mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405448 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CACCIAPAGLIA |
Vu les procédures suivantes :
(I.) Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2024 sous le n° 2405448, M. D A, représenté par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine du 25 juillet 2024 portant retrait d'agrément en qualité d'assistant familial ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine de rétablir son agrément, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision en litige porte une atteinte grave et immédiate à sa situation professionnelle, financière et personnelle ; il est privé de revenus et ne peut plus assumer les charges mensuelles de son foyer ; il ne peut plus exercer ses fonctions ni aucune autre activité professionnelle ; il n'existe pas d'intérêt public justifiant le maintien de l'exécution de la décision en litige : son agrément peut lui être restitué dans l'attente du jugement au fond, sans qu'aucun enfant ne lui soit confié ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* elle est dépourvue de toute motivation factuelle et circonstanciée ; elle mentionne qu'un comportement violent lui serait reproché, outre une posture professionnelle inadaptée ainsi que des punitions inappropriées, sans autre précision ;
* elle est entachée d'un vice de procédure, en tant qu'elle procède d'une méconnaissance des droits de la défense : son dossier administratif lui a été partiellement communiqué, ne comportant aucun des documents ou témoignages sur lesquels le département s'est fondé ; son dossier ne comporte ni information préoccupante, ni compte-rendu d'audition des enfants le mettant en cause ; le rapport de synthèse remis aux membres de la commission consultative paritaire départementale le jour de la séance ne lui a pas été transmis ; ce rapport comporte un avis défavorable à ses intérêts, préconisant un retrait d'agrément, qui a pu influencer le sens de l'avis des membres de cette commission ;
* il n'est pas établi que ces membres ont été régulièrement convoqués, la saisine ne comportant aucune précision quant aux éléments reprochés ;
* la décision est entachée d'une erreur d'appréciation et de disproportion ; aucune enquête administrative n'a été diligentée et la décision ne peut être fondée sur les seuls propos des enfants accueillis ; il a toujours accompli ses fonctions avec professionnalisme et en privilégiant le bien-être, l'épanouissement, la santé et la sécurité des enfants accueillis ; la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles ;
* aucun intérêt général ne fait obstacle à ce que soit ordonnée la suspension sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : M. et Mme A vont percevoir la somme de 47 542 euros, hors indemnité compensatrice de congés payés, ce qui leur permet d'assumer les charges de leur foyer durant environ vingt mois ; il est au demeurant à noter qu'ils évoquent des charges mensuelles à hauteur de 2 300 euros, quand ils évoquaient des charges s'élevant à 860 euros dans de précédentes instances ; ils restent libres d'exercer toute profession de leur choix ; la précarité financière alléguée n'est pas établie, outre qu'ils percevront une allocation d'aide au retour à l'emploi ; l'intérêt public s'attachant à la protection des enfants fait obstacle à la suspension de l'exécution de la décision en litige ;
- aucun des moyens soulevés n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier :
* elle est parfaitement motivée en droit et en fait ; elle évoque des faits de maltraitance physique et psychologique à l'encontre d'enfants, ainsi que la concordance des éléments rapportés et le caractère non conforme de la pratique professionnelle ; ces éléments ont été évoqués dans les courriers de convocation devant la commission consultative paritaire départementale ; les éléments de l'enquête administrative sont mentionnés dans le rapport de synthèse communiqué aux membres de cette commission ;
* M. A a consulté son dossier administratif, comportant l'ensemble des documents devant être communiqués ; la transmission d'un signalement est de nature à porter atteinte au déroulement de la procédure pénale ouverte sur sa base ;
* le rapport de synthèse établi à destination des membres de la commission pouvait être consulté par M. A, lors de la séance ; il en a obtenu communication de manière semble-t-il irrégulière ; la décision de retrait envisagée a été discutée lors de cette séance et M. A a pu présenter ses observations ;
* les faits reprochés sont établis et la décision de retrait d'agrément est fondée et proportionnée ; les conditions d'accueil par M. A ne garantissent plus la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis ; les témoignages recueillis sont concordants et crédibles.
