notifiée le lendemain, qui a retiré le précédent courrier, et dont la société demande l'annulation.
Sur la demande d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 6122-9 du code de la santé publique dans sa rédaction alors applicable : " L'autorisation d'activités ou d'équipements relevant d'un schéma régional est donnée ou renouvelée par l'agence régionale de santé après avis de la commission spécialisée de la conférence régionale de la santé et de l'autonomie compétente pour le secteur sanitaire. () Dans le mois qui précède le début de chaque période, le directeur général de l'agence régionale de santé publie un bilan quantitatif de l'offre de soins faisant apparaître les zones mentionnées au a du 2° de l'article L. 1434-9 dans lesquelles cette offre est insuffisante au regard du schéma régional ou interrégional de santé. Les demandes tendant à obtenir une autorisation de création d'une activité de soins ou d'un équipement matériel lourd ne sont recevables, pour la période considérée, que pour des projets intéressant ces zones. Toutefois, dans l'intérêt de la santé publique, des demandes peuvent être reçues lorsqu'elles visent à satisfaire des besoins exceptionnels définis par arrêté du directeur général de l'agence régionale de santé/. La décision de l'agence régionale de santé est notifiée au demandeur dans un délai maximum de six mois suivant la date d'expiration de la période de réception des demandes. Cette décision est motivée ". Aux termes de l'article L. 6122-3 du même code : " L'autorisation ne peut être accordée qu'à : () 3° Une personne morale dont l'objet porte, notamment, sur l'exploitation d'un établissement de santé, d'une activité de soins ou d'un équipement matériel lourd mentionnés à l'article L. 6122-1 ou la pratique des activités propres aux laboratoires de biologie médicale. () Quelle que soit la forme de gestion ou d'exploitation adoptée par la personne titulaire de l'autorisation, celle-ci en demeure le seul responsable, notamment au regard des obligations relatives à l'organisation et à la sécurité des soins. ".
3. Il résulte de ces dispositions que seules sont recevables les demandes d'autorisation intéressant des territoires de santé dans lesquels les besoins de santé ne sont pas satisfaits, ou, dans les territoires dont les besoins sont satisfaits, les demandes visant à satisfaire des besoins exceptionnels, besoins préalablement constatés par le directeur de l'agence régionale de santé, à travers le bilan quantifié de l'offre de soins. Par suite, l'autorité compétente, saisie d'un projet intéressant un territoire de santé dans lequel les besoins tels qu'ils sont définis par bilan quantifié de l'offre de soins sont satisfaits et pour laquelle le bilan ne fait état d'aucun besoin exceptionnel, est tenue de rejeter comme irrecevable la demande d'autorisation.
4. Le bilan quantifié de l'offre de soins par zone d'implantation fixé par l'agence régionale de santé Occitanie dans l'annexe 16 de son arrêté du 20 décembre 2019 régulièrement publié le jour même, ne prévoit dans le Tarn aucune nouvelle implantation concernant les équipements matériels lourds de type scanographes, 6 étant installés, même s'il permet la délivrance de deux scanographes supplémentaires sur des implantations déjà équipées. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et de la demande d'autorisation, que le scanner sollicité par la société civile de moyens requérante est situé sur le même site Claude Bernard à Albi que le CMCO, qui dispose lui d'une autorisation. Par suite, et même si la SNC et le CMCO constituent deux personnes morales distinctes, au sens de l'article L. 6122-3 précité du code de la santé publique, les deux scanners devaient être regardés comme relevant d'une même implantation, au sens de l'annexe 16. Et le refus de l'ARS, qui a estimé qu'il s'agissait d'implantations distinctes, est entaché d'erreur de droit.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur ses autres moyens, est fondée à demander l'annulation de la décision du directeur général de l'ARS Occitanie du 2 juillet 2020.
Sur l'injonction :
6. Il convient, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur général de l'ARS Occitanie, de réexaminer la demande de la SCM Albiscan, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit utile d'assortir l'injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, à verser à la requérante, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du directeur général de l'agence régionale de santé Occitanie du 2 juillet 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'agence régionale de santé Occitanie, de réexaminer la demande de la société civile de moyens Albiscan, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à la société civile de moyens Albiscan une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société civile de moyens Albiscan et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera transmise à l'agence régionale de santé Occitanie.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2022.
Le rapporteur,
V. A
L'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 8 novembre 2022,
Le greffier,
F. Balickifb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026