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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2005112

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2005112

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2005112
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBLUTEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2020, Mme B D, représentée par Me Lucie Allain, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 9 juillet 2020 par laquelle le jury de la session du mois de juin 2020 du diplôme du Brevet de technicien supérieur (BTS) " gestion de la PME " de l'académie de Rennes a prononcé son ajournement ainsi que la décision du 18 septembre 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Rennes a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Rennes de lui délivrer le diplôme de BTS

" Gestion de la PME ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour, à l'expiration du délai imparti ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions contestées ont été signées par Mme A, d'une part, et

M. E, d'autre part, dont il n'est pas établi qu'ils disposaient d'une délégation de signature ;

- les notes qui ont été inscrites dans son livret scolaire par l'établissement AFOREM auprès duquel elle a suivi sa scolarité et qui ont été prises en compte par le jury sont inexactes ;

- certaines notes lui ont été attribuées de manière discrétionnaire par l'établissement pour les besoins du livret scolaire, en l'absence de notes de contrôle continu ;

- les notes mentionnées sur son relevé de notes dans certaines matières sont inférieures à la moyenne obtenue lors des épreuves de contrôle continu ;

- son engagement et son assiduité n'ont pas été valorisés ;

- l'avis favorable émis par l'établissement AFOREM concernant l'obtention de son diplôme n'a pas été pris en compte par le jury, en méconnaissance des dispositions prévues par le décret n°2020-684 du 5 juin 2020 ;

- son livret scolaire a été renseigné en méconnaissance du principe d'égalité entre les étudiants ;

- le jury a admis certains étudiants pour lesquels l'école avait émis un avis " doit faire ses preuves " ainsi qu'une étudiante qui a été absente pendant le 3e semestre et n'avait aucune note de contrôle continu.

Par des mémoires en intervention, enregistrés le 1er avril 2021 et le 16 novembre 2022, la société AFOREM, représentée par Me Karima Bluteau, avocate, conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de Mme D le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, Mme D n'ayant pas préalablement demandé à consulter ses notes avant de saisir le tribunal ;

- Mme D ne pouvait prétendre à la délivrance, après délibération du jury, du diplôme de BTS, n'ayant pas obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10 sur 20 ;

- seules les notes attribuées pour des enseignements prévus dans les référentiels fixés par les arrêtés fixant les conditions de délivrance du BTS " gestion de la PME " ont été prises en compte ;

- la note obtenue au titre de chacune des unités constitutives du diplôme ne pouvait être le résultat du seul calcul de la moyenne des moyennes annuelles obtenues pour les enseignements correspondants, les équipes pédagogiques devant déterminer dans quelle mesure les notes obtenues pour chacun de ces enseignements contribuaient à la détermination du résultat pour l'unité concernée ;

- rien dans la réglementation applicable n'interdisait aux organismes de formation de tenir compte des notes obtenues à des épreuves blanches, les organismes ayant une totale discrétion pour organiser de telles épreuves et en tenir compte pour la détermination des moyennes semestrielles ;

- le livret scolaire de Mme D a été renseigné par la prise en compte des notes du semestre 3 obtenues hors confinement, les notes de comportement en formation, le relevé d'assiduité et les autres éléments de son dossier et notamment les grilles d'évaluation ;

- Mme D ayant obtenu une moyenne inférieure à 10 sur 20, le jury n'était pas tenu de l'autoriser à se présenter aux épreuves de rattrapage ;

- aucune des pièces produites par Mme D dans le cadre de l'instance ne démontre une quelconque rupture d'égalité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2021, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D sont irrecevables, dès lors que sa contestation, concernant la validité des notes attribuées par un organisme de droit privé, ne relève pas de la compétence du juge administratif mais de celle du juge judiciaire ;

- ses conclusions à fin d'injonction de lui accorder le diplôme du BTS préparé sont irrecevables, en ce qu'il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration ;

- le procès-verbal de la délibération du jury a été signé par Mme A, en sa qualité de présidente du jury, conformément aux dispositions de l'article D. 643-31 du code de l'éducation ;

