mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2307331 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DAL CORTIVO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2023, Mme C B et M. A B, représentés par Me Dal Cortivo, demandent au juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre sous astreinte au préfet de l'Hérault, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de désigner un lieu d'hébergement correspondant à leur situation familiale et à l'état de santé de M. B ;
3°) de mettre les dépens à la charge de l'Etat.
Ils soutiennent que :
- ils sont arrivés en France en 2018 en provenance d'Algérie et leurs deux enfants, qui les ont rejoints par la suite, sont scolarisés ; depuis deux ans, Mme B est hébergée avec ses deux enfants de manière précaire et sporadique par des tiers et M. B dort dans sa voiture ; M. B, dont le dossier est en cours d'examen auprès de la maison départementale des personnes handicapées, souffre d'une spondylarthrite axiale radiographique B27 positive et d'une raideur lombaire particulièrement handicapante ;
- ils ont tenté en vain de trouver des solutions d'hébergement ; leur dossier déposé auprès du service intégré d'accueil et d'orientation de l'Hérault (SAIO 34) a été validé mais ils n'ont reçu aucune proposition d'hébergement ; leurs appels au 115 demeurent vains, de même que leur demande de logement social ; leurs seules ressources, constituées du revenu de solidarité active, ne leur permettent pas de se loger dans le parc privé ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. et Mme B demandent au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre sous astreinte au préfet de l'Hérault de désigner un lieu d'hébergement correspondant à leur situation familiale et à l'état de santé de M. B.
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". En l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. et Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () " et aux termes de L. 522-3 du code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
4. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
5. Il résulte de l'instruction que Mme et M. B, ressortissants algériens respectivement nés le 25 juin 1976 et le 24 septembre 1974, sont arrivés en 2018 en France, où les ont rejoints leurs deux enfants, âgées de 14 et 16 ans, et sont titulaires de titres de séjour délivrés le 7 juin 2019, valables jusqu'au 6 juin 2024. Les requérants font valoir qu'ils n'ont pu trouver un logement dans le parc locatif privé compte tenu du faible montant de leurs ressources, constituées du revenu de solidarité active que perçoit M. B à hauteur de 913 euros par mois. Par ailleurs, la demande de logement social qu'ils ont présentée le 16 mars 2021 dans le cadre du droit au logement opposable, renouvelée en dernier lieu le 26 novembre 2023, n'a pas encore abouti et, si le dossier qu'ils ont déposé auprès du SIAO 34 le 14 septembre 2023 a été validé le 13 novembre 2023, aucune proposition d'hébergement ne leur a été soumise, les intéressés étant inscrits sur liste d'attente.
6. Si les requérants justifient ainsi, après avoir recherché un logement dans le parc locatif privé et présenté une demande de logement social en 2021, avoir déposé un dossier auprès du SIAO 34 le 14 septembre 2023 sans qu'aucune proposition d'hébergement ne leur ait été soumise depuis lors, il résulte de l'instruction qu'ils sont hébergés depuis 2019, à Montpellier, par des membres de leur famille ou par des amis et, s'ils font valoir que cet hébergement présente un caractère sporadique et précaire, il ressort du relevé de leurs appels au 115 qu'ils n'ont contacté ce service d'urgence que pour la période du 28 août 2023 au 14 septembre 2023, sans renouveler par la suite leurs appels. En outre, les pièces médicales versées au dossier, si elles démontrent que M. B souffre d'une pelvi spondylite rhumatismale et d'une raideur lombaire handicapante, ne sauraient révéler une situation d'urgence particulière au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qui justifierait l'intervention du juge des référés dans un délai de 48 heures afin de faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale qui serait portée au droit des requérants à obtenir un hébergement d'urgence.
7. Dès lors que les requérants n'établissent pas que la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative serait remplie, il y a lieu, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter leur requête, en ce compris les conclusions présentées au titre des dépens de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. et Mme B sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. et Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et M. A B et à Me Dal Cortivo.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Fait à Montpellier, le 19 décembre 2023.
La juge des référés,
S. Encontre La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 19 décembre 2023.
La greffière,
C. Touzet
2307331
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026