vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2403204 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoire, enregistrés les 7 juin et 3 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal:
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 du préfet de l'Hérault qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français, fixe le délai de départ et le pays de renvoi, et le rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour " vie privée ou familiale " ou " salarié " ou de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, à verser à son avocat, une somme de 2 000 euros au titre des articles 37 et 75 la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le signataire de l'arrêté est incompétent, avec une délégation trop générale ;
- le préfet n'établit pas avoir saisi le parquet et la police pour complément d'enquête, et la procédure est irrégulière ;
- le refus de séjour est entaché d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation, les procédures reprochées étant classées sans suite ;
- il méconnait l'article 6 5) de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le rejet implicite du recours gracieux est entaché d'erreur d'appréciation ;
- il méconnait l'article 6 5) de l'accord franco-algérien et l' article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le recours gracieux envoyé par courriel est régulier.
Le requérant a obtenu l'aide juridictionnelle totale le 22 avril 2024.
Par mémoire, enregistré le 26 juin 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet du recours et soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté et les observations de Me Barbaroux.
Une note en délibéré, enregistrée le 30 août 2024, a été présentée pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'annulation :
1. M. B, ressortissant algérien né le 28 juillet 2001, demande d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 du préfet de l'Hérault qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français, et fixe le délai de départ et le pays de renvoi, et le rejet implicite de son recours gracieux.
2. Le signataire de l'arrêté, M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture, disposait d'une délégation de signature du préfet, par arrêté du préfet de l'Hérault du 9 octobre 2023 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, et accessible au juge et aux parties, délégation qui, excluant les réquisitions, n'était pas trop générale. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire sera écarté.
3. Le refus de séjour est notamment fondé sur le motif que l'intéressé est défavorablement connu des services de police pour recel de biens provenant d'un vol commis le 25 juillet 2018 et agression sexuelle et cession ou offre de stupéfiants commises le 21 août 2021. Il ressort toutefois des courriers des greffes des tribunaux judiciaires de Montpellier et Béziers des 8 et 9 avril 2024 produits que ces faits ont fait l'objet d'un classement sans suite le 28 juin 2019 et pour le second grief n'ont pas donné lieu à poursuite. Et il ne résulte pas de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé sur ce motif. Par suite, le refus de séjour est entaché d'erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public représentée par l'intéressé.
4. En vertu de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
5. Le requérant, célibataire, justifie résider en France depuis septembre 2014, d'abord comme élève, puis ayant obtenu un CAP en 2020 puis ayant été recruté comme aide cuisinier en novembre 2023. Sa mère, régulièrement installée en France, y vit avec les membres de sa fratrie. Par suite, même s'il n'a demandé un titre de séjour qu'en mai 2023 et comme il n'est pas établi que l'intéressé trouble l'ordre public, le refus de séjour méconnait les articles cités au point précédent.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur ses autres moyens, est fondé à demander l'annulation du refus de séjour du 18 janvier 2024, et par voie de conséquence des décisions du même jour qui l'obligent à quitter le territoire français, fixent le délai de départ et le pays de renvoi, et du rejet implicite de son recours gracieux contre l'arrêté.
Sur l'injonction :
7. Le présent jugement, eu égard à ses motifs, implique qu'un titre de séjour soit délivré à M. B. Il convient, dès lors, d'enjoindre au préfet de l'Hérault d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit utile d'assortir l'injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Ruffel, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, sur le fondement des articles 37 et 75 la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 18 janvier 2024 du préfet de l'Hérault et le rejet implicite du recours gracieux sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sauf changement dans les circonstances de fait ou de droit, de délivrer un titre de séjour à M. B.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 200 euros à Me Ruffel dans les conditions prévues au point 8 du président jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions du recours est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Ruffel, et au préfet de l'Hérault.
Délibéré à l'issue de l'audience du 30 août 2024 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
M. Lafay, premier conseiller,
Mme Pastor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.
Le rapporteur,
V. RabatéL'assesseur le plus ancien,
LN. Lafay
La greffière,
E. Tournier
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 septembre 2024.
La greffière,
E. Tournier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026