vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2003516 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 août 2020 et 30 avril 2021, Mme E F représentée par Me Lagadec demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 février 2020 par lequel le maire de la commune de Cléder a refusé de la titulariser et a mis fin à son stage ;
2°) d'enjoindre à la commune de Cléder de la réintégrer et de reconstituer sa carrière, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Cléder la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Elle soutient que :
A titre principal :
-l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
A titre subsidiaire :
-l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pas été invitée à faire valoir ses observations avant son édiction ;
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 février 2021 et 19 septembre 2022, la commune de Cléder représentée par Me Dubourg conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme F la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- et les observations de Me Dubourg, pour la commune de Cléder.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F a été recrutée en qualité d'adjointe administrative stagiaire à temps complet pour une durée d'un an à compter du 1er avril 2019 par le maire de la commune de Cléder. Par l'arrêté attaqué du 27 février 2020, cette autorité a mis fin à son stage à compter du 1er avril 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne. L'autorité compétente ne peut donc prendre légalement une décision de refus de titularisation, qui n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et règlements, que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé. Cependant, la circonstance que tout ou partie de tels faits seraient également susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente prenne légalement une décision de refus de titularisation, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
3. Il résulte de ce qui précède que, pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que dans un compte-rendu faisant suite à un entretien qui a eu lieu le 5 novembre 2019 dans le cadre du suivi du stage de Mme F, la directrice générale des services (DGS) a mentionné que l'intéressée devait faire ses preuves en indiquant : " l'opérationnel n'est pas totalement maîtrisé (moins bien que l'agent ne semble l'évaluer). Et surtout, le positionnement de l'agent et le sens du travail en équipe doivent être améliorés. ", ce document faisant état d'observations et de consignes données à l'agent dans plusieurs de ses domaines d'intervention. Dans le compte rendu d'évaluation professionnelle de Mme F du 17 décembre 2019 ses qualités professionnelles sont évaluées comme insuffisantes, moyennes ou en progrès excepté son implication dans le travail et ses relations avec les élus. Selon l'appréciation générale de cette évaluation : " l'agent doit impérativement faire des efforts dans son savoir-être, travailler son positionnement, acquérir du recul pour bien maîtriser ses tâches ". Dans un compte rendu établi le 31 janvier 2020 par la DGS suite à un entretien ayant eu lieu le 31 janvier 2020 à la demande de Mme F laquelle souhaitait obtenir des informations sur son éventuelle titularisation en fin de stage, il est indiqué que les incidents et dysfonctionnements concernant son poste se sont multipliés, que s'agissant du service périscolaire les agents se sont sentis privés d'initiative ce qui a engendré une baisse de fluidité et de l'activité, qu'en matière de comptabilité l'agent n'a pas tenu compte des conseils et remarques de sa collègue dans le cadre du mandatement et que s'agissant du service administratif elle a pris l'initiative de se faire attribuer par l'informaticien un accès au logiciel élections alors que seul l'agent en charge de ce service pouvait bénéficier d'un tel accès. Ce compte rendu fait également état des problèmes liés au positionnement de l'agent et du fait que celle-ci s'est considérée au contraire comme victime d'un rejet sans fondement de ses collègues évoquant un complot. Le 5 février 2020, dans le cadre d'un entretien avec l'adjoint en charge du personnel et la DGS au cours duquel ont été à nouveau évoqués la persistance de difficultés en dépit de conseils et de recadrages, le positionnement professionnel de l'agent rejaillissant sur son management et l'empêchant de s'intégrer efficacement dans son milieu de travail et de s'adapter à ses nouvelles fonctions, la collectivité a informé Mme F de son intention de ne pas la titulariser à l'issue de sa période de stage. Un nouvel entretien a par la suite eu lieu le 10 février 2020 avec le maire et l'adjoint au personnel, en présence de D, agent ayant précédemment occupé le poste de Mme F, dans le but de répondre aux observations formulée par celle-ci dans un courrier du 10 février 2020.
