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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2024958

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2024958

vendredi 30 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2024958
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué au tribunal administratif de Montpellier le dossier de la requête de Mme C A.

Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2020, Mme C A, représentée par la SCP d'avocats Grimaldi et Molina, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler le tableau d'avancement d'échelon du corps des professeurs certifiés pour l'année 2019-2020, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Toulouse de réexaminer sa valeur professionnelle et les acquis de son expérience professionnelle et procéder à l'établissement d'un nouveau tableau d'avancement ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'avis rendu par la commission administrative paritaire académique l'a été à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que :

* cette commission n'a pas été convoquée deux mois avant la tenue de la réunion,

* la convocation des membres de la commission administrative paritaire académique ne comportait pas d'ordre du jour ;

* elle était irrégulièrement composée ;

* les membres de la commission n'ont pas reçu les documents nécessaires huit jours au moins avant la date de la réunion ;

* le quorum n'était pas atteint ;

- le recteur a commis une erreur de droit en accordant l'avancement d'échelon accéléré à un homme afin de respecter la parité homme/femme ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa valeur professionnelle était supérieure à celle du promu.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2021, le recteur de l'académie de Toulouse conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et subsidiairement au rejet au fond.

Il soutient que :

- la requête est tardive ;

- la requête est irrecevable faute de production de la décision attaquée ;

- les autres moyens de la requête sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier :

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- le décret n°72-581 du 4 juillet 1972 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, professeure certifiée de classe normale en documentation affectée au sein du lycée général Bellevue à Albi, demande par sa requête l'annulation du tableau d'avancement accéléré pour le passage au 9e échelon affiché le 9 mars 2020.

Sur la recevabilité de la requête :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () " L'article R. 421-5 du même code dispose également que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Enfin, aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 1er de l'ordonnance n° 2020-306 du

25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. (). Aux termes de l'article 2 de cette ordonnance n°2020-306 du

25 mars 2020 : " Tout () recours, action en justice () non avenu () et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois. ". Par ailleurs, en vertu des dispositions du I de l'article 15 de l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif, renvoyant à l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020, le délai de recours contentieux expirait dans un délai de deux mois courant à compter du 24 juin 2020, soit le 25 août 2020.

4. En l'espèce, Mme A demande l'annulation du tableau d'avancement accéléré pour le passage au 9e échelon et dont elle reconnaît l'affichage à compter du 9 mars 2020. Ainsi, le délai de recours contentieux de deux mois contre ce tableau expirait le 10 mai 2020, soit pendant la période mentionnée à l'article 1er précité de l'ordonnance du 25 mars 2020. Mme A soutient en outre avoir introduit un recours gracieux auprès du recteur de l'académie de Toulouse, par courrier recommandé avec avis de réception et par courriel du 1er juin 2020. Toutefois, et alors que le recteur de l'académie de Toulouse le conteste, la requérante ne justifie pas de la réception de ce recours par les services rectoraux, et d'avoir exercé dans le délai de recours contentieux un recours administratif de nature à proroger le délai de recours contentieux. Mme A disposait donc d'un délai expirant le 25 août 2020 pour déposer sa requête. Il s'ensuit que la requête de Mme A, enregistrée au greffe du tribunal le 2 octobre 2020, est tardive et par suite, irrecevable.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.

Une copie en sera adressée pour information au recteur de l'académie de Toulouse

Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Gayrard, président,

Mme Bayada, première conseillère,

Mme Gavalda, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.

La rapporteure,

A. B Le président,

J.P. Gayrard

La greffière,

B. Flaesch

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 30 septembre 2022,

La greffière,

B. Flaesch

N°2024958et

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