vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2406731 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | COURRECH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution d'une décision du maire de la commune de Passa du 26 septembre 2024 portant sanction de révocation ;
2°) d'enjoindre au maire de Passa de le réintégrer et de le rétablir dans ses divers droits à compter du 15 octobre 2024, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la commune de Passa à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie car la décision le prive d'emploi et de revenus alors qu'il a un enfant à charge et doit assumer des charges mensuelles estimés à 1 200 euros ;
- la décision attaquée est illégale pour les motifs suivants :
* 1) insuffisance de motivation en l'absence de précision sur les dates et les circonstances des faits reprochés,
* 2) un vice de procédure tenant à une communication incomplète des pièces du dossier, des pièces ayant été rajoutées la veille de la tenue du conseil de discipline, des SMS à caractère privé ayant été divulgués sans son autorisation et des témoignages ayant été anonymisés,
* 3) l'erreur d'appréciation portée sur les faits reprochés, vu que :
. a) il récuse les faits de comportement irrespectueux envers le maire ou menaçant envers des supérieurs hiérarchiques ou encore de pression exercée sur des agents municipaux,
. b) il a déjà utilisé, comme d'autres agents municipaux, la boite de messagerie personnelle du maire sans susciter de remarque,
. c) ses absences passées n'ont pas été reprochées jusqu'alors et ses congés maladie sont justifiés,
. d) les SMS adressés à titre privé à un autre agent ont été divulgués sans son autorisation, relevant d'une infraction pénale au sens de l'article 226-15 du code pénal tandis que les témoignages ont été anonymisés, proviennent d'agents n'exerçant plus dans la collectivité,
* 4) la qualification de faute des faits reprochés tenant à ce que les faits reprochés ne sont pas datés,
* 5) le caractère disproportionné de la sanction tenant à la durée de sa carrière, de l'absence de sanction disciplinaire antérieure, des évaluations positives recueillies et de l'avis du conseil de discipline favorable à une sanction d'exclusion temporaire des fonctions de deux mois.
Par un mémoire, enregistré le 4 décembre 2024, la commune de Passa, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce que M. A soit condamné à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
Elle fait valoir que :
- s'agissant de l'urgence, le requérant n'apporte pas certains justificatifs : situation matrimoniale, prise en charge d'un enfant, état de son compte bancaire ; il a droit à l'aide au retour à l'emploi ;
- les moyens soulevés par le requérant sont infondés car :
* 1) la décision est suffisamment motivée notamment quant aux faits reprochés ;
* 2) le requérant a pu consulter son dossier administratif et disciplinaire le 14 août 2024 et les nouveaux éléments produits par la commune le 16 septembre 2024 lui ont été communiqués par le centre de gestion ; la communication de SMS échangés entre agents au conseil de discipline comme éléments de preuve n'est pas interdite ;
* 3) a) en janvier 2022, il a colporté le bénéfice d'une formation, et son montant, octroyée à la directrice générale des services ;
b) en février 2023, M. A a tenté de la discréditer devant des agents et l'intéressée a obtenu la protection fonctionnelle le 11 avril 2023 ;
c) en août 2023, il l'a menacé dans un courriel ;
d) le 19 juin 2024, il l'a insulté la traitant d'incompétente ;
e) le 21 juin 2024, il a manqué de respect à l'égard du maire en lui adressant un courriel divulgué avec l'ajout d'insultes ;
f) le 2 juillet 2024, il a quitté son poste au volant d'un tracteur qui lui était interdit de conduire ;
* 4) le requérant s'est déjà vu infliger trois sanctions disciplinaires : un avertissement le 24 novembre 2016, un blâme le 7 décembre 2017 et un avertissement le 23 février 2021 ; ses évaluations reconnaissent ses compétences techniques mais soulignent ses comportements inadaptés ; l'avis du conseil de discipline proposant une exclusion temporaire des fonctions ne lie pas la collectivité.
Vu :
- la requête au fond n° 2406730 enregistrée le 22 novembre 2024,
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gayrard, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.
