mercredi 28 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202331 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Vice-président Contentieux sociaux |
| Avocat requérant | LE DANTEC |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et deux mémoires, enregistrés sous le n° 2202331 les 3 mai 2022, 20 mars 2023 et 31 mai 2023, M. B A, représenté par Me Le Dantec, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la contrainte émise le 15 avril 2022 par la caisse d'allocations familiales (CAF) d'Ille-et-Vilaine pour le recouvrement d'une créance d'allocation de logement sociale (ALS) d'un montant de 1 068 euros pour la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 mai 2021 ;
2°) de le décharger du paiement de cette somme ;
3°) d'enjoindre à la CAF d'Ille-et-Vilaine de procéder au réexamen de sa situation, de déterminer ses droits à l'ALS depuis le 1er juillet 2020, de le rétablir en conséquence dans ses droits et de lui restituer la somme de 178 euros, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la CAF d'Ille-et-Vilaine la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant, dans le dernier état de ses écritures que :
- la décision initiale d'indu du 11 juin 2021 ne mentionne pas les voies et les délais de recours et pouvait en conséquence être contestée auprès de la CAF jusqu'au 10 juin 2022, délai raisonnable d'un an fixé par la jurisprudence du Conseil d'État, ce qu'il a fait par son recours reçu le 9 juin 2022 par la CAF ;
- le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;
- la contrainte en litige est entachée d'un vice de motivation ;
- cette créance n'est en tout état de cause pas fondée dès lors qu'il a bien déclaré ses revenus, dont avait connaissance la CAF, et que sa situation professionnelle n'a pas changé depuis sa nomination en mai 2018 comme associé gérant non salarié d'une entreprise ;
- si la CAF lui a accordé la remise gracieuse totale du solde de sa dette d'un montant de 890 euros, ces droits n'ont cependant pas été rétablis ; sa requête conserve donc son objet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2023, la CAF d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la décision du 11 juin 2021 mentionne les voies et les délais de recours ;
- s'il peut contester la régularité de la contrainte en litige, le requérant est toutefois forclos à contester le bien-fondé de l'indu dont il est redevable dès lors qu'il n'a pas introduit le recours préalable obligatoire dans le délai prévu par les disposions de l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale ;
- le versement des différentes prestations et allocations repose par ailleurs sur le principe du système déclaratif, or M. A n'a déclaré que le 30 août 2022 ses ressources de travailleur indépendant ; son dossier a d'ailleurs été régularisé à réception de ses éléments réclamés à maintes reprises ;
- le requérant n'a déclaré aucun revenu professionnel pour l'année 2019 en tant que travailleur indépendant, dès lors qu'il a uniquement déclaré avoir perçu la somme de 14 074 euros de ses indemnités de chômage, et ne peut en conséquence se prévaloir des dispositions de l'article R. 822-5 du code de la construction et de l'habitation ;
- le requérant n'a aucun droit à l'ALS à compter du mois de juillet 2021 ; à compter du mois de janvier 2022, l'absence de communication par le requérant de ses ressources fait obstacle à la détermination de ses droits ;
- M. A est seul responsable de l'indu mis à sa charge dès lors qu'il a faussement déclaré le 5 août 2018 être au chômage depuis le 28 février précédant alors qu'il était en réalité travailleur indépendant depuis le 17 mai 2018, la réalité de sa situation n'ayant été constatée par la CAF le 30 mars 2021 qu'à la faveur d'un échange informatisé avec les services de Pôle emploi ;
- le recours de l'intéressé est en tout état de cause sans objet dès lors qu'elle lui a accordé, par une décision du 6 décembre 2022, une remise gracieuse totale de l'indu dont il était redevable, la somme de 178 euros que l'intéressé évoque dans sa requête correspondant à un rappel d'allocation affecté au trop-perçu en litige.
