jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2106227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAILLOT AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 novembre 2021 et 12 avril 2022, M. et Mme B et D A, représentés par la SELARL Valette-Berthelsen, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Balaruc-les-Bains a délivré à la société Hélénis un permis de construire un immeuble collectif de 17 logements sur la parcelle cadastrée section AD n° 228, située 8 avenue de la gare, ainsi que la décision du 28 septembre 2021 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Balaruc-les-Bains et de la société Hélénis une somme de 1 500 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué est abandonné ;
- le permis attaqué méconnaît les dispositions de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur des constructions dès lors que, d'une part, la tolérance d'un mètre n'est admise que pour le calcul de la hauteur relative tandis que, d'autre part, à supposer même que les auteurs du plan aient entendu permettre l'application de cette tolérance pour le calcul de la hauteur maximale, cette règle de tolérance est entachée d'illégalité alors en tout état de cause qu'il n'est pas établi que le dépassement de la hauteur maximale fixée à 11 mètres était nécessaire en l'espèce pour édifier un nombre entier d'étages droits ;
- le permis litigieux méconnaît les dispositions du plan de prévention des risques d'inondation du bassin versant de l'étang de Thau qui n'autorisent pas la création de chaussées-réservoir infiltrantes en zone rouge (Ru).
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2022, la société Hélénis, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la mise en œuvre des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, la commune de Balaruc-les-Bains, représentée par la SELARL Maillots et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 29 mars 2022, que cette affaire était susceptible, à compter du 5 mai 2022 de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 24 mai 2022 par ordonnance du même jour.
Un mémoire produit par M. et Mme A, représentés par la SELARL Valette-Berthelsen, a été enregistré le 19 août 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Furstenheim, représentant M. et Mme A, celles de Me Bard, représentant la commune de Balaruc-les-Bains, et celles de Me Rosier, représentant la société Hélénis.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 décembre 2020, la société Hélénis a déposé une demande de permis de construire un immeuble collectif de 17 logements sur la parcelle cadastrée AD n° 228, située 8 avenue de la gare, à Balaruc-les-Bains. Par arrêté du 16 juin 2021, le maire de la commune de Balaruc-les-Bains lui a délivré le permis sollicité. Par courrier du 10 août 2021, M. et Mme A ont formé un recours gracieux contre cet arrêté qui a été rejeté par décision du 28 septembre 2021. Par la présente requête, ils demandent l'annulation du permis de construire délivré le 16 juin 2021 et de la décision du 28 septembre 2021 rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Balaruc-les-Bains, relatif à la hauteur des constructions : " La hauteur des constructions est mesurée à partir du sol naturel existant avant travaux défini par un plan altimétrique détaillé jusqu'au sommet du bâtiment, ouvrages techniques, cheminées et autres superstructures exclus. / Toutes les constructions, de dehors des équipements publics, doivent satisfaire à deux règles : 1. L'une fixe la hauteur maximale proposée 2. L'autre fixe la hauteur par rapport à la largeur de la rue. / Hauteur totale : La hauteur maximale des constructions est fixée à 11 mètres. / Hauteur relative : La hauteur des constructions doit être égale ou inférieure à une fois et demi la largeur de la voie, augmentée éventuellement du retrait par rapport à l'alignement (H + ou ( 1,5x(L+A)). / Une tolérance de 1 mètre est admise lorsque la hauteur déterminée comme il est indiqué ci-dessus ne permet pas d'édifier un nombre entier d'étages droits. () ".
3. D'une part, il ne résulte pas des dispositions précitées de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Balaruc-les-Bains que les auteurs de ce document aient entendu ne permettre le jeu de la règle de tolérance d'un mètre que pour le seul calcul de la hauteur relative des constructions situées en zone UA.
4. D'autre part, lorsqu'un motif d'illégalité non étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d'urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours en annulation d'une autorisation d'urbanisme ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur. Dès lors, M. et Mme A ne sauraient utilement faire valoir que l'application de cette règle de tolérance à la hauteur maximale serait entachée d'illégalité dès lors qu'ils ne soutiennent pas que le permis de construire litigieux méconnaitrait les dispositions du document d'urbanisme antérieur remises en vigueur.