(II.) Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2024 sous le n° 2405450, Mme B A, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine du 25 juillet 2024 portant retrait d'agrément en qualité d'assistante familiale ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine de rétablir son agrément, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision en litige porte une atteinte grave et immédiate à sa situation professionnelle, financière et personnelle ; elle est privée de revenus et ne peut plus assumer les charges mensuelles de son foyer ; elle ne peut plus exercer ses fonctions ni aucune autre activité professionnelle ; il n'existe pas d'intérêt public justifiant le maintien de l'exécution de la décision en litige : son agrément peut lui être restitué dans l'attente du jugement au fond, sans qu'aucun enfant ne lui soit confié ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* elle est dépourvue de toute motivation factuelle et circonstanciée ; elle mentionne qu'un comportement violent serait reproché à son époux, outre une posture professionnelle inadaptée ainsi que des punitions inappropriées, sans autre précision ;
* elle est entachée d'un vice de procédure, en tant qu'elle procède d'une méconnaissance des droits de la défense : son dossier administratif lui a été partiellement communiqué, ne comportant aucun des documents ou témoignages sur lesquels le département s'est fondé ; son dossier ne comporte ni information préoccupante, ni compte-rendu d'audition des enfants la mettant en cause ainsi que son époux ; le rapport de synthèse remis aux membres de la commission consultative paritaire départementale le jour de la séance ne lui a pas été transmis ; ce rapport comporte un avis défavorable à ses intérêts, préconisant un retrait d'agrément, qui a pu influencer le sens de l'avis des membres de cette commission ;
* il n'est pas établi que ces membres ont été régulièrement convoqués, la saisine ne comportant aucune précision quant aux éléments reprochés ;
* la décision est entachée d'une erreur d'appréciation et de disproportion ; aucune enquête administrative n'a été diligentée et la décision ne peut être fondée sur les seuls propos des enfants accueillis ; elle a toujours accompli ses fonctions avec professionnalisme et en privilégiant le bien-être, l'épanouissement, la santé et la sécurité des enfants accueillis ; la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles ;
* aucun intérêt général ne fait obstacle à ce que soit ordonnée la suspension sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : M. et Mme A vont percevoir la somme de 47 542 euros, hors indemnité compensatrice de congés payés, ce qui leur permet d'assumer les charges de leur foyer durant environ vingt mois ; il est au demeurant à noter qu'ils évoquent des charges mensuelles à hauteur de 2 300 euros, quand ils évoquaient des charges s'élevant à 860 euros dans de précédentes instances ; ils restent libres d'exercer toute profession de leur choix ; la précarité financière alléguée n'est pas établie, outre qu'ils percevront une allocation d'aide au retour à l'emploi ; l'intérêt public s'attachant à la protection des enfants fait obstacle à la suspension de l'exécution de la décision en litige ;
- aucun des moyens soulevés n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier :
* elle est parfaitement motivée en droit et en fait ; elle évoque des faits de maltraitance physique et psychologique à l'encontre d'enfants, ainsi que la concordance des éléments rapportés et le caractère non conforme de la pratique professionnelle ; ces éléments ont été évoqués dans les courriers de convocation devant la commission consultative paritaire départementale ; les éléments de l'enquête administrative sont mentionnés dans le rapport de synthèse communiqué aux membres de cette commission ;
* Mme A a consulté son dossier administratif, comportant l'ensemble des documents devant être communiqués ; la transmission d'un signalement est de nature à porter atteinte au déroulement de la procédure pénale ouverte sur sa base ;
* le rapport de synthèse établi à destination des membres de la commission pouvait être consulté par Mme A, lors de la séance ; elle en a obtenu communication de manière semble-t-il irrégulière ; la décision de retrait envisagée a été discutée lors de cette séance et Mme A a pu présenter ses observations ;
* les faits reprochés sont établis et la décision de retrait d'agrément est fondée et proportionnée ; les conditions d'accueil par Mme A ne garantissent plus la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis ; les témoignages recueillis sont concordants et crédibles.
(III.) Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2024 sous le n° 2405452, Mme B A, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine du 4 septembre 2024 portant licenciement ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine de procéder à sa réintégration dans les effectifs, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision en litige porte une atteinte grave et immédiate à sa situation professionnelle, financière et personnelle ; elle est privée de revenus et ne peut plus assumer les charges mensuelles de son foyer ; elle ne peut plus exercer ses fonctions ni aucune autre activité professionnelle ; il n'existe pas d'intérêt public justifiant le maintien de l'exécution de la décision en litige : son agrément peut lui être restitué dans l'attente du jugement au fond, sans qu'aucun enfant ne lui soit confié ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* elle est entachée d'incompétence ;
* elle est dépourvue de toute motivation factuelle et circonstanciée ; elle ne précise aucun des faits qui lui sont reprochés ;
* elle est entachée de l'illégalité de la décision portant retrait d'agrément, pour les mêmes motifs et moyens que ceux soulevés dans la requête n° 2405450.
