mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2205767 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 novembre 2022, Mme A B demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 octobre 2022 par lequel le président de la communauté de communes Poher Communauté a mis fin à ses fonctions à compter du 4 octobre 2022 ;
2°) de requalifier la rupture de sa période d'essai en licenciement abusif ;
3°) d'enjoindre à la communauté de communes Poher Communauté de la réintégrer au sein de ses effectifs dans un service en lien avec ses compétences, de lui verser rétroactivement un salaire de cadre en tant que responsable de service et le cas échéant son salaire de cadre jusqu'à la fin de sa période contractuelle prévue d'un an ;
4°) de condamner la communauté de communes Poher Communauté à l'indemniser des préjudices moraux et financiers subis.
Elle soutient que :
- elle connaît des difficultés financières ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- elle n'a pas occupé le poste pour lequel elle avait été recrutée et il ne peut lui être reproché, dans ces conditions, que sa période d'essai ait été non probante ; elle a été confrontée à une absence de formation, le logiciel sur lequel elle devait travailler étant obsolète ; elle a effectué, avec l'accord du directeur général des services et l'élu, des démarches pour trouver un logiciel mieux adapté à l'ensemble du service assainissement ;
- elle n'a été convoquée initialement que deux jours avant son entretien de licenciement ;
- elle a travaillé après sa période d'essai de telle sorte que son contrat aurait dû être requalifié en contrat à durée indéterminée ;
- le principe selon lequel la durée de renouvellement de la période d'essai doit être égale à la durée de la première période n'a pas été respecté ;
- elle n'a pas reçu de solde de tout compte et la déclaration pour Pôle emploi indique à tort qu'elle a perçu des indemnités, ce qui lui porte préjudice pour le paiement de ses allocations ;
- elle n'a jamais eu aucune visite auprès de la médecine du travail préalable à l'embauche ;
- aucune remarque sanctionnant son travail ne figure dans son dossier administratif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2022, la communauté de communes Poher Communauté, représentée par la Selarl Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'urgence n'est pas caractérisée : Mme B n'a saisi le juge des référés que le 16 novembre 2022 alors que son licenciement est intervenu le 3 octobre 2022 ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- Mme B a été recrutée en tant qu'agent administratif de catégorie C et les missions qui lui ont été confiées, consistant à faire le lien entre l'administration et les administrés, sont conformes à ce qui est attendu à un agent de catégorie C ; elle devait tenir la liste des contrôles effectués par le bureau d'études extérieur auquel a été confié le contrôle obligatoire des assainissements non collectifs lors des acquisitions de bâtiments anciens ou la réalisation de constructions neuves ; il lui a également été confiée une mission d'accueil et d'interface entre les administrés et les prestataires du service ; la requérante n'a jamais eu à endosser le rôle d'un chef de service, ce que corrobore l'organigramme ;
- s'agissant des moyens techniques mis à disposition de Mme B : elle a rencontré des difficultés dans la prise en main du logiciel dédié et a eu l'autorisation d'utiliser un tableau Excel pour exercer la mission qui lui était confiée ;
- la visite médicale était prévue le 28 novembre 2022 ;
- sur la période d'essai et le licenciement : ce n'est que pour tenir compte de la demande de Mme B de se faire assister lors de l'entretien préalable à son licenciement qu'elle a prolongé sa période d'essai et elle n'était pas tenue de retenir la même durée que la période initiale en vertu de l'article 4 du décret n°88-145 du 15 février 1988 ;
- la décision de licenciement au terme de la période d'essai n'a pas à être motivée ;
- la décision de licenciement est fondée : de nombreuses difficultés sont apparues au cours de la période d'essai de Mme B qui ont été signalées tant par les usagers du SPANC, que les employés du bureau d'études et des collègues de l'intéressée ;
- Mme B n'a pas à recevoir un solde de tout compte et s'est vue remettre le certificat prévu par l'article 38 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- l'attestation Pôle emploi est correctement remplie, l'indemnité compensatrice de congés payés ayant été portée dans la rubrique 6.3 ;
- les demandes formulées par Mme B tendant à requalifier la décision de licenciement en licenciement abusif, à ce qu'elle soit réintégrée à un poste à responsabilité, à ce qu'il soit opérée une rétroactivité de son salaire de cadre en tant que responsable de service ainsi que sa demande indemnitaire ne relèvent pas de l'office du juge des référés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2205768.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 novembre 2022 :
- le rapport de Mme C,
- Me Moreau-Verger, représentant la communauté de communes Poher Communauté, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'elle développe.
