vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203229 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MARGALL, D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juin 2022 et un mémoire en réplique enregistré le 19 juillet 2022, M. et Mme B, représentés par la SCP Bouyssou et Associés, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté n° PC 011 136 21 3 0010 du 22 avril 2022 par lequel le maire de Fanjeaux a délivré à la commune un permis de construire valant autorisation de travaux ;
2°) de condamner la commune de Fanjeaux à leur verser la somme de 5 000 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir dès lors qu'ils sont propriétaires d'une maison d'habitation dans laquelle ils résident, située à proximité immédiat du projet, et que le changement de destination du bâtiment implanté devant la façade de leur maison en commerce va nécessairement affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien ;
- leur requête est recevable dès lors qu'ils ont formé le recours en annulation de l'arrêté contesté le 8 juin 2022 ;
- la condition d'urgence, présumée satisfaite, est remplie dès lors que le pétitionnaire a commencé les travaux ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué dès lors que :
. le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme en ce qu'il ne précise pas la destination future du local existant, qu'il ne comporte pas de plan des façades, de plan de la modification de la toiture et de plan en coupe de la construction et que le plan de masse ne mentionne pas les réseaux et les modalités de raccordement du projet ;
. les prescriptions relatives à la conformité d'un établissement recevant du public et aux règlementations relatives à l'accessibilité et à la sécurité de tels établissements ne sont assorties d'aucune motivation ;
. le maire n'avait pas été habilité par le conseil municipal pour déposer la demande de permis de construire ;
. le dossier est incomplet en tant qu'il porte sur une autorisation de travaux puisque les aménagements nécessaires à l'accessibilité des personnes à mobilité réduite n'y sont pas mentionnés, que le type de l'activité qui sera exercée dans le local n'est pas renseigné et que l'effectif public déclaré ne correspond pas à l'activité de restauration sur place et à emporter, de type N, qui est envisagée ;
. le permis de construire accordé ne respecte pas les dispositions de l'article UB1 du plan local d'urbanisme (PLU) en ce que l'arrêté ne précise pas la destination future autorisée pour le bâtiment considéré ;
. il ne respecte pas les dispositions de l'article UB6 du PLU dès lors que l'accès des personnes à mobilité réduite au projet est conditionné à la réalisation d'un équipement public qui n'est pas programmé ;
. il ne respecte pas les dispositions de l'article UB7 du PLU relatives à la desserte par les réseaux d'eau potable, d'électricité, de téléphone et d'eaux usées ;
. il ne respecte pas les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en termes de sécurité dès lors que le projet sera de nature à entraîner un surcroît de circulation et des besoins de stationnement de proximité accrus, ainsi qu'un nombre important d'arrêts de courte durée impliquant de nombreuses rotations de véhicules, voire des arrêts sur la voie publique qui est une route départementale avec un trafic significatif ;
. le permis de construire est illégal en tant qu'il vaut autorisation de travaux, en raison du non-respect des obligations en termes d'accessibilité du local ;
. contrairement à ce qu'indique la commune en défense, les riverains n'ont pas été associés au projet.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juillet 2022, la commune de Fanjeaux, représentée par Me D'Albenas, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le dossier de demande de permis de construire indique que la future destination du local sera à usage commercial et, au regard des différents plans, ne comporte aucune insuffisance ; la modification de la toiture ne porte que sur une révision de la couverture ;
- l'arrêté attaqué est motivé en droit et en fait et indique les prescriptions de manière exhaustive ;
- le projet a été réalisé en concertation avec le voisinage ;
- le maire a évoqué le 26 octobre 2021, en conseil municipal, le projet de réhabiliter l'ancien abribus, en demandant au conseil de se prononcer sur la possibilité de louer ce bâtiment dans le cadre d'un projet de restauration rapide ; le conseil municipal a accepté à l'unanimité, lors de sa séance du 23 mai 2022, de louer ce local ; si nécessaire, le maire réunira le conseil municipal pour l'autoriser à déposer la même demande ;
- l'arrêté attaqué prévoit que l'occupant des lieux devra sollicité une autorisation au titre d'un établissement recevant du public ;
- l'arrêté ne contrevient pas aux articles UB1 et UB2 du PLU ;
- il ne méconnaît pas l'article UB6 dès lors que l'accès à l'intérieur du bâtiment est sans rapport avec la desserte d'un projet par une voie publique ou privée ;
- le local est déjà raccordé à tous les réseaux ;
- l'arrêté ne méconnaît pas l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet dispose de nombreuses places de stationnement à proximité ;
- l'accessibilité ne s'apprécie pas au stade du changement de destination.
Vu :
- la requête, enregistrée le 8 juin 2022 sous le n° 2202914, tendant à l'annulation de l'arrêté susvisé ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Encontre, juge des référés,
- les observations de Me Evano, pour M. et Mme B, qui maintiennent leurs écritures et soutiennent en outre que le local étant destiné à accueillir un commerce de restauration rapide, l'installation d'un dispositif d'extraction de fumée devait être prescrit,
- les observations de Me Teles, pour la commune de Fanjeaux.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Par arrêté n° PC 011 136 21 3 0010 du 22 avril 2022, le maire de la commune de Fanjeaux a délivré, après avis de l'architecte des bâtiments de France et de la sous-commission départementale d'accessibilité, un permis de construire en vue du changement de destination d'un local de 17 m² appartenant à la commune, ayant servi en dernier lieu d'abribus, en vue de sa location pour un usage commercial, avec révision de la toiture et création d'une ouverture, situé sur la parcelle n°85 section A, route de Mirepoix, le local étant livré par le maître d'œuvre non aménagé et une autorisation devant être sollicitée par le futur exploitant avant l'ouverture au public en ce qui concerne l'aménagement intérieur de l'établissement recevant du public de 5ème catégorie, avec un public accueilli limité à 6 personnes. Par la présente requête, M. et Mme B demandent au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable () ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite. () ".
4. Le recours en annulation dirigé contre l'arrêté en litige ayant été assorti d'une requête en référé suspension déposée avant l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le tribunal, la condition d'urgence est présumée satisfaite. Les requérants font valoir sans être contestés que les travaux autorisés par l'arrêté litigieux sont en cours de réalisation. Il s'ensuit que la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
5. En l'état de l'instruction, les moyens tirés, d'une part, de ce que le maire de Fanjeaux a déposé, le 23 décembre 2021, le dossier de demande de permis de construire au nom de la commune en vue de son instruction sans y avoir été habilité par une délibération du conseil municipal et, d'autre part, de l'absence de mention dans ce dossier des modalités de raccordement du local dont il s'agit aux réseaux publics sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état de l'instruction, aucun des autres moyens, tels que soulevés par les requérants, n'est susceptible d'entraîner la suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué.
7. Dès lors que les deux conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de l'arrêté contesté en date du 22 avril 2022.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par la commune de Fanjeaux sur leur fondement. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Fanjeaux la somme de 1 200 euros à verser aux requérants au titre des frais exposés par eux non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 22 avril 2022 susvisé est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 2 : La commune de Fanjeaux versera à M. et Mme B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Fanjeaux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A et C B et à la commune de Fangeaux.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Carcassonne.
Fait à Montpellier, le 22 juillet 2022.
La juge des référés,
S. Encontre
La greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous huissiers à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 juillet 2022.
La greffière,
L. Rocherlr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026