* aucun intérêt général ne fait obstacle à ce que soit ordonnée la suspension sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : M. et Mme A vont percevoir la somme de 47 542 euros, hors indemnité compensatrice de congés payés, ce qui leur permet d'assumer les charges de leur foyer durant environ vingt mois ; il est au demeurant à noter qu'ils évoquent des charges mensuelles à hauteur de 2 300 euros, quand ils évoquaient des charges s'élevant à 860 euros dans de précédentes instances ; ils restent libres d'exercer toute profession de leur choix ; la précarité financière alléguée n'est pas établie, outre qu'ils percevront une allocation d'aide au retour à l'emploi ; l'intérêt public s'attachant à la protection des enfants fait obstacle à la suspension de l'exécution de la décision en litige ;
- aucun des moyens soulevés n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier :
* il est en situation de compétence liée pour prononcer le licenciement de Mme A, du fait du retrait de son agrément ;
* en toute hypothèse, la décision est signée par une personne titulaire d'une délégation de signature régulière et publiée ;
* dès lors que le retrait d'agrément est légal, le licenciement l'est tout autant.
(IV.) Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2024 sous le n° 2405454, M. D A, représenté par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine du 4 septembre 2024 portant licenciement ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine de procéder à sa réintégration dans les effectifs, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision en litige porte une atteinte grave et immédiate à sa situation professionnelle, financière et personnelle ; il est privé de revenus et ne peut plus assumer les charges mensuelles de son foyer ; il ne peut plus exercer ses fonctions ni aucune autre activité professionnelle ; il n'existe pas d'intérêt public justifiant le maintien de l'exécution de la décision en litige : son agrément peut lui être restitué dans l'attente du jugement au fond, sans qu'aucun enfant ne lui soit confié ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* elle est entachée d'incompétence ;
* elle est dépourvue de toute motivation factuelle et circonstanciée ; elle ne précise aucun des faits qui lui sont reprochés ;
* elle est entachée de l'illégalité de la décision portant retrait d'agrément, pour les mêmes motifs et moyens que ceux soulevés dans la requête n° 2405448.
* aucun intérêt général ne fait obstacle à ce que soit ordonnée la suspension sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : M. et Mme A vont percevoir la somme de 47 542 euros, hors indemnité compensatrice de congés payés, ce qui leur permet d'assumer les charges de leur foyer durant environ vingt mois ; il est au demeurant à noter qu'ils évoquent des charges mensuelles à hauteur de 2 300 euros, quand ils évoquaient des charges s'élevant à 860 euros dans de précédentes instances ; ils restent libres d'exercer toute profession de leur choix ; la précarité financière alléguée n'est pas établie, outre qu'ils percevront une allocation d'aide au retour à l'emploi ; l'intérêt public s'attachant à la protection des enfants fait obstacle à la suspension de l'exécution de la décision en litige ;
- aucun des moyens soulevés n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier :
* il est en situation de compétence liée pour prononcer le licenciement de M. A, du fait du retrait de son agrément ;
* en toute hypothèse, la décision est signée par une personne titulaire d'une délégation de signature régulière et publiée ;
* dès lors que le retrait d'agrément est légal, le licenciement l'est tout autant.