II. Par une requête et deux mémoires, enregistrés sous le n° 2205102 les 8 octobre 2022, 20 mars 2023 et 31 mai 2023, M. B A, représenté par Me Le Dantec, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 11 juin 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) d'Ille-et-Vilaine lui a notifié une créance d'allocation d'ALS d'un montant de 1 068 euros pour la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 mai 2021 ;
2°) d'annuler la décision par laquelle la CAF d'Ille-et-Vilaine a implicitement rejeté son recours préalable et confirmé cet indu ;
3°) de le décharger du paiement de cette somme ;
4°) d'enjoindre à la CAF d'Ille-et-Vilaine de procéder au réexamen de sa situation, de déterminer ses droits à l'ALS depuis le 1er juillet 2020, de le rétablir en conséquence dans ses droits et de lui restituer la somme de 178 euros, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de la CAF d'Ille-et-Vilaine la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la décision du 11 juin 2021 ne comporte par les délais et les voies de recours et pouvait en conséquence être contestée auprès de la CAF jusqu'au 10 juin 2022, délai raisonnable d'un an fixé par la jurisprudence du Conseil d'État, ce qu'il a fait par son recours reçu le 9 juin 2022 par la CAF ;
- le principe du contradictoire n'a pas été respecté ;
- les décisions en litige ne sont pas motivées ;
- ces décisions ont été prises sans qu'une procédure contradictoire ne soit mise en œuvre ;
- ces décisions ainsi que celle portant arrêt du versement de l'ALS sont entachées de deux erreurs matérielles dès lors que :
* il n'est pas gérant salarié mais travailleur indépendant ;
* les ressources qu'il a déclarées au titre de l'année 2019, avant-dernière année d'ouverture ou d'examen de ses droits à l'ALS en application des articles R. 822-3 et R. 822-5 du code de la construction et de l'habitation, n'ont pas été prises en compte ; or ses ressources sont bien celles qu'il a perçues au titre de l'aide au retour à l'emploi (ARE) pour un montant de 14 074 euros à l'exclusion de tout autre ressource et pouvait en conséquence bénéficier de l'ALS ;
- si la CAF lui a accordé la remise gracieuse totale du solde de sa dette d'un montant de 890 euros, ces droits n'ont cependant pas été rétablis ; sa requête conserve donc son objet
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2023, la CAF d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Elle soutient les mêmes moyens et fait valoir les mêmes arguments que dans l'instance n° 2202331.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés :
- de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 11 juin 2021, dès lors que seule la décision prise sur recours préalable obligatoire d'un allocataire est susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux ;
- de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la CAF
d'Ille-et-Vilaine de déterminer les droits à l'ALS de M. A pour la période du 1er juillet 2020 au 31 décembre 2020 dès lors que telles conclusions relèvent d'un litige distinct.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Descombes, président-rapporteur,
- les observations de Me Le Dantec, représentant M. A,
- et les observations de Mme C, représentant la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande l'annulation, d'une part, de la décision du 11 juin 2021 par laquelle la CAF d'Ille-et-Vilaine lui a notifié une créance d'allocation d'ALS d'un montant de 1 068 euros pour la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 mai 2021, ainsi que de la décision par laquelle la CAF a implicitement rejeté son recours préalable et confirmé cette créance et, d'autre part, l'annulation de la contrainte émise par la CAF le 15 avril 2022 pour le recouvrement de la somme correspondante.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de logement sociale, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. En premier lieu, la CAF d'Ille-et-Vilaine soutient en défense qu'il n'y aurait plus lieu de statuer sur la requête de M. A dès lors qu'elle a accordé à l'intéressé, par une décision du 6 décembre 2022, une remise gracieuse totale de l'indu dont il était redevable. Il ressort toutefois explicitement des termes de la requête que M. A conteste le bien-fondé de cette créance et qu'il ne sollicite aucunement la remise gracieuse de sa dette. Par suite, le recours de l'intéressé n'a pas perdu son objet et l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 142-4 du code de la sécurité sociale : " Les recours contentieux formés dans les matières mentionnées aux articles L. 142-1, à l'exception du 7°, et L. 142-3 sont précédés d'un recours préalable, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'État. () ". Aux termes de l'article R. 142-1 du même code : " Les réclamations relevant de l'article L. 142-4 formées contre les décisions prises par les organismes de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole de salariés ou de non-salariés sont soumises à une commission de recours amiable composée et constituée au sein du conseil, du conseil d'administration ou de l'instance régionale de chaque organisme. / Cette commission doit être saisie dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; / 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". Aux termes de L'article R. 825-1 du même code : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. () ". Aux termes enfin de l'article R. 825-2 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnées à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable () ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision initiale du 11 juin 2021, qui mentionne au surplus en page 3 les voies et les délais de recours, par laquelle la CAF d'Ille-et-Vilaine a notifié à M. A la créance d'ALS en litige, sont irrecevables et doivent être rejetées.
