lundi 13 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2407579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | GOURLAOUEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2024, M. C D, représenté par Me Gourlaouen, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de réexaminer sa situation dans un délai de trois jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
6°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'ensemble des décisions comprises dans les deux arrêtés attaqués sont entachées d'un vice d'incompétence ;
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de renvoi :
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation en méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit en violation de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant assignation à résidence, lui faisant obligation de se présenter au commissariat de police de Fougères tous les jours ainsi que de remettre son passeport :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2025, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Le Bonniec, premier conseiller, pour statuer sur les recours prévus par les dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Bonniec ;
- les observations de Me Gourlaouen, représentant M. D, qui maintient les conclusions de la requête et en reprend les moyens tirés du défaut d'examen complet de sa situation, au regard de l'intensité des liens qu'il a noués sur le territoire notamment via l'association Emmaüs, de l'insuffisance de motivation de l'interdiction de retour sur le territoire français, de l'absence de menace à l'ordre public en l'absence de condamnation judiciaire ;
- les explications de M. D, assisté d'un interprète en langue arabe ;
- et les observations de M. B représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui fait valoir que l'intéressé ne dispose d'aucun droit au séjour, qu'il ne dispose d'aucun lien familial en France, qui réfute le défaut de motivation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, et que si la menace à l'ordre public n'était pas retenue, l'obligation de quitter le territoire français resterait en tout état de cause fondée sur le 1° de l'article L. 611-1, de sorte que cela resterait sans incidence sur la légalité de la décision contestée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant marocain, né en 2003, est entré en France irrégulièrement en septembre 2023, selon ses déclarations. Sa demande d'asile formulée auprès des autorités autrichiennes a été rejetée la même année. Alors qu'il se maintenait en France sans solliciter la régularisation de son droit au séjour, l'intéressé a été placé, le 16 décembre 2024, en garde à vue pour des faits de viol. Le 18 décembre 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris à son encontre un arrêté l'obligeant à quitter le territoire français ainsi qu'un arrêté l'assignant à résidence. M. D demande l'annulation de ces deux arrêtés.
2. M. D justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
3. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation, selon arrêté du 28 octobre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à Mme E A, chef du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, référente régionale, et signataire des arrêtés attaqués, aux fins de signer, notamment, les décisions d'éloignement et d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des deux arrêtés attaqués doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de renvoi :
4. En premier lieu, l'arrêté comporte les motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé d'obliger M. D à quitter le territoire français. Il vise les articles L. 311-1, L. 611-1 1° et 5°, L. 611-3, L. 612-2 1° et 3°, L. 612-3 1°, 4° et 8°, L. 612-6, L. 612-10, L. 613-1, L. 613-4, L. 613-5, L. 721-3, L. 721-4, L. 722-3, L. 722-7, L. 824-9, L. 824-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels il est fondé. Il rappelle notamment que le requérant ne justifie pas d'une entrée régulière en France, ce qu'il entre dans les prévisions du 1° de l'article L. 611-1 du code précité, lequel énumère les cas dans lesquels les ressortissants étrangers peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, qu'il allègue être marocain mais ne détient aucun document d'identité, que depuis son entrée en France il n'a pas effectué depuis de démarches afin de régulariser sa situation administrative. Cet arrêté comporte également des mentions établissant qu'il a été édicté après la vérification du droit au séjour prévue à l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment après une analyse des éléments relatifs à sa vie privée et familiale dont il avait fait état lors de son audition par un officier de police judiciaire, dans le cadre de la procédure de garde à vue. Enfin, le préfet précise dans son arrêté avoir étudié sa situation au regard des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination ne seraient pas suffisamment motivées, qui manque en fait, doit être écarté.
5. En deuxième lieu, une telle motivation et l'ensemble des considérants de l'arrêté permettent de vérifier que le préfet, qui a notamment pris en compte la situation de l'intéressé au regard de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a procédé à un examen suffisant et complet de la situation de M. D. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen dont seraient entachées les deux décisions contestées doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est () édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ".
7. Il résulte de la lecture même de l'arrêté que le préfet, qui a pris en compte la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a examiné la durée de la présence en France de M. D et la nature de ses liens, notamment familiaux, avec la France, ainsi que la menace à l'ordre public qu'il représente en raison de la circonstance qu'il a fait l'objet d'une plainte pour viol. Il a enfin constaté l'absence de considérations humanitaires ainsi que l'absence de droit au séjour. Il ressort ainsi des termes mêmes de l'arrêté contesté que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise après que l'administration a examiné le droit au séjour, au titre de l'article L. 613-1 précité, qui doit s'entendre des titres de plein droit seulement. Par suite, M. D ne peut utilement soutenir que le préfet n'aurait pas examiné ses droits au séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du même code, et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pris dans ses deux branches, ne peut donc qu'être écarté.
8. En quatrième lieu, si M. D se prévaut de la circonstance qu'il est compagnon au sein de la communauté Emmaüs de Fougères depuis plus d'une année, où il s'est bien inséré, et joint plusieurs attestations de membres de cette communauté en sa faveur, eu égard à la faible ancienneté de son séjour en France, de l'absence de toute famille sur le territoire national, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire porterait une atteinte grave et disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
9. D'une part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
10. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ volontaire, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
11. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
12. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision contestée comporte un énoncé des considérations de droit et de fait, propres à sa situation personnelle, sur lesquelles le préfet s'est fondé pour décider de lui interdire de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an. Ainsi, le préfet relève qu'il justifie être hébergé au sein d'une communauté Emmaüs, qu'il ne présente aucun titre d'identité, qu'il déclare refuser de retourner au Maroc et que, dans ces circonstances, le risque qu'il se soustraie à la décision d'éloignement est établi au regard des 1°, 4° et 8° de l'articles L. 612-3 du code précité, et que dès lors, il entre dans les précisions du 3° de l'article L. 612-2 du même code. Si M. D soutient que ne mentionnant pas sa durée de séjour en France le préfet aurait entaché sa décision d'un défaut de motivation, et d'un défaut d'examen complet de sa situation, cette circonstance reste sans incidence, dès lors que l'arrêté mentionne la date d'entrée en France alléguée par l'intéressé, dont il se déduit sa durée de séjour en France. Si le préfet relève une menace à l'ordre public en raison de la circonstance qu'il a été placé en garde à vue à la suite d'une plainte pour des faits de viol, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que celui-ci aurait été condamné pour ces faits, cette circonstance reste également sans incidence sur la légalité de la motivation de la décision dès lors qu'il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur le 1° de l'article L. 611-1 pour l'obliger à quitter le territoire français. Le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision, ne peut qu'être écarté.
13. En deuxième lieu, une telle motivation et les considérants de la décision contestée permettent de vérifier que le préfet a procédé à un examen personnel et complet de la situation de M. D. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen complet de sa situation ne peut qu'être écarté.
14. En troisième lieu, compte tenu de la faible durée de la présence du requérant en France, de la circonstance qu'il n'entretient pas de liens particulièrement développés sur le territoire, où il ne dispose d'aucune famille, nonobstant l'absence de précédente mesure d'éloignement prise à son encontre, et bien qu'il ne représente pas un risque établi pour l'ordre public, le préfet n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence, lui faisant obligation de se présenter au commissariat de police de Fougères tous les jours ainsi que de remettre son passeport :
15. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. D n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant assignation à résidence, ne peut être qu'écartée.
16. Le moyen de l'erreur de droit tiré de la méconnaissance de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont serait entaché la décision contestée, n'étant assorti d'aucune précision utile permettant d'en apprécier le bien fondé, il ne peut qu'être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction, ainsi que conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
signé
J. Le BonniecLa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026