Vu :
- les requêtes au fond n° 2405457, 2405449, 2405451 et 2405453, enregistrées les 14 septembre 2024 ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Thielen ;
- les observations de Me Cacciapaglia, représentant M. et Mme A, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures, par les mêmes moyens qu'elle développe, et précise notamment que :
* le rapport de synthèse fait mention de faits qui n'ont jamais été évoqués ni mentionnés dans les dossiers administratifs de M. et Mme A ;
* il n'y a jamais eu d'enquête administrative réalisée, le conseil départemental s'étant contenté de les convoquer à trois entretiens, sans entendre de tiers ;
* les faits doivent être précisés et circonstanciés ;
* la transmission du rapport de synthèse en séance constitue une méconnaissance du principe du contradictoire ;
- les observations de M. C, représentant le conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes arguments, et fait notamment valoir que :
* le retrait de la plainte pénale n'a pas mis fin à la procédure pénale ;
* la posture professionnelle de M. et Mme A a été évoquée au cours de nombreuses discussions ;
* les faits en cause sont rapportés de manière concordante par deux enfants, qui ne sont pas en contact entre eux ;
* le rapport de synthèse n'est qu'un document préparatoire ; les éléments qu'il contient ont été discutés durant la séance de la commission, dont les membres ont rendu leur avis à l'unanimité ;
- les explications de Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A sont agréés en qualité d'assistants familiaux depuis, respectivement, les 22 février 2018 et 17 février 2005, pour l'accueil de trois enfants chacun, employés tous deux par le conseil départemental d'Ille-et-Vilaine. Le 12 juin 2023, celui-ci a été rendu destinataire d'un signalement, évoquant des faits susceptibles d'avoir été commis par M. A sur la personne de l'un des enfants accueillis. Par deux décisions du 13 juin 2023, le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine a suspendu leur agrément pour une durée de quatre mois.
2. À la suite du retrait de la plainte de la jeune fille anciennement accueillie, le président du conseil départemental a, par deux décisions du 12 octobre 2023, maintenu les agréments des intéressés, tout en différant leur reprise d'activité de six mois. Ayant eu connaissance de faits nouveaux, cette même autorité a de nouveau décidé, par deux décisions du 10 avril 2024, la suspension de leur agrément. Par deux décisions du 25 juillet 2024, elle a prononcé le retrait des agréments de M. et Mme A et, par deux décisions du 4 septembre 2024, elle a prononcé leur licenciement. M. et Mme A ont saisi le tribunal de recours en annulation contre ces quatre décisions et, dans l'attente du jugement au fond, demandent au juge des référés d'en suspendre l'exécution.
3. Les quatre requêtes susvisées portent sur la situation administrative et professionnelle des deux membres d'un couple et présentent à juger des questions de droit et de fait identiques. Il y a par suite lieu d'y statuer par une seule ordonnance.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
S'agissant des décisions de retrait d'agrément :
5. Aux termes de l'article L. 421-2 du code de l'action sociale et des familles : " L'assistant familial est la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon permanente des mineurs et des jeunes majeurs de moins de vingt et un ans à son domicile. Son activité s'insère dans un dispositif de protection de l'enfance, un dispositif médico-social ou un service d'accueil familial thérapeutique. Il exerce sa profession comme salarié de personnes morales de droit public ou de personnes morales de droit privé dans les conditions prévues par les dispositions du présent titre ainsi que par celles du chapitre III du présent livre, après avoir été agréé à cet effet. / L'assistant familial constitue, avec l'ensemble des personnes résidant à son domicile, une famille d'accueil ". L'article L. 421-3 de ce code précise que l'agrément est accordé aux assistants familiaux si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, () procéder à son retrait. () / Toute décision de retrait de l'agrément () doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. / En cas de retrait d'un agrément motivé notamment par la commission de faits de violences à l'encontre des mineurs accueillis, il ne peut être délivré de nouvel agrément à la personne à qui l'agrément a été retiré avant l'expiration d'un délai approprié, quel que soit le département dans lequel la nouvelle demande est présentée. () ".
6. Enfin, aux termes de son article R. 421-23 : " Lorsque le président du conseil départemental envisage de retirer un agrément (), il saisit pour avis la commission consultative paritaire départementale mentionnée à l'article R. 421-27 en lui indiquant les motifs de la décision envisagée. / L'assistant () familial concerné est informé, quinze jours au moins avant la date de la réunion de la commission, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, des motifs de la décision envisagée à son encontre, de la possibilité de consulter son dossier administratif et de présenter devant la commission ses observations écrites ou orales () ".
7. Il résulte de ces dispositions que, s'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément de l'assistant familial si ces conditions ne sont plus remplies, il ne peut le faire qu'après avoir saisi pour avis la commission consultative paritaire départementale compétente, devant laquelle l'intéressé est en droit de présenter ses observations écrites ou orales, en lui indiquant, ainsi qu'à l'assistant familial concerné, les motifs de la décision envisagée. La consultation de cette commission sur ces motifs, à laquelle est attachée la possibilité pour l'intéressé de présenter ses observations, revêt ainsi pour ce dernier le caractère d'une garantie. Il en résulte qu'un tel retrait ne peut intervenir pour un motif qui n'aurait pas été soumis à la commission consultative paritaire départementale et sur lequel l'intéressé n'aurait pu présenter devant elle ses observations.