- M. E bénéficiait, en sa qualité d'adjoint au secrétaire général d'académie et de chef de division du rectorat, d'une délégation de signature pour signer le courrier du 18 septembre 2020 rejetant le recours gracieux de Mme D;

- le jury a décidé d'ajourner Mme D, en se fondant sur son livret scolaire, transmis par l'organisme de formation dans lequel elle était inscrite, mentionnant une moyenne générale inférieure à 10 sur 20 à l'issue de la deuxième année des enseignements menant au BTS ;

- le renseignement du livret scolaire relevait de la seule responsabilité du chef d'établissement dans lequel Mme D a suivi sa formation, de sorte que les irrégularités éventuelles de ce livret ne résultent pas de la délibération du jury ;

- l'inexactitude des mentions portées dans le livret scolaire ne saurait être imputée au jury ou au recteur dès lors qu'aucune disposition n'impose un examen par ces autorités du contenu des notes reportées par les établissements ;

- la requérante a lu et signé le 18 juin 2020 son livret de formation, avant transmission aux services du rectorat, sans contester les notes qui y étaient reportées, de sorte que le jury n'avait aucune raison de penser que ce livret pouvait ne pas refléter sa situation pédagogique ;

- la possibilité d'accéder aux épreuves ponctuelles pour les élèves ayant obtenu une moyenne inférieure à 10 sur 20 n'est pas de droit, en vertu de l'article 2 du décret du 5 juin 2020, mais résulte de l'appréciation du jury, laquelle est souveraine ;

- la rupture alléguée dans l'égalité de traitement entre les étudiants de l'établissement AFOREM n'est pas fondée.

Par un mémoire, enregistré le 17 novembre 2022, Mme D, représentée par Me Allain, a déclaré se désister purement et simplement de sa requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n°2020-684 du 5 juin 2020 relatif aux modalités de délivrance du brevet de technicien supérieur en raison de l'épidémie de Covid-19 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,

- et les observations de Me Monteau, substituant Me Bluteau, représentant la société AFOREM.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D était inscrite, au titre de l'année 2019-2020, en deuxième année de la formation menant au diplôme de Brevet de technicien supérieur (BTS) " Gestion de PME " auprès de l'établissement d'enseignement supérieur privé AFOREM, situé à Rennes. Par délibération du 9 juillet 2020, le jury a refusé que le diplôme préparé lui soit délivré, sans l'autoriser à présenter les épreuves d'examen organisées au mois de septembre 2020.

Le 18 septembre 2020, le recteur de l'académie de Rennes a informé Mme D du rejet du recours gracieux qu'elle avait formé contre cette décision du jury. Par sa requête introductive d'instance, Mme D demande l'annulation de la délibération du jury du 9 juillet 2020, ainsi que celle de la décision du recteur d'académie du 18 septembre 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

2. Par un mémoire enregistré le 17 novembre 2022, Mme D a déclaré se désister de sa requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés au litige :

3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". L'article R. 761-2 du même code précise que : " En cas de désistement, les dépens sont mis à la charge du requérant sauf si le désistement est motivé par le retrait total ou partiel de l'acte attaqué, opéré après l'enregistrement de la requête, ou, en plein contentieux, par le fait que, postérieurement à cet enregistrement, satisfaction totale ou partielle a été donnée au requérant. ".

4. Il résulte des termes même des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative que seule une partie à l'instance peut réclamer la condamnation d'une autre partie au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens. Le fait d'être appelé en la cause pour produire des observations ne suffit pas à conférer à la personne physique ou morale ainsi présente à l'instance la qualité de partie.

5. La société AFOREM, intervenant en défense, n'étant pas partie à la présente instance, ne saurait utilement demander qu'il soit mis à la charge de Mme D les frais qu'elle a exposés, non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme D.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société AFOREM au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à la société AFOREM et au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Une copie du présent jugement sera adressée au recteur de l'académie de Rennes.

Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.

La rapporteure,

Signé

M. Thalabard

Le président,

Signé

G.-V. VergneLa greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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