5. Enfin, le dernier niveau d'un bâtiment doit être regardé comme constituant un " étage droit " et non des combles au sens des dispositions précitées de l'article UA 10 s'il est établi qu'il peut être aménagé en niveau habitable sans qu'il soit nécessaire d'y intégrer le volume situé au-dessus de l'égout du toit. En l'espèce, il ressort du plan de coupe AA' versé au dossier de demande que le dernier niveau en attique du bâtiment projeté est situé à 2,30 mètres en-dessous de l'égout du toit et constitue donc un " étage droit " au sens de l'article UA 10. En revanche, il ressort des pièces du dossier que la hauteur au faitage de l'immeuble projeté est de 11,93 mètres par rapport au niveau du terrain naturel et dépasse donc la hauteur maximale admise dans ce secteur. Et il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des relevés topographiques du terrain d'assiette qui ne présente pas de pente, que le respect de la règle de hauteur maximale ne permettrait pas d'édifier un nombre entier d'étages droits, ni davantage que l'exigence d'une pente en toiture de 25 % prévue par le plan local d'urbanisme ferait obstacle au respect de la règle de hauteur maximale fixée à 11 mètres. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le projet méconnaît l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme.
6. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan des réseaux, que le permis autorisé prévoit la réalisation de chaussées-réservoir infiltrantes sur la partie Sud du terrain d'assiette du projet située en zone rouge (Ru) du PPRI du bassin versant de l'étang de Thau. Si les requérants font valoir que ces travaux ne sont pas autorisés au titre des clauses règlementaires applicables aux projets nouveaux implantés en zone rouge, il ressort toutefois dudit règlement, dont la version complète est librement accessible sur le site internet de la préfecture de l'Hérault, que ce dispositif est toutefois expressément autorisé en toutes zones au titre du chapitre 4.4 relatif aux " Dispositions constructives obligatoires pour les projets nouveaux implantés en zones inondables ", aux termes desquelles : " Les techniques suivantes, non exhaustives, sont à mettre en œuvre sous la responsabilité du maître d'ouvrage et de son maître d'œuvre dans le cadre de constructions nouvelles () en zone inondable : () En matière de pluvial, il convient de rechercher la mise en œuvre de techniques compensatoires à l'urbanisme favorisant l'infiltration des eaux pluviales sur place et le ralentissement des écoulements (tranchées filtrantes, puits d'infiltration, chaussée réservoir, etc.) ". Par suite, et alors que ces prescriptions sont par ailleurs expressément reprises à l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme, le moyen tiré de l'illégalité du recours à des chaussées-réservoir infiltrantes en zone rouge du PPRI ne peut qu'être écarté.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
7. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".
8. Il résulte de ces dispositions que le juge administratif peut procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où une illégalité affecte une partie identifiable du projet et où cette illégalité est susceptible d'être régularisée par un permis modificatif, sans qu'il soit nécessaire que la partie illégale du projet soit divisible du reste de ce projet. Le juge peut, le cas échéant, s'il l'estime nécessaire, assortir sa décision d'un délai pour que le pétitionnaire dépose une demande d'autorisation modificative afin de régulariser l'autorisation subsistante, partiellement annulée.
9. Il ressort des pièces du dossier que l'illégalité relevée au point 5 ci-dessus et résultant de la méconnaissance de la règle de hauteur totale fixée par les dispositions de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Balaruc-les-Bains, affecte une partie identifiable du projet autorisé. Sa régularisation n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de prononcer la seule annulation partielle du permis de construire attaqué au sens de ce texte et de fixer à deux mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel la pétitionnaire pourra demander la régularisation de cette autorisation d'urbanisme.
10. Il résulte de ce qui précède que c'est seulement dans la mesure définie au point précédent que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 16 juin 2021 du maire de Balaruc-les-Bains et de la décision du 28 septembre 2021 rejetant leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui n'ont pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, les sommes demandées par la commune de Balaruc-les-Bains et par la société Hélénis au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Balaruc-les-Bains et de la société Hélénis une somme de 1 000 euros chacune à verser à M. et Mme A sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 6 juin 2021 du maire de Balaruc-les-Bains est annulé partiellement dans la mesure définie au point 9 du présent jugement.
Article 2 : Le délai imparti à la société Hélénis pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Balaruc-les-Bains versera à M. et Mme A une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La société Hélénis versera à M. et Mme A une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et D A, à la commune de Balaruc-les-Bains et à la société Hélénis.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Montpellier.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 septembre 2022.
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026