vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par requête, enregistrée le 9 octobre 2024, Mme A D, représentée par
Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2024 du préfet de l'Hérault qui lui refuse un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français, et fixe le délai de départ et le pays de renvoi, et une interdiction de retour de 3 mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le signataire de l'arrêté est incompétent, sa délégation de signature étant trop générale ;
- le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire sont entachés d'insuffisance de motivation ;
- ils sont entachés de défaut d'examen réel et complet de sa situation et d'erreur de droit, le préfet mélangeant les conditions pour un titre salarié et un titre vie privée et familiale ;
- en lui opposant un défaut de visa long séjour, condition non prévue pour une admission exceptionnelle au séjour et vie privée et familiale, le préfet a commis une erreur de droit et méconnu son pouvoir de régularisation ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- le préfet méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale et 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- l'interdiction de retour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
Par mémoire, enregistré le 23 octobre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet du recours et soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B et les observations de Me Brulé, pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante algérienne née le 18 octobre 1998, demande d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2024 du préfet de l'Hérault qui lui refuse un titre de séjour l'oblige à quitter le territoire français et fixe le délai de départ, le pays de renvoi, et une interdiction de retour de 3 mois.
Sur la compétence du signataire :
2. L'arrêté est signé, pour le préfet de l'Hérault, par M. C Poisot. Et par un arrêté du 7 juin 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture
le 14 juin suivant, le préfet a donné délégation à M. Poisot, secrétaire général de la préfecture, aux fins de signer notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Et cette délégation, qui excluait les réquisitions, n'était pas trop générale. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
Sur le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire :
3. Le refus de séjour, après avoir visé l'accord franco algérien, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique "elle présente un contrat de travail en qualité d'aide à domicile chez sa grand-mère, elle est dépourvue du visa de long séjour en qualité de salarié ..elle ne peut pas de prévaloir de l'accord pour obtenir un titre séjour au regard de sa vie privée et familiale .. L'intéressée ne démontre pas être dans l'impossibilité de regagner son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie et où elle ne serait pas isolée ; dans ces conditions, un refus de séjour ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de l'article 6-5 de l'accord ". Le refus de séjour énonce ainsi les considérations de fait et de droit qui le fondent. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation manque en fait.
4. L'obligation de quitter le territoire, consécutive à un refus de séjour motivé, n'a pas à être motivée. Dès lors, le moyen tiré de son insuffisante motivation est inopérant.
5. Il ressort de l'examen de la demande de titre de séjour de Mme D
du 13 août 2024 complète produite en défense que celle-ci sollicitait un titre de séjour vie privée et familiale, et admission exceptionnelle au séjour, mais aussi comme salariée. Par suite en l'analysant ainsi, le préfet n'a pas commis de défaut d'examen de cette demande.
6. En vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". En vertu de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". En vertu de l'article 7 du même accord : " b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi [ministre chargé des travailleurs immigrés] , un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ". Enfin le deuxième alinéa de l'article 9 de l'accord prévoit : " Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) (a à d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises ".
7. Il est constant que Mme D ne disposait pas d'un visa de long séjour. Dès lors, le préfet a fait une exacte application des stipulations citées au point précédent de l'accord franco-algérien en estimant que cela faisait obstacle à l'obtention d'un certificat de résidence salarié. Et il résulte des constats opérés au point 3 que l'arrêté a aussi considéré qu'en l'absence de ce visa ces mêmes stipulations ne lui permettaient pas d'obtenir un certificat de résidence sur le fondement du 6- 5 précité de l'accord. Si cette mention est erronée au regard des stipulations précités de l'accord franco-algérien, l'arrêté indique aussi " L'intéressée ne démontre pas être dans l'impossibilité de regagner son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie et où elle ne serait pas isolée ; dans ces conditions, un refus de séjour ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de l'article 6-5 de l'accord ". Dans ces conditions, le préfet, qui a examiné l'atteinte qui était portée au droit au respect de la vie privée et familiale de la requérante, n'a ni commis d'erreur de droit ni méconnu son pouvoir de régularisation.
8. L'intéressée justifie avoir été scolarisée au lycée en France depuis septembre 2016, y avoir obtenu une licence anglais arabe à l'université Paul-Valéry en juillet 2022 et y vivre avec sa mère titulaire d'une carte de séjour de dix ans et sa grand-mère, un oncle étant français. Toutefois, son emploi familial auprès de sa grand-mère ne constitue pas une réelle insertion professionnelle. Et la requérante ne démontre pas être isolée en Algérie, où elle a vécu jusqu'à 18 ans et où elle peut poursuivre ses études ou travailler. Enfin, Mme D a fait l'objet d'un refus de séjour avec obligation de quitter le territoire français du 30 juin 2020 qui a été confirmé par jugement de ce tribunal du 26 novembre 2020 et arrêt de son juge d'appel du
2 décembre 2021, et s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire. Dès lors, le préfet n'a pas méconnu les articles 8 et 6 cités au point 6.
9. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'étranger.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire :
10. L'interdiction de retour étant limitée à trois mois, et eu égard aux constats opérés au point 8, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation sera écarté.
11. Pour les motifs énoncés au point 8, cette décision ne méconnait pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige, doivent aussi être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, et au préfet de l'Hérault.
Délibéré à l'issue de l'audience du 22 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Vincent Rabaté, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
Mme Marion Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
V. B
L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 décembre 2024.
La greffière,
B. Flaesch sa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026