8. Dans l'hypothèse où le président du conseil départemental envisage de retirer l'agrément d'un assistant familial après avoir été informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient, dans l'intérêt qui s'attache à la protection de l'enfance, de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime de tels comportements ou risque de l'être. Il lui incombe, avant de prendre une décision de retrait d'agrément, de communiquer à l'intéressé ainsi qu'à la commission consultative paritaire départementale les éléments sur lesquels il entend se fonder. Si la communication de certains de ces éléments est de nature à porter gravement préjudice aux personnes qui auraient alerté les services du département, à l'enfant concerné ou aux autres enfants accueillis ou susceptibles de l'être, il incombe au département non de les communiquer dans leur intégralité mais d'informer l'intéressé et la commission de leur teneur, de telle sorte que, tout en veillant à la préservation des autres intérêts en présence, l'intéressé puisse se défendre utilement et que la commission puisse rendre un avis sur la décision envisagée.
9. Il ressort des pièces des dossiers que M. et Mme A ont été rendus destinataires de deux convocations devant la commission consultative paritaire départementale en date du 20 juin 2024, pour une séance du 10 juillet 2024 rédigées comme suit : " Afin d'examiner la proposition de retrait de votre agrément d'assistant[e] familial[e] (suspension pour quatre mois prise en date du 10 avril 2024), en raison de : - faits de maltraitance rapportés par des enfants confiés à votre domicile (violence physique et psychologique), - absence de garantie dans la prise en charge des enfants susceptibles de vous être confiés, au regard d'éléments de négligences recueillis lors de l'évaluation ". Les deux décisions de suspension de leurs agréments étaient quant à elles fondées sur la circonstance que " [leur] situation présente actuellement une absence de garantie dans la prise en charge des enfants susceptibles de vous être confiés, au regard de deux nouveaux recueils de paroles différenciés de mineurs confiés évoquant avoir subi des faits de maltraitance dans le cadre de leur prise en charge à votre domicile (violence physique et psychologique) et ce, dans un contexte d'une enquête pénale en cours ".
10. Il ressort également des pièces des dossiers que les membres de la commission consultative paritaire départementale ont été rendus destinataires, en début de chacune de deux séances, d'un rapport de synthèse de cinq pages, que le département d'Ille-et-Vilaine considère comme un document préparatoire de travail et que les membres de la commission ne pouvaient pas conserver, exposant l'historique des agréments de M. et Mme A, les motifs de la première suspension de leurs agréments en juin 2023 et des deux décisions de leur maintien en octobre 2023, les motifs des décisions de suspension de leurs agréments en avril 2023, les éléments apparus dans le cadre de l'enquête judiciaire, les éléments de réponse que les intéressés auraient apportés aux questions qui leur ont été posées au cours des entretiens qu'ils ont eus avec le responsable de la mission agrément les 2 et 16 avril 2024 ainsi que le 6 mai 2024, quelques éléments concernant l'évolution des enfants après juin 2023 ainsi que des éléments conclusifs motivant la proposition de retrait de leurs agréments portée par le conseil départemental.
11. Il ressort à cet égard de ces documents ainsi que des deux procès-verbaux de séance de la commission consultative paritaire départementale, que M. et Mme A ont été amenés à s'expliquer sur des faits pour certains extrêmement précis et pour d'autres extrêmement vagues, alors même que ni les courriers de convocation, du fait de leur rédaction identique pour les deux époux et très imprécise et non circonstanciée sur les faits reprochés, s'agissant tant de leur nature que de leur date(s) de commission et de leur(s) auteur(s) présumé(s), ni les échanges avec le responsable de la mission agrément durant les entretiens les 2 et 16 avril 2024 ainsi que le 6 mai 2024, les questions posées portant, d'après le rapport de synthèse susmentionné, sur la définition d'une punition ou d'un acte violent entre enfants comme de leur part, ne les avaient mis en mesure de connaître les manquements en cause et de préparer et présenter utilement leurs observations devant cette commission, conformément à la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, le moyen tiré de ce que les deux décisions de retrait des agréments de M. et Mme A sont intervenues au terme d'une procédure viciée, en méconnaissance des droits de la défense et du principe du contradictoire, apparaît propre, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à leur légalité.