Mme B n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".
2. Aux termes de l'article 4 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " Le contrat peut comporter une période d'essai qui permet à la collectivité territoriale ou à l'établissement public d'évaluer les compétences de l'agent et à ce dernier d'apprécier si les fonctions occupées lui conviennent. () / La durée initiale de la période d'essai peut être modulée à raison d'un jour ouvré par semaine de durée de contrat, dans la limite : () - d'un mois lorsque la durée initialement prévue au contrat est inférieure à un an ; - de deux mois lorsque la durée initialement prévue au contrat est inférieure à deux ans ; (). / La période d'essai peut être renouvelée une fois pour une durée au plus égale à sa durée initiale. La période d'essai ainsi que sa durée et la possibilité de la renouveler sont expressément stipulées dans le contrat. / () Le licenciement en cours ou au terme de la période d'essai ne peut intervenir qu'à l'issue d'un entretien préalable au cours duquel l'agent peut être assisté par la personne de son choix conformément au troisième alinéa de l'article 42. La décision de licenciement est notifiée à l'intéressé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge / Aucune durée de préavis n'est requise lorsque la décision de mettre fin au contrat intervient au cours ou à l'expiration d'une période d'essai. / Le licenciement au cours d'une période d'essai doit être motivé. / Le licenciement au cours ou à l'expiration d'une période d'essai ne donne pas lieu au versement de l'indemnité de licenciement prévue au titre X ". Aux termes de l'article 3 du contrat de Mme B : " Le cocontractant est soumis à une période d'essai de 2 mois, soit du 18 juillet 2022 au 17 septembre 2022 () / La période d'essai pourra être renouvelée une fois pour une durée au plus égale à sa durée initiale () ".
3. Mme B a été recrutée en qualité d'agent administratif contractuel de catégorie C à compter du 18 juillet 2022 pour une durée d'une année par la communauté de communes Poher Communauté pour assurer les fonctions de chargée des relations usagers et facturation de redevance incitative. L'employeur n'entendant pas poursuivre l'engagement de Mme B au terme de sa période d'essai contractuellement prévue, l'a, par courrier du 14 septembre 2022, convoquée à un entretien préalable devant se tenir initialement le 16 septembre 2022. Mme B ayant demandé, par courriel du 15 septembre 2022, un report de cet entretien afin de lui permettre de le préparer et de se faire assister des personnes de ce choix, l'entretien s'est finalement tenu le 3 octobre 2022 et il ressort des pièces du dossier que Mme B a été informée, le 20 septembre 2022, du renouvellement de sa période d'essai jusqu'au 4 octobre 2022.
4. La période d'essai de l'intéressée prenant fin, aux termes des stipulations de son contrat le 17 septembre 2022, il appartenait à l'autorité territoriale de l'informer de son intention de renouveler cette période d'essai ou de la licencier au plus tard à cette date. A compter du 18 septembre 2022, Mme B n'étant plus en période d'essai, la décision attaquée doit ainsi être regardée comme procédant au licenciement de Mme B au cours de l'exécution de son contrat.
5. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués susvisés tel que soulevés par Mme B ne sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
6. L'une des conditions mises à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions à fin de suspension de la requête de Mme B ne peuvent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgnece, qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. La présente ordonnance qui rejette les conclusions à fin de suspension de la requête n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressée doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Mme B demande la condamnation de la communauté de communes Poher Communauté à l'indemniser des préjudices moraux et financiers qu'elle estime avoir subis du fait de l'intervention de la décision en litige. Toutefois, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui ne peut prendre que des mesures provisoires, de se prononcer sur de telles conclusions. Elles ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la communauté de communes Poher Communauté tendant à l'application de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes Poher Communauté présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la communauté de communes Poher Communauté.
Fait à Rennes, le 30 novembre 2022.
Le juge des référés,
signé
F. CLa greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026