Les parties ayant été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 5 décembre 2024 à 14 heures 45 :
- le rapport de M. Gayrard ;
- et les observations de Me Cacciapaglia, représentant M. A, et celles de Me Mer, représentant la commune de Passa.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est adjoint technique territorial employé depuis le 14 juin 2005 par la commune de Passa. Une procédure disciplinaire a été initiée le 25 juillet 2024 ; après avoir recueilli l'avis du conseil de discipline du 17 septembre 2024, le maire de la commune de Passa a prononcé à son encontre, le 26 septembre suivant, la sanction de révocation à effet au 15 octobre 2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés d'ordonner sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. En vertu de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
Sur la condition tenant à l'urgence :
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. La décision attaquée prive M. A de son emploi exercé depuis le 14 juin 2005 et du revenu qu'il en perçoit. Le requérant établit suffisamment qu'il doit assurer des charges mensuelles d'un montant d'environ 1 200 euros. Dans ces conditions, alors même qu'il a droit à l'aide au retour à l'emploi, M. A doit être regardé comme justifiant d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle.
Sur la condition tenant au doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
5. Aux termes de l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". Aux termes de l'article L. 532-2 du même code : " Aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée au-delà d'un délai de trois ans à compter du jour où l'administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l'ampleur des faits passibles de sanction () ". Aux termes de l'article L. 533-1 du code précité : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : () 4° Quatrième groupe : () b) La révocation. "
6. Aux termes de la décision attaquée, il est reproché à M. A d'avoir, à plusieurs reprises, manqué à ses obligations professionnelles en s'abstenant d'effectuer tout ou partie de ses missions, et de s'être montré irrespectueux envers le maire et ses supérieurs hiérarchiques, de menacer et intimider les directeurs généraux de service et responsables des services techniques qui se sont succédés depuis 2017.
7. D'une part, certains des faits reprochés, en particulier ceux tenant à des refus d'obéissance ou de menaces et intimidations envers l'ancienne directrice générale des services ou les anciens responsables des services techniques sont prescrits pour avoir été commis avant 2022. D'autre part, les faits établis de nature à justifier la sanction prononcée consistent en des propos dénigrant l'actuelle directrice générale des services tenus en janvier 2022, février 2023 et juin 2024, en des marques d'irrespect envers le maire commis le 21 juin 2024 et enfin en une absence injustifiée le 2 juillet 2024 avec utilisation non autorisée d'un véhicule communal. Eu égard à la portée de telles fautes, à la durée de la carrière de l'intéressé dans la collectivité, aux évaluations positives du travail fourni par le requérant sur toute cette période et à l'avis du conseil de discipline du 17 septembre 2024 proposant une exclusion temporaire des fonctions de deux mois dont un mois avec sursis, et nonobstant la double circonstance que l'intéressé s'est déjà vu infligé deux avertissements et un blâme en 2016, 2017 et 2021 pour des refus d'obéissance, et n'a pas sensiblement amélioré son relationnel avec sa hiérarchie, le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision de révocation prise par le maire de la commune de Passa le 26 septembre 2024.
8. Il découle de ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du maire de la commune de Passa du 26 septembre 2024 portant sanction de révocation infligée à M. A.
Sur les autres conclusions :
9. Compte tenu du motif de suspension retenu par la présente ordonnance, celle-ci implique nécessairement la réintégration provisoire de l'agent jusqu'à ce que le tribunal statue sur sa requête ou que l'administration statue, le cas échéant, à nouveau sur sa situation. En conséquence, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Passa de procéder, à titre provisoire, à la réintégration de M. A dans ses fonctions, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit besoin d'assortir la présente injonction d'une astreinte.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Passa demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Passa une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 26 septembre 2024 par lequel le maire de la commune de Passa a prononcé à l'encontre de M. A une sanction de révocation, est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Passa de procéder, à titre provisoire, à la réintégration de M. A dans ses fonctions, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune de Passa versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune de Passa.
Fait à Montpellier, le 6 décembre 2024.
Le juge des référés,
J-P. Gayrard
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 décembre 2024,
La greffière,
L. Rocher lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026