7. Par ailleurs, la CAF d'Ille-et-Vilaine soutient en défense que le requérant serait forclos à contester le bien-fondé de la créance mise à sa charge et que les conclusions de sa requête relative au bien-fondé de ce trop-perçu seraient irrecevables. Il résulte toutefois de l'instruction que par un courriel du 22 juin 2021, M. A a déclaré à la CAF qu'à la suite de la constatation de la créance mise à sa charge " plusieurs éléments posent problème dans la gestion de mon dossier. () malgré un échange assez long par téléphone, la conseillère que j'ai eu[e] n'a rien compris à ma situation pourtant assez simple. Elle a indiqué que je suis gérant salarié alors que cela n'a jamais été le cas. De plus, il faut savoir qu'étant affilié à la SSI, une déclaration mensuel[lle] est effectuée par mon comptable () " le requérant proposant que " suites aux différents erreurs de votre part () une discussion sur cette dette ". Il s'ensuit, dans ces conditions, que M. A doit être regardé comme ayant ainsi contesté le principe même de sa dette et introduit le recours préalable obligatoire prévu par les dispositions précitées, la CAF d'Ille-et-Vilaine devant quant à elle être regardée comme ayant implicitement rejeté ce recours.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : / 1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l' article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale (), sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ; / () ; / 3° Pour les autres revenus imposables, sous réserve pour les travailleurs indépendants des dispositions de l'article R. 822-5, sur une période de référence correspondant à l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ". Aux termes de l'article R. 822-4 du même code : " I.-Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. () ". Aux termes de l'article R. 822-5 du même code : " Les revenus professionnels des travailleurs indépendants sont ceux pris en compte dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux de l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit. / Pour les travailleurs ayant débuté une activité indépendante postérieurement ou au cours de l'avant-dernière année précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit, les revenus professionnels sont calculés par l'organisme chargé du calcul des aides personnelles au logement en appliquant au montant du chiffre d'affaires ou du total des recettes déclarés par le demandeur ou l'allocataire pendant la période de référence visée au 1° de l'article R. 822-3 précédant l'examen ou la révision du droit, un abattement dont le taux correspond à celui qui est mentionné aux articles 50-0,64 bis et 102 ter du code général des impôts pour chaque catégorie d'activité mentionnée à ces articles ".
9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le requérant a déclaré la création d'une entreprise de restauration en qualité de co-gérant le 17 mai 2018 dont la CAF a eu connaissance le 30 mars 2021 à la faveur d'un échange informatisé avec les services de Pôle emploi. Par suite, la détermination des droits à l'ALS de M. A à compter du 1er janvier 2021 résultait de la prise en compte, en application des dispositions de l'article R. 822-5 précité, de ses revenus professionnels de l'avant dernière année précédant 2021, c'est-à-dire des bénéfices susceptibles d'avoir été réalisés par l'intéressé du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2019, le requérant ayant débuté son activité antérieurement à cette avant-dernière année. Il résulte cependant de l'instruction que la CAF d'Ille-et-Vilaine, préalablement à sa décision du 11 juin 2021 et aux décisions en litige, n'a pas sollicité de tels éléments auprès de A et s'est bornée, dans ladite décision et dans ses quatre correspondances en dates des 12 août 2021, 7 septembre 2021, 18 octobre 2021 et 3 janvier 2022, à demander à l'intéressé ses " revenus entre novembre 2019 et octobre 2020 afin de calcule[r] votre aide au logement depuis le 1er janvier 2021 " faisant ainsi une inexacte application de ces dispositions et obstacle à ce que le requérant produise les éléments requis pour le calcul de ses droits, et refusant de surcroît tout droit à l'ALS à M. A à compter du 1er janvier 2021. Il s'ensuit que le requérant est fondé, dans ces conditions, à demander l'annulation de la décision par laquelle la CAF d'Ille-et-Vilaine a implicitement confirmé la créance en litige ainsi que la contrainte émise le 15 avril 2022 pour le recouvrement de cette créance.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que la décision par laquelle la CAF d'Ille-et-Vilaine a implicitement confirmé à M. A la créance d'ALS mise à sa charge pour un montant de 1 068 euros ainsi que la contrainte du 15 avril 2022 doivent être annulées.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
12. En l'espèce, les annulations prononcées par le présent jugement impliquent nécessairement, mais exclusivement eu égard au motif d'annulation retenu, que la CAF
d'Ille-et-Vilaine procède, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, à un nouvel examen des droits de M. A à l'ALS à compter du 1er janvier 2021 en sa qualité de travailleur indépendant et de lui restituer, le cas échéant, les sommes indûment récupérées sur ses prestations en remboursement de la créance en litige. Il y a donc lieu de l'y enjoindre sans qu'il soit besoin de prononcer une astreinte. Les conclusions tendant à ce que le tribunal prononce cette même injonction pour la période comprise entre le 1er juillet 2020 et le 31 décembre 2020 relèvent en revanche d'un litige distinct et sont en conséquence irrecevables.
13. Enfin, il y a lieu, par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la CAF d'Ille-et-Vilaine la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine a implicitement confirmé la créance d'allocation de logement sociale en litige est annulée.
Article 2 : La contrainte du 15 avril 2022 est annulée.
Article 3 : M. A est déchargé du paiement de la somme de 1 068 euros.
Article 4 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, à un nouvel examen des droits de M. A à l'allocation de logement sociale à compter du 1er janvier 2021 en sa qualité de travailleur indépendant et de lui restituer les sommes indûment récupérées sur ses prestations en remboursement de la créance en litige.
Article 5 : La caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine versera la somme de 2 000 euros à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des requêtes est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
G. DescombesLa greffière,
Signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au ministre délégué au Logement et à la Ville, auprès du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2202331
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
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