mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2203424 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | COELO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2022, M. D B, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Sète, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté de la préfète du Gard du 1er juillet 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre à la préfète de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête n'est pas tardive ; il justifie d'un intérêt à agir ;
- la décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- la préfète ne pouvait légalement l'obliger à quitter le territoire français sans se prononcer sur les motifs du refus d'enregistrer sa demande d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination ;
- eu égard aux risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine, la préfète a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en fixant l'Algérie comme pays de destination ;
- la préfète a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en édictant une interdiction de retour, dont la durée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E ;
- et les observations de Me Coelho, représentant M. B, assisté de M. A C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 6 mai 1989, entré irrégulièrement sur le territoire français en janvier 2022, selon ses déclarations, demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'arrêté de la préfète du Gard du 1er juillet 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté contesté fait référence aux dispositions du 1° de l'article
L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et mentionne que M. B ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et s'y maintient irrégulièrement depuis quatre mois sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour. En outre, l'arrêté relève que M. B a exprimé son souhait de demander l'asile. L'arrêté énonce ainsi les éléments pertinents de la situation personnelle du requérant. Ces indications lui ont permis de comprendre et de contester la décision portant obligation de quitter le territoire français. Cette décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de l'audition de M. B, dressé le 1er juillet 2022 par un officier de police judiciaire, consécutivement à son interpellation du même jour pour une infraction au code de la route, que l'intéressé, qui n'avait entrepris aucune démarche pour demander l'asile et régulariser sa situation depuis son entrée en France, n'a pas expressément indiqué que le but de sa présence sur le territoire français était de demander l'asile, n'a formulé aucune observation circonstanciée sur les raisons qui l'ont conduit à quitter l'Algérie et n'a pas fait état de quelconques risques en cas de retour dans ce pays. Le requérant s'est borné, au terme de son audition, à exprimer son souhait de présenter une demande d'asile, seulement après avoir été invité à formuler des observations sur une éventuelle mesure de reconduite à la frontière à son encontre. Dans ces circonstances, cette déclaration, formulée en des termes aussi généraux, ne suffit pas à démontrer que M. B aurait entendu solliciter l'asile en France. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Gard ne pouvait légalement l'obliger à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé aux points 3 et 4 que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
6. En deuxième lieu, l'arrêté contesté fait référence aux dispositions de l'article
L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et mentionne que M. B ne démontre pas être exposé à des peines ou à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il peut dès lors être reconduit d'office dans le pays dont il a la nationalité ou, avec son accord, dans tout autre pays non membre de l'Union européenne, ou avec lequel ne s'applique pas l'accord de Schengen, pour lequel il établit être légalement admissible. Cette décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Pour l'application des stipulations et des dispositions précitées, il appartient à l'autorité administrative de s'assurer que la décision fixant le pays de renvoi d'un étranger ne l'expose pas à des risques sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique, non plus qu'à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. D'une part, lors de son audition, le 1er juillet 2022, M. B n'a pas fait état de quelconques risques en cas de retour en Algérie. D'autre part, il n'apporte aucun élément démontrant, en cas de retour en Algérie dans sa région d'origine, la réalité et le caractère personnel et actuel de risques d'emprisonnement ou de mauvais traitements de la part des autorités algériennes qu'il allègue. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de l'interdiction de retour :
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code, pour fixer la durée de l'interdiction de retour, " l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
10. M. B n'est présent sur le territoire français que depuis le mois de janvier 2022. Il ne dispose pas d'attaches familiales proches sur le territoire national. L'ensemble des circonstances propres à sa situation personnelle est de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, qui n'est pas en l'espèce disproportionnée, alors même que M. B n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que sa présence en France ne représente pas une menace pour l'ordre public. Dès lors, le moyen, tiré de l'inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète du Gard du 1er juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté contesté, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de M. B à fin d'injonction de réexamen de sa situation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la préfète du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Signé :
H. ELe greffier,
Signé :
D. Martinier
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 juillet 202Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026