mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2205453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 octobre et 9 décembre 2022,
M. D A B, représenté par Me Mazas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner au préfet de l'Hérault, avant dire droit, de produire les pièces de son dossier en rapport avec sa demande de renouvellement de titre de séjour déposée auprès du sous-préfet de Nogent-sur-Marne ;
3°) de surseoir à statuer dans l'attente des décisions du tribunal administratif de Melun à intervenir ;
4°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du préfet de l'Hérault du 3 mai 2022 portant refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français ;
5°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " et, dans l'attente de la délivrance de ce titre, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, le cas échéant, des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de séjour est insuffisamment motivée en droit en ce qui concerne le classement sans suite de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- il est recevable à exciper de l'illégalité de la décision du 16 décembre 2021 par laquelle le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a classé sans suite sa demande de renouvellement de titre de séjour, qui n'est pas devenue définitive ;
- cette décision est entachée d'un défaut de base légale et d'une erreur de droit dès lors qu'il avait fourni les pièces nécessaires demandées et que certaines pièces sollicitées n'étaient pas nécessaires ;
- en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation pour délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", le préfet de l'Hérault a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A B n'a pas été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 10 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Verguet, rapporteur,
- et les observations de Me Mazas, représentant M. A B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant vénézuélien né le 21 mars 1998, entré sur le territoire français le 18 juillet 2017 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", a obtenu la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " étudiant ", valable jusqu'au 30 septembre 2020. Il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " salarié " auprès du sous-préfet de Nogent-sur-Marne. Le 14 avril 2022, il a présenté une demande de même nature auprès du préfet de l'Hérault, qui lui a opposé un refus, assorti d'une obligation de quitter le territoire français, par un arrêté du 3 mai 2022. M. A B demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
3. Par une décision du 10 novembre 2022, le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Montpellier a statué sur la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A B. Ainsi il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de M. A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de séjour :
4. En premier lieu, l'arrêté fait référence aux dispositions des articles
R. 5221-14 et R. 5221-15 du code du travail, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il est fait application. Après avoir exposé que la précédente demande de délivrance d'un titre de séjour présentée par M. A B a fait l'objet d'un " classement sans suite " le 16 septembre 2021, l'arrêté mentionne notamment que si l'intéressé a présenté une promesse d'embauche en qualité d'employé polyvalent à l'appui de sa nouvelle demande de titre de séjour portant la mention " salarié " présentée le 14 avril 2022, il se trouve en situation irrégulière et dépourvu du visa de long séjour exigé par l'article R. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir le titre de séjour sollicité et que dès lors, le préfet n'est pas tenu de statuer sur la demande d'autorisation de travail présentée en sa faveur. L'arrêté mentionne en outre que la présentation de cette promesse d'embauche ne constitue pas un motif exceptionnel d'admission au séjour et qu'un refus de séjour ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. L'arrêté énonce ainsi les éléments pertinents de la situation personnelle du requérant, par des mentions qui ne présentent pas un caractère stéréotypé. Ces indications ont permis à M. A B de comprendre et de contester la décision portant refus de séjour. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant refus de séjour doit être écarté.
5. En deuxième lieu, si le préfet de l'Hérault a relevé que le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a refusé d'enregistrer la précédente demande de titre de séjour portant la mention " salarié " présentée le 28 avril 2021 par M. A B, il ressort de l'énoncé des motifs de l'arrêté contesté et des autres pièces du dossier que l'arrêté du 3 mai 2022 attaqué n'a pas été pris pour l'application de cette décision, qui ne constitue pas non plus sa base légale. Le requérant ne peut dès lors utilement exciper de son illégalité.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la validité de la carte de séjour temporaire de M. A B portant la mention " étudiant " était expirée depuis le 30 septembre 2020, lorsqu'il a présenté le 14 avril 2022 auprès du préfet de l'Hérault sa demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ". C'est dès lors à bon droit que le préfet de l'Hérault a regardé cette demande comme une première demande de carte de séjour temporaire, soumise à la condition de visa de long séjour en vertu de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant n'ayant pu justifier de l'obtention d'un visa de long séjour, le préfet de l'Hérault a pu légalement refuser d'instruire pour ce motif la demande d'autorisation de travail présentée en sa faveur par son employeur.
7. En quatrième lieu, le préfet de l'Hérault, qui n'était pas tenu de refuser l'admission au séjour de M. A B eu égard au pouvoir de régularisation qui lui appartient, a relevé dans sa décision que l'intéressé, en produisant une promesse d'embauche en qualité d'employé polyvalent, ne peut être regardé comme justifiant de motifs exceptionnels de nature à permettre son admission exceptionnelle au séjour. Dès lors, le préfet, qui a examiné le droit au séjour de M. A B et ne s'est pas estimé tenu de rejeter sa demande en raison de l'absence de visa de long séjour, n'a pas commis d'erreur de droit.
8. En cinquième lieu, si M. A B a suivi une formation en français langue étrangère et justifie avoir acquis depuis le mois de décembre 2017 une expérience professionnelle dans le secteur de la restauration, ce qui lui a permis d'obtenir le 13 avril 2022 une promesse d'embauche pour un emploi d'employé polyvalent dans le restaurant Tandem à Grabels, ces circonstances ne suffisent cependant pas, dans les circonstances de l'espèce, à caractériser une erreur manifeste d'appréciation de la part du préfet de l'Hérault en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ".
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. Eu égard aux éléments relatifs à la situation personnelle de M. A B exposés au point 8, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet, invoqué à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner la mesure d'instruction sollicitée ni de surseoir à statuer dans l'attente des décisions du tribunal administratif de Melun à intervenir, que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 3 mai 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de M. A B à fin d'injonction de délivrance du titre de séjour sollicité doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. A B et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : M. A B n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B, au préfet de l'Hérault et à Me Mazas.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Besle, président,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé :
H. CLe président,
é :
D. Besle
La greffière,
Signé :
A. Lacaze
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 27 décembre 2022
La greffière,
A. LacazeLs
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026