vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2104189 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | S.C.P. CHICHET-HENRY AVOCATS - HG&C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2021, Mme C A, représentée par AARPI MB avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2021 et le courrier du 3 mai 2021 par lesquels le maire de Saint-Chinian a fixé la date de consolidation de son état de santé au 26 janvier 2021 et l'a placée à demi-traitement à compter de cette date ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Chinian de la placer en congé pour maladie professionnelle à compter du 26 janvier 2021 jusqu'à sa reprise du travail ou son placement à la retraite pour invalidité et de reconstituer sa carrière dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la commune de Saint-Chinian de réexaminer sa situation en reprenant un nouvel arrêté dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Chinian une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant des décisions en tant qu'elles fixent la date de consolidation :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le maire s'est à tort estimé lié par l'avis de la commission de réforme ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation ;
S'agissant des décisions en tant qu'elles mettent fin au bénéfice du congé de maladie professionnelle :
- les décisions sont insuffisamment motivées ;
- le maire s'est à tort estimé lié par l'avis de la commission de réforme ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que sa situation est entièrement régie par le 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 ;
- elles méconnaissent le 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 dès lors qu'elle peut prétendre au bénéfice de cette disposition jusqu'à sa mise à la retraite ou au rétablissement de son aptitude au service ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de santé fait obstacle à une reprise de ses fonctions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2021, la commune de Saint-Chinian, représentée par la SCP Chichet-Henry-Pailles-Garidou-Renaudin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Charre, représentant Mme A, et de Me Garidou, représentant la commune de Saint-Chinian.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, attachée territoriale à la commune de Saint-Chinian, a été placée en congé de maladie à compter du 5 janvier 2017 et a présenté une demande tendant à voir reconnaître le caractère professionnel de la maladie dont elle souffre. Par un premier arrêté n° 2018-181 du 9 juillet 2018, le maire de Saint-Chinian a placé Mme A en congé de maladie ordinaire à plein traitement du 5 janvier au 4 juillet 2017 puis à demi-traitement du 5 juillet 2017 au 4 janvier 2018. Par un second arrêté n° 2018-182 du 9 juillet 2018, le maire l'a mise en disponibilité d'office pour six mois à compter du 5 janvier 2018. Par arrêté du 18 juillet 2018, le maire a annulé et remplacé le premier arrêté du 9 juillet 2018 puis a placé l'intéressée en congé de maladie ordinaire à plein traitement du 5 janvier au 4 avril 2017 et à demi-traitement du 5 avril 2017 au 4 janvier 2018. Par un jugement n° 1804211-1804238 du 12 juin 2020, le tribunal administratif de Montpellier a annulé ces deux arrêtés et enjoint au maire de Saint-Chinian de reconnaître la maladie dont est victime Mme A depuis le 5 janvier 2017 comme imputable au service jusqu'à la date de consolidation de son état de santé et de procéder à la reconstitution de sa carrière dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Pour l'exécution de ce jugement, Mme A a été placée en congé de maladie imputable au service à compter du 5 janvier 2017 par arrêté du 7 juillet 2020. Puis, par un jugement n° 1903223 du 27 novembre 2020, le tribunal administratif de Montpellier a annulé la décision du 18 avril 2019 par laquelle le maire de Saint-Chinian a rejeté la demande de Mme A tendant à voir reconnaître sa pathologie imputable au service. Enfin, après avoir recueilli l'avis de la commission de réforme, le maire de Saint-Chinian, par un arrêté du 13 avril 2021, a fixé au 26 janvier 2021, la date de consolidation de l'état de santé de Mme A et l'a placée, à compter de cette date, en congé de maladie ordinaire à demi-traitement. Mme A a présenté un recours gracieux, rejeté le 30 juin 2021 par le maire de Saint-Chinian. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 13 avril 2021 en tant qu'il fixe la date de consolidation de son état de santé au 26 janvier 2021 et décide de ne plus prendre en charge les arrêts de maladie et les soins postérieurs à cette date.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant la date de consolidation de l'état de santé de Mme A :
2. En premier lieu, la décision contestée par laquelle le maire de Saint-Chinian a fixé la date de consolidation de l'état de santé de Mme A au 26 janvier 2021 ne relève d'aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est inopérant et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire se serait senti lié par l'avis de la commission de réforme et aurait méconnu sa compétence.
