mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301100 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LOUIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 février 2023 et des mémoires enregistrés les 28 février, 3 mars et 19 avril 2023, Mme A C, représentée par Me Louis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour " étudiant " et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiante dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) subsidiairement, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué :
- est insuffisamment motivé et procède en son article 5 d'une erreur sur sa personne ;
- méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de l'erreur affectant sa personne ;
- en ce qu'il vise la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Congo relative à la circulation et au séjour des personnes signée le 31 juillet 1993 qui ne lui est opposable dès lors qu'elle est originaire de la République démocratique du Congo, dont la capitale est Kinshasa, et non de la République du Congo, dont la capitale est Brazzaville ; elle ne peut donc pas être éloignée vers un pays qu'elle ne connaît pas et dans lequel elle ne possède aucune attache familiale ;
- viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que le centre de ses intérêts privés et familiaux se situe en France où elle poursuit ses études ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle a été prise sur le fondement d'un refus de titre de séjour inopposable à sa personne ;
- elle méconnaît le 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle est atteinte d'une pathologie particulièrement grave qui ne connaît pas de traitement au Congo Kinshasa ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle peut se voir attribuer de plein droit un titre de séjour sur ce fondement ;
- la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement est entachée d'une erreur de fait puisqu'elle n'est pas originaire de la République du Congo mais de la République démocratique du Congo.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rousseau, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante congolaise née le 9 novembre 1999 à Kisangani (République démocratique du Congo), est entrée en France en 2018 sous couvert d'un visa de type D portant la mention " étudiant " afin d'y poursuivre des études. Le 19 novembre 2022, elle a sollicité du préfet de l'Hérault le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Par l'arrêté contesté du 26 janvier 2023, le préfet de l'Hérault a rejeté cette demande, assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel l'intéressée pourrait être reconduite d'office.
Sur les conclusions en annulation :
2. Si l'article 5 de l'arrêté attaqué mentionne que " le présent arrêté abroge et remplace le document provisoire de séjour dont Madame D est éventuellement en possession ", il ne ressort pas du dossier que le préfet de l'Hérault aurait examiné de manière erronée la situation de Mme C dans la mesure où tous les considérants de l'arrêté se réfèrent à la situation de Mme C, sans erreur, et qu'ils exposent la situation particulière de cette dernière en vue d'obtenir le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante. Conséquemment, Mme C n'est pas fondée à soutenir que du fait de cette erreur, la décision attaquée lui serait inopposable.
3. Mme C ne saurait utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de la loi du 11 juillet 1979, abrogées au 1er janvier 2016. En tout état de cause, l'arrêté attaqué portant refus de titre de séjour vise les textes dont il fait application, en particulier les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose, par des considérations non stéréotypées, les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme C, notamment son cursus universitaire et les éléments sur lesquels le préfet de l'Hérault s'est fondé pour refuser le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante.
4. L'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. () /Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, entrée régulièrement en France en 2018 pour y poursuivre ses études, s'est inscrite, pour l'année universitaire 2018/2019, en première année de licence en droit auprès de l'université de Montpellier et a échoué. Réinscrite dans cette même formation au titre de l'année universitaire 2019/2020, elle a à nouveau été ajournée. Elle s'est ensuite inscrite en première année de BTS " Notariat " auprès de l'école d'enseignement supérieur Adonis située à Montpellier au titre de l'année scolaire 2020/2021 et a validé son année mais n'a pas été admise à l'issue des examens de la 2ème année de BTS " Notariat " au titre de l'année scolaire 2021/2022. Elle a changé d'orientation en s'inscrivant pour l'année scolaire 2022/2023, auprès du CFA ESPIC, situé à Castelnau-le-Lez, pour une formation en alternance en 2ème année " négociateur technico-commercial ". La requérante ne démontre pas une progression réelle dans ses études marquées par plusieurs échecs, un niveau de formation inférieur à celui suivi initialement et l'absence de tout diplôme à l'issue de 4 années d'études. Elle n'est donc pas fondée à soutenir qu'à la date de la décision attaquée, le préfet aurait fait une inexacte application des dispositions précitées en refusant de renouveler son titre de séjour.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Mme C se prévaut de l'intensité et de l'ancienneté de ses attaches privées et familiales sur le territoire français en faisant valoir la présence de son oncle de nationalité française qui la prend en charge durant les vacances scolaires. Toutefois, l'intéressée, qui en sa qualité d'étudiante avait vocation à retourner dans son pays d'origine à l'issue de ses études, ne démontre pas que, dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 19 ans, elle serait dépourvue de toute attache familiale et ne fait état d'aucun autre membre de sa famille sur le territoire français. Dès lors, en prenant l'arrêté contesté, le préfet de l'Hérault n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, la décision contestée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.
8. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de titre de séjour n'est pas illégale. Par suite, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir de l'illégalité, soulevée par la voie de l'exception, de cette décision qui lui est bien opposable, au soutien des conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
9. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui a remplacé dans sa nomenclature en vigueur depuis le 1er mai 2021 l'ancien article L. 511-4 invoqué : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
10. Mme C fait valoir qu'elle est atteinte d'une pathologie extrêmement grave qui ne peut être traitée dans son pays d'origine où il n'existe aucune structure adéquate pour soigner ce type de maladie et que seul un traitement au long court en France est de nature à remédier à la pathologie dont elle souffre. Toutefois, alors qu'il lui était loisible de le faire, Mme C n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade et, si elle a été hospitalisée dans le service de pneumologie de la clinique Clémentville à Montpellier du 24 janvier au 6 février 2023 pour une tuberculose pleuropulmonaire, elle n'établit pas, par les deux certificats médicaux attestant de son suivi, le compte rendu d'hospitalisation et un compte rendu de rapport médical de Kisangani du 3 avril 2023, postérieur à la décision attaquée, l'absence de tout traitement approprié dans son pays d'origine ni que les structures médicales existantes ne seraient pas en capacité de lui administrer les soins et d'assurer le suivi que nécessite son état de santé. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des dispositions précitées.
11. Indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions reprennent celles de l'ancien article L. 313-11 du même code: " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ().
12. Eu égard à ce qui vient d'être dit au point 7 et alors que Mme C est célibataire et sans charge de famille, non dénuée de liens familiaux dans son pays d'origine, elle ne saurait prétendre à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale en application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de nature à faire obstacle à son éloignement.
13. La circonstance que le préfet de l'Hérault a fait à tort référence dans la décision attaquée à la République du Congo (Brazzaville), alors que le pays d'origine de la requérante est la République démocratique du Congo (Kinshasa) et qu'il n'était donc pas tenu d'y faire référence, n'est pas de nature à entacher la décision d'illégalité dès lors que l'arrêté rappelle que Mme C est née à Kisangani (Congo). Cette erreur n'est pas, à elle-seule, de nature à entacher d'illégalité la décision fixant le pays de destination, lequel est expressément déterminé au regard du pays dont l'intéressée a la nationalité ou tout autre pays où elle serait légalement admissible. Cette erreur de plume, pour regrettable qu'elle soit, n'implique pas que le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement prononcée à l'encontre de Mme C serait la République du Congo et non la République Démocratique du Congo, pays dont la requérante a la nationalité.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A C et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller,
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
Le rapporteur,
M. B
La présidente,
S. ENCONTRE La greffière,
L. ROCHER
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 mai 2023
La greffière,
L. ROCHER
lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026