S'agissant des décisions de licenciement :
12. Aux termes de l'article L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles : " En cas de retrait d'agrément [d'un assistant familial], l'employeur est tenu de procéder au licenciement par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ".
13. Il est constant que les décisions du président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine du 4 septembre 2024 portant licenciement de M. et Mme A ont été édictées sur le seul fondement des décisions de retrait de leurs agréments du 25 juillet 2024. À cet égard, si aucun des moyens soulevés directement par les intéressés à l'encontre de ces deux décisions n'apparaît propre, en l'état de l'instruction et eu égard à la situation de compétence liée du président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine pour tirer les conséquences juridiques des décisions antérieures de retrait d'agrément, à créer un doute sérieux quant à leur légalité, le moyen tiré de ce qu'ils sont entachés d'illégalité, par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant retrait d'agrément apparaît en revanche propre, en l'état de l'instruction, à créer un tel doute sérieux.
En ce qui concerne l'urgence :
14. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
15. Les décisions portant respectivement retrait des agréments de M. et Mme A et licenciement subséquent privent les intéressés de l'intégralité de leurs revenus, sans qu'il ne résulte de l'instruction qu'ils perçoivent un revenu de remplacement. Eu égard aux charges incompressibles dont les intéressés justifient et à la composition de leur foyer, nonobstant la perception de leur indemnité, très conséquente, de licenciement, et eu égard par ailleurs aux effets intrinsèques des décisions en litige, qui les privent de leur emploi après, s'agissant de Mme A, presque vingt ans d'ancienneté et qui mettent par ailleurs en péril la procédure d'adoption en cours au bénéfice de l'une des enfants accueillies, pupille de l'État, leur exécution porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation tant financière que professionnelle et personnelle de M. et Mme A pour que la condition tenant à l'urgence puisse être regardée comme satisfaite. En outre, l'intérêt public qui s'attache à la protection des enfants accueillis au domicile des intéressés n'apparaît pas incompatible avec la suspension provisoire de l'exécution de ces décisions, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les deux conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont satisfaites. Il y a par suite lieu de suspendre l'exécution des décisions du président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine du 25 juillet 2024 et du 4 septembre 2024 portant retrait des agréments de M. et Mme A en qualité d'assistants familiaux et licenciement subséquent, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité par une formation collégiale du tribunal.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
17. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des seules obligations provisoires qui en découlent pour l'administration. La suspension de l'exécution d'une décision administrative présente le caractère d'une mesure provisoire et n'emporte pas les mêmes conséquences qu'une annulation prononcée par le juge administratif, laquelle a une portée rétroactive. En particulier, elle ne prend effet qu'à la date à laquelle la décision juridictionnelle ordonnant la suspension est notifiée à l'auteur de la décision administrative contestée.
18. Eu égard aux motifs de suspension retenus par la présente ordonnance, son exécution implique seulement que le président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, d'une part, procède au réexamen de la situation de M. et Mme A en reprenant la procédure de saisine de la commission consultative paritaire départementale, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et, d'autre part, procède sans délai et dans l'attente de ce réexamen à la réintégration des intéressés dans les effectifs du département. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés aux litiges :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département d'Ille-et-Vilaine la somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution des décisions du président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine du 25 juillet 2024 et du 4 septembre 2024 portant respectivement retrait des agréments de M. et Mme A en qualité d'assistants familiaux et licenciement subséquent est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité par une formation collégiale du tribunal.
Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental d'Ille-et-Vilaine, d'une part, de procéder au réexamen de la situation de M. et Mme A, en reprenant la procédure de saisine de la commission consultative paritaire départementale, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et, d'autre part, de procéder sans délai et dans l'attente de ce réexamen à la réintégration des intéressés dans les effectifs du département.
Article 3 : Le département d'Ille-et-Vilaine versera à M. et Mme A la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, à Mme B A et au département d'Ille-et-Vilaine.
Fait à Rennes, le 23 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. ThielenLa greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
4
Nos 2405448-2405450-2405452-2405454
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026