5. Pour contester les faits qui lui sont reprochés, Mme F produit un écrit établi par D selon lequel l'intéressée aurait été rejetée par certains des membres de l'équipe administrative et n'aurait pas eu de contact avec la personne remplaçant l'agent qui supervisait son poste dans le domaine de la comptabilité. Toutefois, ces allégations, dont il n'est pas établi qu'elles correspondraient à des faits personnellement constatés par le témoin, absent du service à compter du mois de mai 2019, sont contestées par la collectivité. Si D indique par ailleurs avoir fait elle-même l'objet d'une méfiance et d'une mise à l'écart de ses collègues lors de sa prise de fonctions en 2009 et durant environ deux ans, cette circonstance ne permet pas de démontrer que Mme F se serait trouvée dans une situation similaire. L'attestation de C adjoint au maire du 1er avril 2019 au 25 février 2020, qui indique que l'intéressée s'est révélée " sérieuse et professionnelle répondant de manière pertinente aux demandes de la collectivité ", qui fait état de sa " capacité à mener à leur terme les tâches qui lui étaient confiées " et qui la décrit comme une employée " consciencieuse et au fort potentiel " établie, ainsi que l'indique ce témoin dans une nouvelle attestation du 24 août 2020 pour faciliter son retour à l'emploi, ne permet pas de démontrer l'absence de bien fondé de l'appréciation portée sur la manière de servir de Mme F durant son stage. Les constats des insuffisances professionnelles faits par sa hiérarchie sont d'ailleurs corroborés par les témoignages d'agents de la collectivité ainsi que par celui d'une adjointe au maire et dont le caractère mensonger n'est pas établi. Compte tenu de ces éléments, et quelles que soient les appréciations favorables dont Mme F a pu faire l'objet dans le cadre de ses précédents emplois, en refusant de procéder à la titularisation de l'agent à la fin de sa période de stage, la collectivité qui n'était pas liée par l'avis émis par la commission administrative paritaire qui s'est prononcée en défaveur d'un refus de titularisation, ni tenue de procéder à la prorogation du stage de l'intéressée, n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
6. En second lieu, si Mme F soutient que les attestations produites par la commune font état de son refus d'exercer certaines de ses tâches et de manquements à la discrétion et à l'obligation de réserve susceptibles de constituer des fautes disciplinaires qui justifiaient qu'elle soit mise en mesure de faire valoir ses observations préalables, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces reproches aient été au nombre de ceux retenus par la collectivité pour fonder la décision attaquée, les attestations en cause étant au demeurant postérieures à cette décision.
7. En revanche, le compte-rendu d'entretien du 31 janvier 2020 relève l'initiative prise par l'agent de se faire attribuer par l'informaticien référent d'un accès au logiciel élection dont elle ne devait pas bénéficier, ce fait étant également susceptible de caractériser une faute disciplinaire. Si, conformément à ce qui a été dit au point 2, la décision attaquée ne pouvait donc intervenir sans que l'intéressée ait été préalablement mise à même de présenter ses observations sur ce point, il ressort des pièces du dossier que ce grief a été abordé dans le cadre de l'entretien précité et que Mme F a ensuite été reçue le 5 février 2020 par l'adjoint en charge du personnel et la DGS dans le cadre d'un nouvel entretien au cours duquel la collectivité lui a fait part de son intention de ne pas la titulariser à l'issue de sa période de stage. Dans ces conditions, Mme F a été mise en mesure de présenter ses observations avant l'édiction de la décision attaquée, ce qu'elle a d'ailleurs fait par un courrier du 10 février 2020 adressé au maire de la commune. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme F doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Cléder, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Cléder sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Cléder sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Véronique F et à la commune de Cléder.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, où siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
A. ALe président,
signé
N. TronelLa greffière,
signé
E. Fournet
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026