4. En troisième lieu, la date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et acquièrent un caractère permanent, ce qui permet alors d'apprécier un taux d'incapacité permanente partielle qui a résulté d'une pathologie ou d'un accident. La consolidation de l'état de santé ne peut, en revanche, être assimilée à la guérison et ne constitue pas davantage une circonstance impliquant nécessairement la fin des soins nécessités par cette pathologie ou cet accident. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur la date de consolidation retenue par l'autorité administrative.
5. Pour fixer la date de consolidation de l'état de santé de Mme A au 26 janvier 2021, la commune de Saint-Chinian s'est fondée sur l'avis, émis le 4 mars 2021 par la commission de réforme. La requérante soutient que son état de santé n'est pas consolidé en se prévalant des conclusions en ce sens d'une expertise réalisée par le docteur B, médecin psychiatre, selon lesquelles son état mental n'a pas connu d'amélioration. Toutefois, cette expertise, réalisée le 18 septembre 2020, est antérieure de plus de quatre mois à la réunion de la commission de réforme dont l'avis a été émis par trois médecins. Ainsi, il ne résulte pas des pièces du dossier que l'état de santé de Mme A n'était pas stabilisé au 26 janvier 2021. Par suite, en fixant au 26 janvier 2021 la date de consolidation des lésions consécutives à la pathologie de Mme A, diagnostiquée le 5 janvier 2017, le maire de Saint-Chinian n'a commis ni erreur de fait ni erreur d'appréciation.
En ce qui concerne la décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail postérieurs au 26 janvier 2021 :
6. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, applicable à la date à laquelle la maladie a été diagnostiquée: " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. / () Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. /()".
7. Il résulte des dispositions citées au point précédent que lorsque la maladie d'un fonctionnaire a été contractée ou aggravée dans l'exercice de ses fonctions, ce dernier conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite et bénéficie du remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par cette maladie, y compris, le cas échéant, s'ils sont exposés postérieurement à la date de consolidation constatée par l'autorité compétente. Le droit à la prise en charge au titre de la maladie contractée en service des arrêts de travail et des frais de soins postérieurs à la consolidation demeure toutefois subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation, mais au caractère direct et certain du lien entre l'affection et la maladie imputable au service. La date de consolidation de l'état de santé correspond au moment où l'état de santé est stabilisé, ce qui permet d'évaluer, s'il y a lieu, l'incapacité permanente en résultant. Elle est donc sans incidence sur la persistance de l'affection dont peut souffrir la victime et, partant, sans incidence sur l'imputabilité au service des troubles qui ont persisté après cette date.
8. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a présenté un certificat de prolongation de son arrêt de travail rédigé par son médecin psychiatre portant sur la période postérieure au 26 janvier 2021. En prescrivant une telle prolongation, ce médecin psychiatre a considéré que la maladie professionnelle dont souffre Mme A conservait un lien avec le service ainsi que son inaptitude à la reprise de son activité professionnelle. Alors que la commission de réforme ne n'est prononcée que sur la date de consolidation et non sur l'imputabilité au service des arrêts de maladie de Mme A, aucune des pièces du dossier ne permettent de remettre en cause le certificat médical qu'elle a fourni. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que les arrêts de travail pour la période postérieure au 26 janvier 2021, date de consolidation de sa pathologie, étaient, compte tenu du lien direct et certain avec celle-ci, imputables au service et qu'elle devait conserver l'intégralité de son traitement. Par suite, l'arrêté en litige la plaçant à demi-traitement méconnaît les dispositions du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. Eu égard au motif sur lequel repose l'annulation de l'arrêté litigieux, le présent jugement implique que le maire de Saint-Chinian prenne une décision reconnaissant comme imputables au service les arrêts de travail postérieurs au 26 janvier 2021 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a, en revanche, lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Chinian une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 13 avril 2021 et la décision du 3 mai 2021 en tant qu'elles refusent de prendre en charge au titre sa maladie professionnelle les arrêts de travail pour la période postérieure au 26 janvier 2021, sont annulées, ensemble le rejet du recours gracieux du 30 juin 2021.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Saint-Chinian de prendre une décision reconnaissant comme imputables au service les arrêts de travail postérieurs au 26 janvier 2021 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saint-Chinian versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Saint-Chinian.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besle, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
A. BayadaLe président,
D. Besle
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 12 mai 2023.
La greffière,
B. Flaeschil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026